De la « transition écologique » au chaos !

  Statue à la gloire de l’Euro située devant le Parlement Européen à Bruxelles ou « du chaos surgit la puissance financière » ( photographie et sous-titre Terre et Famille).

 

La vraie transition écologique est linéaire et permanente. Elle correspond à la capacité de l’homme à s’adapter à son milieu, ce qu’il a toujours dû et su faire. Depuis le début de l’ère quaternaire, il y a 2.6 millions d’années, les scientifiques reconnaissent que les cycles de réchauffement-glaciation sont fréquents et réguliers. C’est aussi l’ère de l’extinction des grands mammifères et de notre développement.

La vraie transition écologique implique donc de s’adapter à des conditions toujours changeantes. Une des missions de la politique, libérée des « lobbies », devrait être de l’accompagner et non pas de la rendre impossible en étouffant toute initiative par des taxes, impôts et règlements excessifs. Elle implique de laisser vivre et s’exprimer le génie humain partout, des petites aux grandes entreprises. Elle implique que nous investissions dans la Recherche et le Développement, or les budgets de R & D sont presque tous en bernes, victimes de la course à la rentabilité immédiate. Alors, comment s’adapter dans ces conditions ?

La « transition écologique » promue comme nouvelle religion de l’apocalypse, ne s’inscrit pas dans la durée mais dans la rupture. Les nouveaux « grands prêtres et scribes » contraignent, précipitent, tordent le cours du temps et des usages, mais dans quel but ? Finalement, la transition vers le « tout pétrole » fut la première « transition écologique ». Elle nécessita deux guerres mondiales et le chaos qui s’ensuivit. En moins de 70 ans notre façon de vivre a radicalement changé, nous sommes passés du bon sens à la dépendance aux produits pétroliers. Les « hommes d’affaires » de Rockefeller, Rothschild et compagnie attachés à leur pétrole et à leurs banques firent, avec la complicité des gouvernements, leur fortune, en éliminant soigneusement toute alternative et en s’imposant comme incontournables pour la reconstruction de l’Europe de l’après-guerre.
Par exemple aux Etats Unis en 1936, General Motors, Firestone et la Standard Oïl de John D Rockefeller créent la société de transport collectif, la National City line. En 1947, ils sont accusés de complot contre le service public et sont condamnés à …5000$ d’amende pour la destruction des réseaux de trams électriques municipaux au profit de leurs bus à pneus et à pétrole ! En 1953, le président Eisenhower nomme à son gouvernement, le président de General Motors, Charles Erwin Wilson. En conséquence, en 1955, 90% du réseau de tram a disparu. Les autoroutes seront aussi favorisées contre le rail et de 1945 à 1964 aux USA, le rail baisse de 84 % pendant que le transport routier augmente de 300%… !

Aujourd’hui les mêmes nous expliquent, toujours via leurs valets à la tête des états, qu’il est « vilain pas beau » de consommer ce même pétrole. Les impasses provoquées par leur avidité sont toujours malicieusement transformées en nouvelles sources de profit et tout comme l’alchimiste transforme le plomb en or, le « tout pétrole » devient l’escroquerie de la « taxe carbone » ! La sidération des populations étant nécessaire à leur tour de passe-passe, la régénération de leur système ne s’opère que dans la violence et l’anarchie dont ils nous font porter la responsabilité dans une inversion accusatoire toujours moins subtile et toujours plus visible…

Ce qu’ils appellent transition écologique devrait en réalité s’appeler : « stratégie en faveur des monopoles » et leur ministre de l’écologie porterait le nom de ministre de la « protection des monopoles ». Les mots auraient enfin un sens ce qui serait une première mesure contre le chaos !

Stéphanie Bignon
Mars 2019

Colère mystique !

                                       Codex Manesse (1310-1340)

 

Nous souffrons tous des mêmes maux quel que soit notre milieu ou notre histoire. Nous souffrons d’amnésie du sens, d’inquiétude, d’insatisfaction, d’incapacité à se projeter et à s’adapter, de frénésie en toutes choses, d’impatience chronique, de perte du vrai goût de la vie, de l’incapacité de se réjouir de choses simples et pourtant souvent quotidiennes…

L’Eglise, en amont de la société civile, exprime cette souffrance profonde, douloureuse au point de cacher sa véritable origine et de préférer la fuite en avant. Notre société occidentale et l’Eglise elle-même semblent avoir oublié que « Dieu plaça l’homme dans le jardin d’Éden pour le cultiver et le garder » et qu’“il n’est pas bon que l’homme soit seul ». Ces deux passages tirés de la Genèse expriment tout ce que l’homme n’aurait jamais dû perdre de vue : protéger la Création et la féminité, les deux sources de vie capables de tout donner pourvu qu’elles ne soient ni stérilisées ni exploitées.
Or la création est exploitée, « Hommes tueurs de Dieu, les temps ne sont pas loin où, sur un grand tas d’or vautré dans quelque coin, Ayant rongé le sol nourricier jusqu’aux roches, ne sachant faire rien ni des jours ni des nuits, noyés dans le néant des suprêmes ennuis, vous mourrez bêtement en emplissant vos poches. » (Charles-Marie Le Conte de Lisle). Et la féminité, synonyme de temps long, de gratuité et de charité est aux oubliettes. Si la femme veut exister dans ce monde d’exploitation globale, elle doit accepter la greffe d’un phallus social et renier ce pourquoi elle a été créée.
Le nouvel Adam, notre Rédempteur, nait d’une Vierge, Marie notre très Sainte Mère. Il ressuscitera d’abord aux yeux de la pécheresse, Sainte Marie-Madeleine. Au pied de la Croix se trouvaient les Saintes femmes, comme si toutes connaissaient, dans leur ADN, le prix du rachat du péché d’Eve. Eve, la Vivante, qui un instant a oublié Dieu et sa mission de résistance.

Alors messieurs du clergé comme de la société civile, réalisez que les congrégations féminines, vos épouses, mères et sœurs, vous sont divinement indispensables. Sans cet esprit féminin à vos côtés, vos existences se résumeraient à vos appétits !
Mesdames, Eve en chutant nous éclaire sur la puissance et la difficulté de notre rôle. Nous ne devons ni nous complaire dans les conséquences du péché originel ni les nier mais y puiser toute la force nécessaire pour faire que la Vie soit le centre du monde et rien ni personne d’autre.

Stéphanie Bignon
Mars 2019

 

Les Caryatides interrogent Stéphanie Bignon

Revaloriser la France rurale et la paysannerie par Stéphanie Bignon – Paris – 2 février 2019

Quelques questions pour vous présenter brièvement :

– Comment s’est inscrite votre volonté de devenir agricultrice (ou paysanne, selon vos termes) en plus de votre métier d’ingénieur ?
Il n’y a pas de pays sans paysans, il n’y a pas de souveraineté sans souveraineté alimentaire pour commencer. Un pays dirigé dans l’ignorance ou le mépris de ces évidences est un pays dirigé par des fous ou des gangsters.
Après avoir beaucoup voyagé pour mon métier d’ingénieur, j’ai compris combien notre pays était exceptionnellement gâté par la nature et son histoire. J’ai réalisé combien nous pouvions perdre avec la « standardisation globale » qui fait rage et j’ai réalisé la nécessité absolue de lui résister. Vivre sur sa terre et de sa terre en bonne intelligence avec ses voisins me semblait ce que nous pouvions infliger de pire au système. Cet Etat financier, exécutant docile d’ordres venant d’instances supranationales, s’immisce partout dans nos affaires et nous rend tous les jours plus dépendants, piétinant sauvagement toute liberté.
Nous devons reconquérir cette liberté et le point de départ me semble naturellement « la terre ». Les outils politiques à notre disposition sont les 34000 communes de France encore existantes qui représentent potentiellement autant de points de résistance à l’Etat asservi par la finance et à l’Europe des technocrates. Terre et Famille invite tous ceux qui veulent agir concrètement à participer aux élections municipales de 2020, véritable et seule échéance démocratique. Commençons dès maintenant par assister aux réunions de conseil municipal de nos villages, villes et arrondissements, reprenons possession de nos affaires partout.

– Quel a été votre déclic pour rentrer dans le combat spirituel et politique à forces égales ?
Charles Maurras disait « tout est politique » et chaque jour je constate combien il avait raison. Sur le plan de l’intendance de la cité tout dépend de la volonté politique d’un peuple incarnée par son chef. Mais cette volonté est arrimée à l’autorité du chef.
Etymologiquement, autorité signifie « faire grandir, élever ». Il faut donc bien que cette autorité qui accomplit cette volonté politique soit elle même suspendue à quelque chose de supérieur. Pour permettre l’ascension de tous, il faut que cette volonté politique soit orientée verticalement, spirituellement, orientée vers le bien commun, « le Chemin, la Vérité, la Vie ».

Pouvez-vous nous parler de la création de Terre et Famille et de sa contribution au réveil du peuple français ?
Terre et Famille est née le 8 décembre 2014 alors que je venais d’être élue adjointe au Maire de mon village, Briant (71). Je me suis alors pleinement rendue compte des marges de manœuvre qui nous restaient sur la plan local. Terre et Famille a été conçue pour appeler chacun, selon ses moyens, à la reconstruction spirituelle, politique et économique de nos terroirs.

Sur l’enracinement :

– Pourquoi s’enraciner pour s’élever ?
Pourquoi s’enraciner ? Pour se nourrir de tout ce qui nous a fait, non pas par conservatisme ou passéisme mais pour continuer à construire sur des fondations solides, pour s’élever.
Pourquoi s’élever ? Parce qu’il nous est, en tant qu’être humain, aussi indispensable de nous élever pour vivre que de boire et manger.

– Quelles alternatives prendre dans nos campagnes face à la mondialisation ?
Nos campagnes nous laissent encore un reliquat d’autonomie. Il faut en profiter non seulement pour le conserver mais pour agir partout et ensemble pour regagner du terrain en défendant nos libertés et nos particularités locales. Avoir des poules, un potager…, un réseau d’amis pour organiser, structurer empiriquement des actions, des formations… A Briant, nous avons commencé par faire revivre le cœur de notre village qui est indéniablement l’église, en y récitant le chapelet une fois par mois.

– Quels conseils donneriez-vous aujourd’hui aux femmes qui souhaitent s’ancrer dans le local et à leur humble niveau agir pour la défense de la paysannerie française ?
Les femmes ont un rôle fondamental à condition que nous retrouvions la féminité. Le mépris pour la femme dans le code civil de Cambacérès (1814) a provoqué en réaction le féminisme revanchard qui en voulant faire de la femme « un homme comme les autres » méprisa, à son tour, la féminité.
Notre rôle de femme est de peser de tout notre poids pour ralentir la course effrénée vers la possession et le pouvoir. Nous devons rappeler que l’essentiel c’est la vie et que toutes nos actions n’ont de sens qu’à son service. C’est notre vocation, nous devons redevenir des arches du temps long, de la gratuité, en un mot, des arches de charité.

Sur l’actualité des Gilets Jaunes :

– Comment percevez-vous le mouvement des gilets jaunes ? Du point de vue agricole voyez-vous une évolution positive de la crise en faveur de la paysannerie française ?
La vocation paysanne comme la vocation féminine ont été les premières victimes de ce monde de vitesse, d’efficacité et de profit à tous crins. Les Gilets Jaunes rassemblent tout ceux qui aujourd’hui réalisent, plus ou moins consciemment, la nocivité du système dans lequel nous vivons. Ce mouvement est une poussée de fièvre en réaction à une infection grave. La France réagit pour se débarrasser d’un corps étranger, la finance internationale qui nous parasite tous à mort.
Les familles, les petites communes rurales, les paysans, les artisans, les PME seront les grands bénéficiaires de la chute de ce système dont la crise des Gilets Jaunes marque le début.

Les pièges du débat sur les évolutions historiques de la Res Publica


Par Valérie Bugault – le 7 janvier 2019

[…] Il est en effet intéressant, et sans doute non contestable, de savoir que le concept de « Res Publica » a subi, au temps de la Rome antique, de sérieuses variations tant quantitatives que qualitatives.

Néanmoins, ce genre d’analyse comporte, en particulier lorsqu’elle est mise en parallèle avec les temps républicains actuels, un biais intellectuel et cognitif. Une telle mise en perspective historique du concept de république a pour effet direct de tronquer les débats institutionnels en les enkystant définitivement autour du seul concept de République, avec, en arrière-fond, l’idée que la République instaurée en 1789 est incontournable.

Or, précisément, les républiques du XVIIIe siècle ne sont pas nées par hasard ou par la simple nostalgie des temps antiques. Les républiques du XVIIIe siècle sont nées de la volonté d’une nouvelle caste dominante, celle de la bourgeoisie menée par les banquiers, de prendre le pouvoir politique à un ordre ancien dominé par l’aristocratie et le clergé.

Il est ici impératif de constater que l’ordre politique de l’Ancien Régime était donc, tout imparfait qu’il était, fondé sur deux forces de valeur quasi égale et qui se faisaient face ; ces deux pouvoirs agissaient comme un contre-pouvoir l’un sur l’autre, libérant au passage un espace public libre. C’est justement sur cet espace de liberté qu’a pu se développer la bourgeoise commerçante et financière.

Or, avec l’avènement des républiques du XVIIIe siècle, la domination par, d’une part l’aristocratie et, d’autre part, le clergé catholique, a laissé la place, sous couvert de « bien public », à la domination de la seule caste de la bourgeoisie, menée par les banquiers commerçants. Pour résumer, une domination bicéphale a laissé la place à une domination monocéphale, dont nous voyons aujourd’hui l’aboutissement. Or, cette domination des banquiers commerçants est restée anonyme, elle s’est hypocritement cachée derrière :
1.Des institutions politiques organisées autour du principe de « mandat représentatif » ;
2.De belles pétitions de principes telles que la revendication de la liberté pour tous, alors qu’il s’agissait principalement de la liberté du commerce… de la libre concurrence qui bénéficie au bien commun, en oubliant de préciser qu’en système concurrentiel, seuls les plus forts s’en sortent…. Alors précisément que les critères de détermination « des plus forts » étaient fondés sur des règles, non dites, d’interprétation extrêmement flexible : ainsi, acquérir une fortune par malversations, assassinats et autres vilénies, n’en reste pas moins un signe que l’auteur de ces méfaits est « le plus fort ». La liberté de laquelle sont nées les républiques du XVIIIe siècle fait bon cas de la morale, de la droiture et de la Justice au profit de ce qui s’apparente juridiquement de facto à la glorification de la « voie de fait ».

Pour résumer, il faut constater que la liberté proclamée par les républiques du XVIIIe siècle se cache derrière des institutions politiques fondées sur la prééminence des Parlements dont les membres sont cooptés par des partis politiques avant que leur élection ne soit entérinée, sur fond de nombreuses et très opaques tractations médiatico-politiques, par un public pris en otage. Ce public – le peuple – étant dans l’incapacité totale et définitive de sanctionner les actions particulières prises par ses représentants autrement que quelques années après les faits en votant pour d’autres individus élus dans des conditions tout aussi fallacieuses et pernicieuses.

Pour parler clairement, les parlements, d’origine anglaise, généralement déployés dans le monde depuis le XVIIIe siècle ne sont rien d’autres que la vitrine présentable du fait que le pouvoir politique échoit désormais à des « partis politiques ». Or, lesdits partis ne peuvent vivre que s’ils sont financés, ce qui permet aisément aux puissances d’argent d’en prendre le contrôle. Cette prise de contrôle est d’autant plus aisée que l’accaparement généralisé des richesses, par ces mêmes puissances d’argent, est atteinte.

Ainsi, le retour à l’analyse de la Res Publica des temps antiques ne doit pas cacher les raisons et le contexte de la naissance des Républiques des temps modernes ! Il est donc impératif, pour éviter toute manipulation intellectuelle, de rappeler que si l’on peut trouver des points de ressemblance – notamment dans la terminologie utilisée – entre la Res Publica antique et les républiques modernes, il faut impérativement garder à l’esprit que les raisons profondes de la réapparition, en Occident, de la République ne sont pas tant dues à la nostalgie d’un passé glorieux et libre, plus ou moins bien interprété et réapproprié, qu’aux contraintes de la prise de pouvoir politique par une nouvelle caste arrivée à maturité : celle des banquiers commerçants.

Valérie Bugault est Docteur en droit, ancienne avocate fiscaliste, analyste de géopolitique juridique et économique

Les pièges du débat sur les évolutions historiques de la Res Publica

De quelle violence parlons-nous, Monsieur le Président ?

La violence d’un régime qui s’est imposé par un génocide, celui des vendéens ?
La violence de ceux qui mirent en place les inventaires et la spoliation des biens de l’Eglise à la suite de la loi de 1905, envers et contre le peuple ?
La violence d’un matraquage intensif des esprits par l’éducation nationale pour désapprendre tout, y compris notre Histoire au profit de la théorie du genre et des « droits sexuels » ?
La violence des législateurs qui osent décréter la liste des sujets tabous ?
La violence du mépris de 54.8 % des français contre le traité de Lisbonne lors du référendum du 29 mai 2005 ?
La violence qui crée le déséquilibre partout et culpabilise ceux qui osent dire que l’immigration est un malheur pour tout le monde ?
La violence qui consiste à imposer ce qui serait bon pour les familles, à imposer le choix de l’école, les vaccins, le médecin et la médecine… ?
La violence qui consiste à rendre la vie des petites villes et villages impossible (loi NOTRe) ?
La violence qui consiste à ignorer, mépriser des millions de français qui manifestent pour le retour du bon sens et contre la loi Taubira ?
La violence qui consiste à défendre des hystériques aux seins nus (Femen), anges noirs de George Soros, contre des militaires français ou les gardiens de la cathédrale Notre Dame de Paris, fidèles à leur vocation de protecteur ?
La violence impliquée par la « marchandisation » de la vie à travers la PMA, la GPA, la manipulation génétique sans vergogne ?
La violence qui consiste à faire passer un chevalier pour un voyou et un voyou pour un chevalier ?
La violence qui transforme les femmes, « sentinelles de l’Invisible », en porteuses de matraques ?
La violence qui est hypocritement voilée sous le terme « plan de restructuration » des entreprises et qui masque le chômage et le déclin de l’investissement pour satisfaire les pulsions malsaines de quelques-uns ?
La violence qui installe la loi du plus gros (Uberisation) contre les petites entreprises ?
La violence qui détruit le service public ?
La violence qui est complice de la médecine qui rapporte ?
La violence qui pousse au suicide nos paysans ou à les faire tuer de deux balles dans le dos parce qu’ils s’opposent à l’industrialisation de l’agriculture, comme Jérôme Laronze le 20 mai 2017 à Sailly ?
La violence qui taxe à mort le travail pour financer l’idéologie dominante ?
La violence du soutien aux terroristes d’Al Nosra en Syrie ?
La violence qui consiste à tout faire plier devant l’argent ?
La violence qui a eu pour but de contrôler ce qui était vital (politique, économie, énergie, agriculture, santé, éducation, instruction, …) et qui maintenant a pour ambition ultime de contrôler la Vie elle-même ?
La violence qui finalement vous pousse à votre propre destruction ?

Si oui, Monsieur le Président, alors nous sommes d’accord, la violence est à combattre de toutes nos forces.

Stéphanie Bignon
Terre et Famille
Janvier 2019

Jaune de colère !

Une des premières préoccupations de Terre et famille est la dénonciation de la fausse écologie (lire par exemple, https://terre-et-famille.fr/fumier/). Terre et Famille ne peut donc rester sans prendre position face à cette réaction des « Gilets jaunes ».

La « transition écologique » est un mensonge, le faux nez et la nouvelle locomotive de la « globalisation ». Cette dernière se résume à la volonté de supprimer toute résistance à l’enrichissement sans limite de quelques « marchands du Temple » qui n’ont de patrie que l’argent.

La véritable écologie n’est donc pas compatible avec un système global ! (Voir le film- documentaire de Coline Serreau, « Solutions locales pour un désordre global »)
Dans un pays où l’Etat est entre les mains des bénéficiaires de ce système, voici résumé, le processus d’asservissement des populations :
– Produire n’est plus prioritairement destiné à répondre à un besoin réel mais à enrichir quelques-uns aux dépens de tous les autres et des ressources naturelles.
– Pour satisfaire l’actionnariat des « grands groupes » et augmenter « l’augmentation » de sa marge annuelle, il faut diminuer les coûts de production.
– Produire loin, grâce à des petites mains peu exigeantes, rapporte à ces financiers qui sous prétexte de baisser les prix, augmentent leur marge aux dépens des salaires, de l’investissement et de la recherche.
– La propagande nous a vanté que « les prix bas ont permis la consommation de masse…et que nous en profitions tous » … mais à quel prix pour NOUS qui payons la note ?
– Nous avons progressivement accepté d’être rendu dépendant de cette consommation et avons vécu à crédit. Aujourd’hui nous ne sommes plus solvables : le taux de chômage est insoutenable, le travail est ailleurs et le bilan environnemental est catastrophique, les marchandises sont produites et transportées loin sans autre considération que le profit à court terme.

Alors que faire devant ce naufrage ? Selon le gouvernement… financier, il faut toujours plus « globaliser ». Mais « globaliser » nous ruine… alors il faut taxer. Prendre ce qui nous reste sous prétexte de financer la fameuse « transition écologique ». Taxes prohibitives qui ont pour but de rendre la vie impossible aux habitants d’agglomérations de moins de 10.000 âmes. Comment travailler, créer, vivre quand les écoles, les hôpitaux, les médecins, les bureaux de poste, les administrations, les banques désertent nos petites bourgades et que ces services ne sont plus accessibles qu’au bout de déplacements toujours plus longs, toujours plus taxés ?
La loi NOTRe, Nouvelle Organisation Territoriale de la République (lire, https://terre-et-famille.fr/la-loi-notre-tue-les-communes/ ) a trouvé un puissant outil pour détruire nos villages et nous déraciner : « la transition écologique » !

Donc, sous prétexte d’écologie, nous devons toujours plus « globaliser » et tous vivre en ville !
Comme nos pseudos représentants de l’Etat semblent ne pas être en mesure de comprendre leur propre incohérence, nous allons leur expliquer :
Economie, vient du grec « oikos », la maison et de « nomos », gérer. Donc, l’économie c’est d’abord gérer sa maison, puis un ensemble de maisons, les villages, puis un ensemble de villages, les provinces, puis un ensemble de provinces, la France… Mais l’échelon de base reste la maison ! Même dans une économie à l’échelle du monde, la référence, l’unité, la brique qui constitue toutes les constructions économiques, est la maison.
Si la gestion de la maison est rendue impossible, à terme ce sont les échanges internationaux qui deviennent impossibles. Le mépris de cet échelon est une faute grave parce que c’est aller contre la nature, parce que c’est déconstruire au lieu de construire !
L’application d’une véritable subsidiarité qui redonnerait à chaque maison la liberté de se gérer dans la mesure de ses compétences est la base d’une véritable écologie. Permettre à qui le veut de rester sur la terre familiale, de vivre à la campagne et donc d’éviter l’engorgement des infrastructures urbaines, est essentiel. La pollution étant due à la concentration, il conviendrait d’alléger considérablement la pression fiscale pour que vivre de son travail partout en France soit possible !

Alors messieurs, globalisation ou écologie ? Là est la vraie question. Sachez que vous êtes démasqués car nous sommes de plus en plus nombreux à savoir que vous répondez « globalisation » et que l’écologie est en réalité le cadet de vos soucis … un cadet abandonné ! Vous méprisez le réel mais la réalité des « Gilets jaunes » va vous chasser !

Stéphanie Bignon

Terre et Famille, novembre 2018.

 

Droit de réponse de Stéphanie Bignon…

Droit de réponse de Stéphanie Bignon à l’auteur anonyme qui utilise les pères de Mérigny pour salir un livre qu’il n’a pas compris ou qui le dérange profondément : « La chasteté ou le chaos ? » ed. Via Romana.

Eve serait créée comme aide-ménagère, comme ventre nécessaire pour «remplir et soumettre la terre » …, dans ce cas l’islam et la GPA ne seraient plus très loin !

Soyons raisonnable, mon livre est un appel au secours pour que nous nous élevions au-dessus des manipulations qui consistent à utiliser nos pulsions pour nous soumettre de façon peu couteuse car nous devenons notre propre geôlier.

Mon livre renvoie dos à dos les partisans des flambants neufs « droits sexuels », apogée du libéralisme libertaire et les gardiens myopes et féroces d’une morale légaliste sans amour, défenseurs acharnés de ce qu’ils appellent le « dû conjugal ». Mon détracteur anonyme, de façon consciente ou non, promeut « la prostitution de la chair dans le mariage ». C’est sa triste vision de la relation conjugale. Il oublie que rien n’est dû dans le mariage, tout y est donné.

Les deux extrêmes nous amènent inexorablement aux excès que nous connaissons : avortement, contraception et pornographie.

Mon livre est un appel aux hommes pour qu’ils redeviennent des protecteurs de leur famille, de leur pays, pour qu’ils nous redonnent des frontières à l’intérieur desquelles la vie redevient possible.

Sans le très chaste Saint Joseph, il n’y a pas de fuite en Egypte, pas de survie possible de la Sainte Famille et donc pas de rédemption. Messieurs, soyez protecteurs de la vie avant même d’être géniteurs, oui je le maintiens et prie pour cela.

Le « dû conjugal » est une prison pour tout le monde, celui qui doit donner et celui qui ne peut pas se dominer. La vraie liberté s’acquiert par l’apprentissage de la domination de la chair… par Amour !

Stéphanie Bignon
Briant, le lundi 18 juin 2018

La loi NOTre tue les communes


La loi NOTRe, Nouvelle Organisation Territoriale de la République, approuvée le 7 août 2015, vient à la suite de la loi RCT (Réforme des Collectivités Territoriales) du 16 décembre 2010. Ces deux lois viennent modifier en profondeur tout le socle institutionnel de notre pays.

En bref et selon MBC, (association des Maires pour le Bien Commun, mairespourlebiencommun.fr ), voici résumée la loi NOTRe qui s’impose sans consultation de la population :

A. Le premier échelon territorial qu’est la commune est vidé de sa substance.

B. Le projet est de transférer l’essentiel du pouvoir communal vers l’échelon intercommunal.

C. Cette réforme territoriale, imposée par l’Europe pour réduire les dépenses publiques, a malheureusement l’effet inverse.

D. Le gigantisme des intercommunalités impose une gestion bureaucratique éloignée des réalités du terrain et la légitime décentralisation se transforme actuellement en une inacceptable reconcentration jacobine.   

La loi NOTRe achève le plan de dislocation de notre pays. La réforme sur la taxe d’habitation contribuerait à ce plan en privant les communes de revenus et d’autonomie fiscale. Comme la taxe professionnelle, elle serait remplacée par le versement d’une compensation … Or une taxe est versée en échange de services. En la transformant en compensation calculée sur des bases complexes et arbitraires et versée au bon vouloir de l’état, elle pourrait disparaitre sans explication tangible. Pourtant et comme toujours, les choses nous sont présentées avec les meilleures intentions du monde. Officiellement, la volonté du gouvernement est de réduire la pression fiscale, « le mille-feuilles administratif » et les dépenses publiques…

Dans les faits :

Les élus des petites communes sont des bénévoles qui sont remplacés par des fonctionnaires et des complications administratives ce qui, selon la Cour des Comptes, engendre un surcoût de 61.8% sur les dépenses publiques (Rapport de la cour des comptes 2014, page 130).

Le « mille-feuilles administratif » loin d’être simplifié est augmenté de strates aux missions mal définies.

Quant à la pression fiscale … avec quel argent l’Etat compte-t-il verser les compensations aux communes ? Et les communes privées d’une part de leur revenu ne devront-elles pas augmenter ailleurs les impôts ?

Ces lois de réaménagement du territoire sont des mines à fragmentations disséminées sur notre sol. Le PADD (Projet d’Aménagement et de Développement Durable), par exemple, suggère « autoritairement » des mises aux normes européennes tel que le nombre de places de parking, le nombre de logements sociaux, les accès pour personnes handicapées… tout cela entrainant des dépenses de moins en moins couvertes par des revenus progressivement confisqués. La faillite prévisible des communes donnera une nouvelle bonne raison pour vouloir leur fin.

Le PADD s’autorise même à commenter sur le regrettable « enclavement de nos exploitations agricoles » Que faut-il comprendre ? Les populations des bourgs et des cités seraient concentrées dans de grandes agglomérations et les campagnes seraient composées de logements sociaux habités par de la main d’œuvre agricole bon marché au milieu de grandes étendues « exploitées » à outrance par des groupes financiers propriétaires de grandes exploitations désenclavées !? Ceci ne serait plus la France mais l’URSS ou l’Amérique du sud passée au fil du sabre des financiers de Wall street !

Le système en nous privant de la commune nous prive de l’échelon véritablement démocratique et de cette autonomie nécessaire pour notre édification personnelle et collective. La subsidiarité est le devoir de s’assumer dans la mesure de ses moyens. Or, le principe de subsidiarité en droit de l’Union européenne « vise à privilégier le niveau inférieur d’un pouvoir de décision aussi longtemps que le niveau supérieur ne peut pas agir de manière plus efficace. » Que veut dire plus efficace dans le cerveau des hauts fonctionnaires de l’Europe « Maastrichtienne » ? Plus efficace pour qui, pour quoi ?

Il semble plus prudent de retrouver la définition qu’en donne le Pape Pie XI dans l’Encyclique Quadragesimo Anno :

 » On ne saurait changer ce principe si grave de philosophie sociale : de même qu’on ne peut enlever aux particuliers pour les transférer à la communauté, les attributions dont ils sont capables de s’acquitter de leur seule initiative et par leurs propres moyens, ainsi ce serait commettre une injustice en même temps que troubler d’une manière très dommageable l’ordre social que de retirer aux groupements d’ordre inférieur, pour les confier à une collectivité plus vaste d’un rang plus élevé, les fonctions qu’ils sont en mesure de remplir eux-mêmes ».

Nous voici donc bien avertis et si notre première reconquête devait s’appeler Subsidiarité ?!

Stéphanie Bignon,

Terre et Famille, le 30 novembre 2017

 

Une version allégée se trouve sur le Boulevard Voltaire :

http://www.bvoltaire.com/loi-tue-commune-consulter-population/

La peste à Marseille en 1720

La peste à Marseille et Mgr de Belsunce

L’histoire nous est racontée par Marion Sigaut à la veillée lors du pèlerinage de Terre et Famille vers Cotignac

 

Le bateau Grand Saint-Antoine partit de Sidon en janvier 1720, patente nette (sans maladie à déplorer).

Mais .. lors du voyage, on constate six morts à bord. Le capitaine s’isole à la poupe.

  • Le 25 mai 1720 Grand Saint-Antoine arrive à Marseille, déclare ses morts
  • Le port de Libourne fournit un certificat daté du 14 mai, dernier port où il a relâché : « fièvre maligne pestilentielle »,

Ce terme est ambigu … Si c’est la peste, on dit peste.

Le capitaine ne cache rien, mais il fournit un document ambigu.

La moindre des choses était d’isoler le bateau, hommes et biens, pendant une quarantaine en mer. Le mieux aurait été d’éventer toute la marchandise au risque de la gâcher au vent et au soleil. Mais, on déchargea les tissus précieux et on isola les autres… Puis, on envoya à terre les passagers qui firent entrer en ville des tissus infestés par les puces, porteurs de peste. Aucune des précautions habituelles n’a été prise, alors que le soupçon était énorme.

La peste est entrée dans Marseille parce que ceux qui étaient chargés de sa sauvegarde étaient propriétaires d’une cargaison précieuse qui devait atteindre la foire de Beaucaire deux mois plus tard.

Or il est certain que :

  • Le bateau a bien quitté Livourne le 14 mai
  • Mais qu’il était à Toulon le 4 mai et a relâché au Brusc.
  • Qu’il en est parti le 10 mai pour Livourne où on lui a donné ce certificat ambigu.
  • qu’il a eu tout le temps,  le 4 et le 10, de prendre  ses ordres de Marseille qui SAVAIT que le bateau était contaminé.
  • Que les autorités de Livourne ont donné un certificat de complaisance qui pouvait être interprété, alors qu’elles avaient interdit tout débarquement.

La responsabilité des autorités marseillaises est TOTALE.

Les copropriétaires et armateurs du bateau et de sa cargaison sont :

  • Le capitaine
  • Jean-Baptiste Estelle, premier échevin
  • Jean-Baptiste Audimar et Balthazar Dieudé, échevins également.

Le capitaine passera la contagion en prison, les trois autres deviendront les héros de la ville. C’est l’histoire d’une rédemption qui nous est contée.

  • Portée par des puces de rats, tous morts pendant le trajet, le bacille de la peste est entré dans la ville sur un tueur de 3mm  caché dans les replis d’étoffes précieuses.
  • Un mois après le débarquement, 6 personnes étaient mortes dans le Lazaret, zone de quarantaine à terre, malheureusement authentique « passoire ». 
  • Le chirurgien préposé à l’inspection donnait le même diagnostic : « mort de maladie non contagieuse. »…. 
  • Le 6 juillet, contrevisite par médecin : le diagnostic de la peste est enfin posé.

Le 9 juillet on se décide enfin à envoyer par le fond toutes les marchandises du Lazaret.

Trop tard, évidemment. 

Le 13 juillet, des allèges venant de Marseille seront vus à Arles en direction de Beaucaire : la marche inexorable du profit va porter la peste en Provence…

En ville on annonce la mort d’une femme. Puis de deux, avec bubon et charbon. 

La peste est à Marseille, elle va tuer un Marseillais sur deux en moins de six mois.

Le salut des autres va tenir au dévouement inimaginable d’une poignée de héros. :

  • Quatre échevins : Jean-Baptiste Estelle (58) ,  Jean-Pierre Moustier, Jean-Baptiste Audimar et Balthazar Dieudé, représentants de la ville.
  • Le marquis de Pille et Pichatty de Croissainte, permanents de la mairie. Ils seront jour et nuit de tous les travaux, toutes les corvées, toutes les responsabilités, sans dormir sans s’arrêter, sans penser à eux-mêmes. 
  • Le chevalier Roze, (45ans) venu de la ville se mettre à la disposition de ces Messieurs.
  • Henri de Belsunce, évêque de Marseille.

Le dévouement des échevins :

  • Ils prennent contact avec l’autorité royale, à Aix, siège du Parlement de Provence et de l’intendant. 
  • Jusqu’au bout le contact sera conservé avec l’extérieur, par l’intermédiaire d’un sas de campagne où les courriers peuvent être échangés.
  • on enterre les morts nuitamment pour ne pas affoler la population.
  • 10 juillet, à 23h, Jean-Pierre Moustier se rend place de Lenche (Linche) avec deux personnes. Sans faire de bruit on monte à l’étage, on descend  le mort, un malade et les bien portants. Puis on emmène tout ce monde sur la pointe des pieds. La porte sera murée peu après à chaux et à sable….Puis on recommence le lendemain.
  • Et petit à petit l’information commence à circuler. Mais les autorités essayent de rassurer la population … La vérité va mettre des semaines à être reconnue. Ce sera la ruée vers les portes de la ville, mais trop tard.

Le 31 juillet la ville est bouclée. Marseille est coupée du monde. Il n’y a plus aucune issue.

  • Quand ils ne courent pas pour localiser les malades et faire enlever les morts, écrire à l’intendant et répondre au courrier, les échevins font les comptes : Il n’y a plus d’argent sauf de maudits billets dont personne ne veut, plus de blé, plus de viande, tout le monde s’enfuit et personne n’obéit plus à personne. Mais JAMAIS ils ne baisseront les bras.
  • Deux médecins suggèrent de faire de grands feux pour « brûler les corpuscules infects » et délestent la ville du bois dont on ne pourra plus cuire le pain. On rassemble alors les médecins disponibles et on leur annonce qu’ils seront rémunérés par la mairie : interdiction de faire payer les malades. On leur fournit des sarraus de toile cirée qui les prémuniront (les puces ne s’accrochent pas sur cette toile enduite). Puis la mairie lance un emprunt pour remplir ses caisses. Elle nomme des commissaires par quartiers pour assurer l’ordre et la distribution de pain et on fait venir du grain par le sas extérieur arrangé avec Aix. Enfin, elle ferme toutes les écoles publiques.
  • Un début d’émeute pour le pain mobilise encore les échevins : Des soldats en garnison au fort Saint-Jean viennent menacer de se servir par les armes si on ne leur en fournit pas. Jean-Pierre Moustier leur fait  face : « Mettez-vous à la tête de vos soldats,; moi de mes bourgeois, et nous verrons. » … Les soldats reculent, penauds. Quand le blé arrive, on en fixe le taux et on interdit de le vendre plus cher : c’est la taxation.

Les morts sont désormais transportés en plein jour, par charrette d’abord, puis par tombereaux entiers. Au début on les met dans des tombes, puis dans des fosses, puis les fosses débordent. On ouvre où on peut des hôpitaux pour accueillir les malades. En deux jours ils sont pleins et en 24h les malades sont morts. Le chevalier Roze, responsable de la rive Neuve, en fait ouvrir à ses dépens. Mais médecins et chirurgiens ont déserté en masse. On peut compter sur QUATRE médecins. Le régent en fait venir de Montpellier. Ils seront une calamité jusqu’à leur départ. Incompétents, pédants, dépensiers, inutiles ou même calamiteux ils se feront payer des fortunes leur outrecuidance mortelle pour tous ceux qu’ils approcheront :  purges et saignées, ils tuent leurs malades.

Pour creuser les fosses, les échevins s’y collent encore et font travailler ceux qu’ils ont réussi à faire venir. En plein soleil, à Marseille. Ceux qui se sont enfuis en mer jettent les cadavres par-dessus bord et le port est couvert de corps en putréfaction. Nicolas Roze se chargera d’aller chercher les malades en mer, puis de tirer au sol des morts pour les ensevelir. Nicolas Roze sera un des héros les plus admirables de la peste. « Nous craignons que nos têtes ne puissent y suffire, quand elles se partageraient en dix. Que le bon Dieu  aie pitié de nous ! » gémirent-ils dans une lettre à le 5 août.

Autre preuve de leur total désintéressement ? 

Le marquis de Pilles laissa s’établir le principal hôpital à quatre pas de son hôtel. 

Jean-Baptiste Estelle, marchant au transport de cadavres, glissa une nuit sur quelque débris gluant  et s’étala de tout son long sur un cadavre. Il se releva, fit charger le mort dans la charrette et repris sa course, imperturbable. 

Jean-Pierre Moustier, reçoit un jour sur la joue un emplâtre fumant de pus qu’on venait de jeter par une fenêtre. 

Il l’en décolle, se nettoie la joue avec une éponge vinaigrée, et reprend sa course.

Le 27 août, nouveau drame : le marquis de Pilles tombe malade et ne peut sortir de son hôtel. 

On aurait pu croire les édiles indestructibles, mais non, c’était leur tour. 

 

Le 27 août, nouveau drame : le marquis de Pilles tombe malade et ne peut sortir de son hôtel. On aurait pu croire les édiles indestructibles, mais non, c’était leur tour…

Le 30 août, en une nuit, mille nouveaux morts, alors qu’on n’avait pas encore réussi à enterrer les précédents. Les forçats qui servent de corbeaux sont tous morts ou malades et l’arsenal des galères ne veut plus en donner. 

Le 3 septembre, les quatre échevins, l’archivaire, le caissier et le secrétaire de mairie font les comptes : depuis le début de juillet, la municipalité avait perdu cinq cents personnes. Il ne reste qu’un ou deux lieutenants, un capitaine et quelques valets de ville. Tout le reste a péri et eux, sont sept ! Ils retournent à l’arsenal demander des hommes (qui auront la liberté). Grâce à cette idée les expéditions reprennent, Jean-Pierre Moustier en tête : du lever au coucher du soleil les échevins charrient des cadavres, débarrassent les rues, tiennent la permanence à l’hôtel de ville, courent dans tous les sens pour régler mille problèmes. Ils font construire un hôpital de plein air. Le mistral le met à bas. On le reconstruit… Ils travaillent sans relâche… Un matin, on apprend que des fosses pleines du côté de la Major se lézardent. Il faut impérativement les recouvrir. Jean-Baptiste Estelle se rend à la porte d’Aix où on en creusait de nouvelles. Il se fait donner les paysans qui y travaillaient. Les paysans refusent d’approcher la fosse empestée et les militaires n’en viennent pas à bout. Jean Baptiste Estelle prend une pioche des mains d’un paysan, et il pioche, et pioche, tout seul, en plein soleil. Les autres ont suivi et refermèrent la fosse.

Le 12 septembre enfin l’autorité est rétablie : Langeron est nommé commandant en chef avec tous les pouvoirs à Marseille.

Les Echevins de Marseille, firent la promesse que chaque année, une messe serait célébrée pour rappeler cette consécration. C’est désormais la Chambre de Commerce de Marseille, qui offre un cierge à l’archevêque, en présence du premier magistrat de la ville, du représentant de l’Etat, des élus, des autorités civiles, militaires, économiques. Cette cérémonie a eu lieu vendredi 23 juin dernier.

Deux semaines plus tard, le 15 novembre, a lieu une nouvelle cérémonie aux Accoules avec une foule immense. Monseigneur de Belsunce sanctifie et bénit la ville et le diocèse. Le 10 décembre on ne signala aucun mort. La peste était terminée. Marseille et son terroir ont perdu en tout 50 000 personnes : la moitié de la population.

 

Radio courtoisie

Stéphanie Bignon était invitée  par Henry de Lesquen le 23 mai 2016 :

« La libération de la femme, enjeu légitime ou entreprise de subversion ? »

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