Fumier !

 

Il était une fois un jeune couple désireux de s’installer dans la belle province de Normandie, afin d’y couler des jours heureux et d’y fonder une famille. A l’hiver 2017, ils trouvent enfin la maison de leurs rêves : une ferme datant de 1829, sise sur près de treize hectares de terres. Que demander de mieux ?
Au printemps suivant, ils peuvent enfin emménager ! Bien vite, les cartons sont déballés, les meubles assemblés, la vaisselle rangée : il est alors temps de se mettre au travail… dans le jardin et dans les prés. Treize hectares, c’est beaucoup pour deux chevaux et un poney, appartenant aux nouveaux propriétaires. L’idée de louer les prés à d’autres cavaliers en mal de pâtures pour leurs montures germe alors dans l’esprit du jeune couple. Aussitôt dit, aussitôt fait : les clôtures sont réparées, et les abreuvoirs nettoyés. Les premiers clients se présentent alors, timides, étonnés de retrouver de la vie dans ce haras aux prés dormant depuis de nombreuses années.
Afin d’accroître la visibilité de leur pension de chevaux, le jeune couple demande une inspection sanitaire des lieux, nécessaire pour recevoir l’agrément de la Fédération Française d’Équitation (FFE). Au moment de l’inspection, tous les signaux sont au vert, sauf un : la fumière ! En effet, ce lieu où le crottin des chevaux passant la nuit au box est entreposé n’est pas aux normes : il devrait posséder une dalle en béton et être mieux isolé, afin de ne pas contaminer les sols. L’écologie, Messieurs dames ! Pensez à vos enfants : souhaitez vous leur léguer une terre acide, stérile, polluée ?
Bien sûr que non Monsieur l’inspecteur ! Mais laissez nous vous expliquer ce qu’est véritablement l’écologie… Cette fumière est encadrée de palissades en bois auxquelles est accolé notre poulailler. La décomposition du fumier, grâce à des millions de bactéries et d’insectes provenant du sol dont vous voulez nous couper par du béton, dégage une chaleur de 70 degrés. Le bois étant une matière naturelle perméable, il laisse passer cette chaleur à l’intérieur du poulailler où nos cocottes vivent confortablement et pondent quotidiennement toute l’année, même en plein hiver lorsque les température dégringolent en dessous de zéro. Ainsi, nous consommons des œufs frais n’ayant pas nécessité de transport routier ni de conditionnement plastique, ce qui réduit d’autant notre emprunte carbone.
Et puis, Monsieur l’inspecteur, regardez notre potager, nos courgettes énormes, nos concombres innombrables, nos tomates géantes. Ce festival de légumes pousse les pieds dans le fumier. Nous le transportons chaque automne et l’épandons en couche épaisse sur nos zones de culture afin de les enrichir. Cet engrais naturel est un véritable or noir : il amende les sols en leur apportant de la matière organique et nourrit de nombreux insectes – notamment des vers de terre – qui, en le décomposant, aèrent et ameublissent le sous-sol. Ce n’est pas un hasard si le coq français chante les pieds dans le fumier : c’est qu’il sait reconnaître sa richesse nourricière !
Non. Monsieur l’inspecteur n’est pas d’accord : il est là pour faire appliquer un règlement et, dans ce règlement, il est dit que le fumier pollue, qu’il faut l’isoler des sols et l’évacuer à force de camions ; il n’y est pas dit que l’on peut créer une organisation circulaire où les déchets des uns créent la nourriture des autres, sans produit de synthèse, sans émission de dioxyde de carbone, et sans déperdition d’énergie.
Le jeune couple remercie alors l’inspecteur pour ce cours d’écologie politique et décide de rester fidèle à l’écologie naturelle : ils se passeront bien de label ! Un an plus tard, leur pension de
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chevaux est remplie : quatorze équidés s’ébattent dans leurs prés et produisent des crottins qui continuent d’alimenter la fumière, pour le plus grand bien des poules et du potager.

HRC.

Paysannerie : disparition programmée ?

Sur Radio Courtoisie, Rémi Bonnevialle, assisté de Jacqueline Loevenbruck, reçoit :
◾Dominique Florian, directrice de l’IRABE
◾Pierre Hinard, ingénieur agronome, éleveur et agriculteur
◾Notre ami, Yves de Fromentel, éleveur et agriculteur
◾Pierre Benard, professeur de littérature, écrivain
◾Eric Hamers, diamantaire, maître d’art, meilleur ouvrier de France

Abbé Martial de Savignac (1758-1796)

Invitation
Vous êtes cordialement invités à la journée consacrée à Martial de Savignac, qui aura lieu le 7 octobre prochain à Vaiges 53.
Programme :
10 h 30
Messe en souvenir de Martial de Savignac, célébrée par le Père Marie-François Perdix curé de la paroisse.
A l’issue de la cérémonie, présentation de la réédition du livre sur sa vie,
1 2 h 30 :
Réception au restaurant à l’hôtel du commerce de Vaiges.
Participation adultes : 30 euros ; enfants : 12 euros. Règlement avant le 30 septembre 2018 à l’ordre de l’Hôtel du commerce.
Après le déjeuner :
Pèlerinage sur différents lieux à Vaiges, ou séjourna ce saint prêtre.
Pour tous renseignements, vous pouvez joindre :
José Marie Faguer
Tel : 0624552565
Ou par mail :
Josemarie.faguer@sfr.fr

 

QUI EST MARTIAL de SAVIGNAC ?

Originaire du Limousin, Martial de Savignac est né le 23 février 1758 au château de Vaux (La Jonchère). De par les alliances de sa famille, il aurait pu prétendre aux plus hautes charges à la Cour, mais il préféra, une fois ses études théologiques au grand séminaire de Limoges terminées, se consacrer à l’humble vie de curé de campagne.

Après un bref passage en Poitou, il fut affecté à la cure de Vaiges et il s’installa dans cette localité courant octobre 1786. Pour l’époque, la situation matérielle de la cure était confortable et l’environnement fort religieux.

Malgré son jeune âge, ses qualités tant humaines que religieuses le firent très vite apprécier de ses ouailles. « Son caractère était franc, ouvert, cordial et gai. Il avait le don de séduire et de se faire aimer » (Louis de Savignac).
Les habitants, qui n’avaient aucune haine vis à vis de la noblesse et du clergé, ne furent guère troublés par les débuts de la Révolution et élurent même l’abbé de Savignac au conseil municipal et le nommèrent procureur de la commune en février 1790. Suivant le décret du 2 novembre 1789, un inventaire des biens de l’Eglise eut lieu début 1790.

C’est sans doute la raison pour laquelle se trouve dans la sacristie actuelle un coffre revêtu d’un sceau comportant la mention « la loi et le roi ».
Ce qui, en 1905, amena le curé de l’époque, l’abbé Friteau, à réfuter la légalité de ce nouvel inventaire « puisqu’un inventaire avait déjà été effectué auparavant ».

C’est la constitution civile du clergé votée le 12 juillet 1790 qui vint perturber la relative tranquillité de Vaiges puisqu’elle instaurait un clergé d’Etat dépendant uniquement de lui.

Malgré ses réticences, Martial de Savignac décida de signer le serment civil, mais avec une restriction de taille quant au plan religieux :
« je jure de veiller avec soin sur les fidèles de cette paroisse et être fidèle à la nation, à la loi, au Roi, de maintenir de tout mon pouvoir la constitution décidée par l’Assemblée Nationale et sanctionnée par le Roi, réservant expressément tout ce qui concerne la foi et la puissance de l’Eglise catholique, apostolique et romaine ».

A compter de ce jour, il n’était plus curé en titre aux yeux des autorités et, dès le mois de mars 1791, les ennuis commencèrent pour lui. Plusieurs curés furent nommés, mais devant l’hostilité des habitants, ils durent quitter la localité, l’abbé de Savignac continuant son ministère. Toutefois, il fut obligé de quitter Vaiges pour Evron, cet éloignement ayant été exigé du curé jureur en octobre 1791.

Ce curé jureur fut fort mal accueilli et les paroissiens pressaient l’abbé de Savignac de revenir dans sa paroisse, ce qu’il fit secrètement le 2 décembre 1791 et lui permit de célébrer la messe de Noël en présence de toute la population.
Cet évènement entraîna une réaction immédiate des autorités d’Evron et de Laval et le tribunal correctionnel de Laval condamna Martial de Savignac à se retirer dans son pays (Limousin) ou Laval.
Il dût obéir et alla habiter Laval, tout d’abord dans une maison amie, puis interné à la prison des Cordeliers, suivant arrêté du 20 juin 1792. Internement difficile en raison des conditions matérielles.
Le 26 août 1792 fut votée la loi qui déportait les prêtres insermentés qui n’auraient pas quitté le pays de leur plein gré.
Le 27 août 1792, il s’évada de la prison des Cordeliers et rentra secrètement dans sa paroisse, ne voulant pas laisser ses fidèles sans secours religieux et moral.

Durant près de quatre ans, il y mena la vie d’un prêtre réfractaire, sans domicile, sans ressources. Vêtu en paysan, il vivait dans des maisons amies, changeant fréquemment de lieu, couchant parfois à la belle étoile.

Il baptisait, confessait, communiait, mariait, préparait à la mort et donnait l’extrême-onction car on savait toujours où le trouver, bien que jamais personne n’ait trahi le secret de ses refuges.
Parfois, il pouvait même célébrer la messe en public, les conditions requises ayant été assouplies dès le 18 juin 1791 par l’Evêché du Mans dont dépendait à ce moment ce territoire de la Mayenne. La population se pressait alors autour de lui.

Aumônier des Chouans, il ne participa à aucun combat, mais apporta toujours les secours de la religion aux blessés et aux mourants, quel que fût leur camp, intervenant pour sauver les prisonniers ennemis dont la reconnaissance ne lui fit pas défaut : plusieurs vinrent en témoigner lors de son procès.

S’étant rendu à Bazougers pour confesser, il fut surpris en train de lire son bréviaire et arrêté par le commandant de gendarmerie Oehlert et conduit d’abord à Meslay puis à Laval le 29 avril 1796.
Un premier procès eut lieu le 7 mai avec deux chefs d’accusation :
– Ne pas avoir obéi aux lois sur la déportation
– Avoir fait partie de rassemblements de Chouans et avoir porté les armes contre la République
Il récusa cette dernière assertion, déclarant qu’il ne s’occupait que de son ministère et non des affaires publiques et qu’il n’avait jamais porté d’armes, même pour sa défense personnelle.
Il fut condamné à 15 ans de fers, mais ses ennemis ne désarmèrent pas et il fut décidé d’un second procès révisant le premier par une commission supérieure, sous prétexte que l’abbé de Savignac aurait porté les armes.
Le 9 mai à 5 heures de l’après-midi, il fut condamné à mort par les armes, l’accusation maintenant sa vision de l’apostolat de l’abbé de Savignac. Dans la nuit, il se prépara à la mort, ayant pu recevoir la visite d’un prêtre.
Puis il rédigea une lettre à l’intention de ses paroissiens.

« De ma prison, ce 10 mai 1796, à 7 heures du matin.

Encore quelques heures, mes chers paroissiens, et je n’existerai plus : mes plus grands regrets sont de me séparer de vous. Nos ennemis communs ont cru qu’en frappant le pasteur ils disperseraient facilement le troupeau : mais j’espère qu’il n’en sera pas de même.

J’espère que les principes de religion dont vous avez toujours fait profession resteront gravés dans vos cœurs ; que mon sang qui va être versé pour mon attachement aux mêmes principes ne servira qu’à vous affermir. Souvenez-vous, mes amis, que c’est dans les derniers moments de vie que l’on sent tout le prix de la religion. C’est elle qui nous fait supporter avec résignation les persécutions auxquelles nous pouvons être exposés. Ne vous attristez dons pas sur mon état : la seule chose que je vous demande, c’est de ne pas m’oublier dans vos prières.
Recommandez-moi, je vous prie, à ceux qui m’ont témoigné tant d’intérêt dans ces derniers moments. Cessez de vous alarmer sur mon sort : la religion pour laquelle je meurs doit vous fournir tous les moyens de consolation dont vous pourriez avoir besoin. Préparez-vous aussi, à mon exemple, à faire le sacrifice de votre vie pour le soutien de cette même religion, si les circonstances où vous pouvez vous trouver l’exigent. Quand il s’agit de sa foi on ne doit jamais la trahir. Souvenez-vous que Jésus-Christ nous avertit que ceux qui rougiront de le confesser devant les hommes il les désavouera devant son Père. »

« Adieu, mes chers paroissiens : ce sont les dernières paroles que vous recevrez de moi. »
Craignant des manifestations de soutien, les autorités avancèrent l’heure de l’exécution et c’est à 11 heures qu’il fut fusillé place du Gast après avoir récité une ultime prière. Il fut enterré le soir même dans le cimetière de la Trinité.
Tout d’abord, il fut plantée une croix de bois, puis un calice fut gravé sur une pierre tombale.
Cette tombe devint très rapidement un lieu de pèlerinage, des miracles et des guérisons ayant été constatés selon des dires de l’époque.

Par suite de démolitions successives, les restes de l’abbé de Savignac ne purent être identifiés, mais il a été conservé dans une ancienne famille de Vaiges un morceau de tissu imprégné de son sang.

On peut voir ces reliques dans la petite chapelle à droite du chœur, ainsi que le texte de la lettre dont il est fait état ci-dessus.

La plaque rappelant le ministère de Martial de Savignac a été offerte par les descendants de sa famille en 1996.

Si, compte tenu du contexte de l’époque, l’abbé de Savignac ne fut pas compté au nombre des martyrs de Laval (fusillé et non pas guillotiné), il n’en reste pas moins vrai qu’il est mort pour sa foi et son engagement sacerdotal.

Septembre 2018
José Marie Faguer

Saint Hugues de Cluny

Terre et Famille et les éditions Sigest présentent un chef-d’œuvre d’Eugène Damiens :

La vie de Saint Hugues en Bande Dessinée  

Disponible dés maintenant dans toutes les librairies !

Mille ans nous séparent bientôt de la naissance de Saint Hugues et cependant son souvenir demeure. Les pierres ont gardé sa mémoire, les bibliothèques, ses manuscrits et ses enluminures. Il fallait un immense artiste pour ressusciter ce moine né à Semur en Brionnais, en 1024, père abbé de l’abbaye bénédictine de Cluny à 20 ans et pendant 60 ans. Sous son abbatiat l’ordre de Cluny va s’étendre à toute l’Europe, de l’Angleterre à la Pologne et de l’Allemagne à l’Italie et à l’Espagne. Ce missionnaire fut aussi un bâtisseur. Il met en chantier la troisième abbatiale de Cluny qui deviendra au début du XIIIe siècle la plus grande église de la chrétienté jusqu’au XVIe. Eugène Damiens dessine comme les moines de l’abbaye, avec la même foi et la même exigence. Ce qui fait de cette bande dessinée un trésor d’enluminures médiévales.

Stéphanie Bignon

 

 

 

La loi NOTre tue les communes


La loi NOTRe, Nouvelle Organisation Territoriale de la République, approuvée le 7 août 2015, vient à la suite de la loi RCT (Réforme des Collectivités Territoriales) du 16 décembre 2010. Ces deux lois viennent modifier en profondeur tout le socle institutionnel de notre pays.

En bref et selon MBC, (association des Maires pour le Bien Commun, mairespourlebiencommun.fr ), voici résumée la loi NOTRe qui s’impose sans consultation de la population :

A. Le premier échelon territorial qu’est la commune est vidé de sa substance.

B. Le projet est de transférer l’essentiel du pouvoir communal vers l’échelon intercommunal.

C. Cette réforme territoriale, imposée par l’Europe pour réduire les dépenses publiques, a malheureusement l’effet inverse.

D. Le gigantisme des intercommunalités impose une gestion bureaucratique éloignée des réalités du terrain et la légitime décentralisation se transforme actuellement en une inacceptable reconcentration jacobine.   

La loi NOTRe achève le plan de dislocation de notre pays. La réforme sur la taxe d’habitation contribuerait à ce plan en privant les communes de revenus et d’autonomie fiscale. Comme la taxe professionnelle, elle serait remplacée par le versement d’une compensation … Or une taxe est versée en échange de services. En la transformant en compensation calculée sur des bases complexes et arbitraires et versée au bon vouloir de l’état, elle pourrait disparaitre sans explication tangible. Pourtant et comme toujours, les choses nous sont présentées avec les meilleures intentions du monde. Officiellement, la volonté du gouvernement est de réduire la pression fiscale, « le mille-feuilles administratif » et les dépenses publiques…

Dans les faits :

Les élus des petites communes sont des bénévoles qui sont remplacés par des fonctionnaires et des complications administratives ce qui, selon la Cour des Comptes, engendre un surcoût de 61.8% sur les dépenses publiques (Rapport de la cour des comptes 2014, page 130).

Le « mille-feuilles administratif » loin d’être simplifié est augmenté de strates aux missions mal définies.

Quant à la pression fiscale … avec quel argent l’Etat compte-t-il verser les compensations aux communes ? Et les communes privées d’une part de leur revenu ne devront-elles pas augmenter ailleurs les impôts ?

Ces lois de réaménagement du territoire sont des mines à fragmentations disséminées sur notre sol. Le PADD (Projet d’Aménagement et de Développement Durable), par exemple, suggère « autoritairement » des mises aux normes européennes tel que le nombre de places de parking, le nombre de logements sociaux, les accès pour personnes handicapées… tout cela entrainant des dépenses de moins en moins couvertes par des revenus progressivement confisqués. La faillite prévisible des communes donnera une nouvelle bonne raison pour vouloir leur fin.

Le PADD s’autorise même à commenter sur le regrettable « enclavement de nos exploitations agricoles » Que faut-il comprendre ? Les populations des bourgs et des cités seraient concentrées dans de grandes agglomérations et les campagnes seraient composées de logements sociaux habités par de la main d’œuvre agricole bon marché au milieu de grandes étendues « exploitées » à outrance par des groupes financiers propriétaires de grandes exploitations désenclavées !? Ceci ne serait plus la France mais l’URSS ou l’Amérique du sud passée au fil du sabre des financiers de Wall street !

Le système en nous privant de la commune nous prive de l’échelon véritablement démocratique et de cette autonomie nécessaire pour notre édification personnelle et collective. La subsidiarité est le devoir de s’assumer dans la mesure de ses moyens. Or, le principe de subsidiarité en droit de l’Union européenne « vise à privilégier le niveau inférieur d’un pouvoir de décision aussi longtemps que le niveau supérieur ne peut pas agir de manière plus efficace. » Que veut dire plus efficace dans le cerveau des hauts fonctionnaires de l’Europe « Maastrichtienne » ? Plus efficace pour qui, pour quoi ?

Il semble plus prudent de retrouver la définition qu’en donne le Pape Pie XI dans l’Encyclique Quadragesimo Anno :

 » On ne saurait changer ce principe si grave de philosophie sociale : de même qu’on ne peut enlever aux particuliers pour les transférer à la communauté, les attributions dont ils sont capables de s’acquitter de leur seule initiative et par leurs propres moyens, ainsi ce serait commettre une injustice en même temps que troubler d’une manière très dommageable l’ordre social que de retirer aux groupements d’ordre inférieur, pour les confier à une collectivité plus vaste d’un rang plus élevé, les fonctions qu’ils sont en mesure de remplir eux-mêmes ».

Nous voici donc bien avertis et si notre première reconquête devait s’appeler Subsidiarité ?!

Stéphanie Bignon,

Terre et Famille, le 30 novembre 2017

 

Une version allégée se trouve sur le Boulevard Voltaire :

http://www.bvoltaire.com/loi-tue-commune-consulter-population/

Le domaine de Beaulieu

 

Le domaine de Beaulieu est maintenu depuis huit générations afin de sauvegarder toutes les valeurs qu’il porte et qui ont fait la France chrétienne. La chapelle datant du moyen âge est un joyau auquel nous tenons beaucoup.
Tout ce que nous développons ici respecte la nature et les hommes : une agriculture nourricière de qualité, l’accueil pour vos fêtes familiales et vos séminaires, pêche, chasse à l’arc sur gibier sauvage, parcours de 20 cibles animalières en 3 dimensions pour le tir à l’arc, et aujourd’hui c’est la fromagerie que nous inaugurons. Celle-ci a débuté sa fabrication de produits laitiers au mois d’avril dernier après 3 ans de montages administratif et financier et de construction que nous avons réalisés entièrement avec notre personnel, nos amis et toute notre famille ici présente.

La « Fromentellerie » : sa racine est le Froment, fruit de la terre et du travail des hommes. La deuxième partie du nom représente toutes les petites mains qui travaillent artisanalement pour réaliser les meilleurs produits dans l’intérêt des consommateurs (telle la coutellerie).

Permettez moi de commencer par remercier mes parents aujourd’hui disparus pour l’héritage de courage, de lucidité, d’entrepreneur et d’ouverture aux autres qu’ils ont su me donner. Je tiens aussi à remercier mon épouse Fabienne et nos 2 enfants et tous ceux qui ont mis leur énergie, leur cœur et leur intelligence pour faire aboutir ce projet et le faire fonctionner. Je remercie aussi le père François Labbé qui a béni notre fromagerie.
Sans la source financière, cet atelier de fabrication n’aurait pas pu naître. En effet, nous avons réalisé un crowdfunding où nous avons pu obtenir 30 000 euros notamment grâce au Professeur Joyeux qui nous a dédié sa newsletter du mois de décembre 2015. Nous avons également fait appel au mouvement des cigales.. Je tiens à remercier tout particulièrement notre président du département qui a su défendre et comprendre notre démarche. Sans la subvention obtenue, nous n’aurions pas réussi à financer cet atelier tant les normes imposées nous contraignent à assumer des investissements démesurés par rapport à notre taille.
A Beaulieu nous développons l’Agriculture bio holistique : c’est une agriculture qui a une obligation de résultats, et non pas uniquement de moyen, elle favorise l’emploi rural , respecte les paysages et la nature, obtient des aliments de bonne qualité nutritionnelle qui doivent avoir de l’odeur de la saveur et qui se conservent. Ce projet est la continuité de cette agriculture familiale. Ici, nous défendons la paysannerie qui est au service des consommateurs et non au service de la finance.

D’où je viens ?
Je suis né en France, pays choisi par Dieu pour défendre la religion chrétienne, issu d’une famille paysanne très pratiquante qui a toujours œuvré pour la défense des valeurs humaines et la transmission de ce qu’elle avait reçu. Mes parents ont maintenu ce patrimoine agricole et cette propriété chargée d’histoires pour ne pas perdre leurs racines et en aider d’autres à redécouvrir les leurs. J’ai connu cette ferme paysanne ou travaillait ma famille mais aussi 5 personnes qui habitaient le village. L’assolement était varié ainsi que les espèces animales. La transformation du lait en produits laitiers et la pratique du circuit court fonctionnait très bien. Nous vivions en harmonie avec nous même dans ce monde rural ou transpirait le bien-être et la joie de vivre.
Dans notre village il y avait une multitude de petites fermes, toutes avec la mixité culture et élevage, ou travaillaient beaucoup d’hommes et de femmes. Et puis il y avait de nombreux artisans et commerçants divers pour répondre localement aux besoins de chacun (4 cafés pour 350 habitants où l’on se retrouvait pour jouer aux cartes), il y avait une poste, une école une mairie et une église toujours pleine les dimanches. Les circuits courts étaient la pratique la plus développée, permettant ainsi la juste rémunération du travail fourni.
J’ai eu la chance de travailler avec des personnes loyales et dévouées qui ne ménageaient pas leur énergie. Ils ont été des exemples qui m’ont aidé à définir le chemin que je devais prendre.

Qui suis-je ?
J’étais un agriculteur qui s’efforçait de garder l’exploitation avec son élevage laitier qui m’avait été transmis par mes parents, avec toutes les contraintes qui ne cessaient de s’amplifier au fil des années (industrialisation de l’Agriculture). Ce modèle nous entraine dans une course sans fin aux économies d’échelle.
De 40 vaches en1985 je suis passé à 80 vaches en 1986, de 4000 litres par vache et par an à 9200 litres en 1995. Dès 1986 j’avais choisi d’abandonner petit à petit l’ensilage pour une ration sèche à base de foin et de céréales. J’étais en train de perdre le sens de mon métier. Les difficultés financières liées à l’élevage et la difficulté à trouver du personnel compétent et motivé m’entrainaient vers le désir d’arrêter la partie élevage pour me consacrer uniquement à la culture en quête des subventions.

Où je veux aller ?
Je veux redonner du sens à notre vie, pour cela je devais me ré enraciner pour mieux m’élever, c’est-à-dire prendre le modèle de nos ancêtres en y apportant de la modernité. La vocation du paysan étant de donner la vie et de travailler pour se nourrir. Je dois arrêter de courir après ces économies d’échelle par les volumes et l’agrandissement.
C’est ainsi qu’est né le développement de l’Agriculture bio holistique à Beaulieu dès 2009.
Notre objectif est d’arriver un jour à transformer toutes nos productions en produits finis ou en alimentation des animaux et de la terre.
Le lait transformé en fromage, le petit lait servant à nourrir la volaille et les cochons. Les céréales transformées en pain, le son servant de nourriture aux animaux, le lin et le chanvre transformés en huile, les tourteaux nourrissent aussi les animaux…

Ma famille ma foi et mon espérance m’ont donné la force de ne pas abdiquer devant toutes les difficultés que nous pouvons rencontrer. En transmettant à nos enfants et à notre entourage ces valeurs basées sur l’équilibre naturel, j’aurai le sentiment de m’ être élevé sur le chemin de Dieu.

 

Yves de Fromentel