La peste à Marseille en 1720

La peste à Marseille et Mgr de Belsunce

L’histoire nous est racontée par Marion Sigaut à la veillée lors du pèlerinage de Terre et Famille vers Cotignac

 

Le bateau Grand Saint-Antoine partit de Sidon en janvier 1720, patente nette (sans maladie à déplorer).

Mais .. lors du voyage, on constate six morts à bord. Le capitaine s’isole à la poupe.

  • Le 25 mai 1720 Grand Saint-Antoine arrive à Marseille, déclare ses morts
  • Le port de Libourne fournit un certificat daté du 14 mai, dernier port où il a relâché : « fièvre maligne pestilentielle »,

Ce terme est ambigu … Si c’est la peste, on dit peste.

Le capitaine ne cache rien, mais il fournit un document ambigu.

La moindre des choses était d’isoler le bateau, hommes et biens, pendant une quarantaine en mer. Le mieux aurait été d’éventer toute la marchandise au risque de la gâcher au vent et au soleil. Mais, on déchargea les tissus précieux et on isola les autres… Puis, on envoya à terre les passagers qui firent entrer en ville des tissus infestés par les puces, porteurs de peste. Aucune des précautions habituelles n’a été prise, alors que le soupçon était énorme.

La peste est entrée dans Marseille parce que ceux qui étaient chargés de sa sauvegarde étaient propriétaires d’une cargaison précieuse qui devait atteindre la foire de Beaucaire deux mois plus tard.

Or il est certain que :

  • Le bateau a bien quitté Livourne le 14 mai
  • Mais qu’il était à Toulon le 4 mai et a relâché au Brusc.
  • Qu’il en est parti le 10 mai pour Livourne où on lui a donné ce certificat ambigu.
  • qu’il a eu tout le temps,  le 4 et le 10, de prendre  ses ordres de Marseille qui SAVAIT que le bateau était contaminé.
  • Que les autorités de Livourne ont donné un certificat de complaisance qui pouvait être interprété, alors qu’elles avaient interdit tout débarquement.

La responsabilité des autorités marseillaises est TOTALE.

Les copropriétaires et armateurs du bateau et de sa cargaison sont :

  • Le capitaine
  • Jean-Baptiste Estelle, premier échevin
  • Jean-Baptiste Audimar et Balthazar Dieudé, échevins également.

Le capitaine passera la contagion en prison, les trois autres deviendront les héros de la ville. C’est l’histoire d’une rédemption qui nous est contée.

  • Portée par des puces de rats, tous morts pendant le trajet, le bacille de la peste est entré dans la ville sur un tueur de 3mm  caché dans les replis d’étoffes précieuses.
  • Un mois après le débarquement, 6 personnes étaient mortes dans le Lazaret, zone de quarantaine à terre, malheureusement authentique « passoire ». 
  • Le chirurgien préposé à l’inspection donnait le même diagnostic : « mort de maladie non contagieuse. »…. 
  • Le 6 juillet, contrevisite par médecin : le diagnostic de la peste est enfin posé.

Le 9 juillet on se décide enfin à envoyer par le fond toutes les marchandises du Lazaret.

Trop tard, évidemment. 

Le 13 juillet, des allèges venant de Marseille seront vus à Arles en direction de Beaucaire : la marche inexorable du profit va porter la peste en Provence…

En ville on annonce la mort d’une femme. Puis de deux, avec bubon et charbon. 

La peste est à Marseille, elle va tuer un Marseillais sur deux en moins de six mois.

Le salut des autres va tenir au dévouement inimaginable d’une poignée de héros. :

  • Quatre échevins : Jean-Baptiste Estelle (58) ,  Jean-Pierre Moustier, Jean-Baptiste Audimar et Balthazar Dieudé, représentants de la ville.
  • Le marquis de Pille et Pichatty de Croissainte, permanents de la mairie. Ils seront jour et nuit de tous les travaux, toutes les corvées, toutes les responsabilités, sans dormir sans s’arrêter, sans penser à eux-mêmes. 
  • Le chevalier Roze, (45ans) venu de la ville se mettre à la disposition de ces Messieurs.
  • Henri de Belsunce, évêque de Marseille.

Le dévouement des échevins :

  • Ils prennent contact avec l’autorité royale, à Aix, siège du Parlement de Provence et de l’intendant. 
  • Jusqu’au bout le contact sera conservé avec l’extérieur, par l’intermédiaire d’un sas de campagne où les courriers peuvent être échangés.
  • on enterre les morts nuitamment pour ne pas affoler la population.
  • 10 juillet, à 23h, Jean-Pierre Moustier se rend place de Lenche (Linche) avec deux personnes. Sans faire de bruit on monte à l’étage, on descend  le mort, un malade et les bien portants. Puis on emmène tout ce monde sur la pointe des pieds. La porte sera murée peu après à chaux et à sable….Puis on recommence le lendemain.
  • Et petit à petit l’information commence à circuler. Mais les autorités essayent de rassurer la population … La vérité va mettre des semaines à être reconnue. Ce sera la ruée vers les portes de la ville, mais trop tard.

Le 31 juillet la ville est bouclée. Marseille est coupée du monde. Il n’y a plus aucune issue.

  • Quand ils ne courent pas pour localiser les malades et faire enlever les morts, écrire à l’intendant et répondre au courrier, les échevins font les comptes : Il n’y a plus d’argent sauf de maudits billets dont personne ne veut, plus de blé, plus de viande, tout le monde s’enfuit et personne n’obéit plus à personne. Mais JAMAIS ils ne baisseront les bras.
  • Deux médecins suggèrent de faire de grands feux pour « brûler les corpuscules infects » et délestent la ville du bois dont on ne pourra plus cuire le pain. On rassemble alors les médecins disponibles et on leur annonce qu’ils seront rémunérés par la mairie : interdiction de faire payer les malades. On leur fournit des sarraus de toile cirée qui les prémuniront (les puces ne s’accrochent pas sur cette toile enduite). Puis la mairie lance un emprunt pour remplir ses caisses. Elle nomme des commissaires par quartiers pour assurer l’ordre et la distribution de pain et on fait venir du grain par le sas extérieur arrangé avec Aix. Enfin, elle ferme toutes les écoles publiques.
  • Un début d’émeute pour le pain mobilise encore les échevins : Des soldats en garnison au fort Saint-Jean viennent menacer de se servir par les armes si on ne leur en fournit pas. Jean-Pierre Moustier leur fait  face : « Mettez-vous à la tête de vos soldats,; moi de mes bourgeois, et nous verrons. » … Les soldats reculent, penauds. Quand le blé arrive, on en fixe le taux et on interdit de le vendre plus cher : c’est la taxation.

Les morts sont désormais transportés en plein jour, par charrette d’abord, puis par tombereaux entiers. Au début on les met dans des tombes, puis dans des fosses, puis les fosses débordent. On ouvre où on peut des hôpitaux pour accueillir les malades. En deux jours ils sont pleins et en 24h les malades sont morts. Le chevalier Roze, responsable de la rive Neuve, en fait ouvrir à ses dépens. Mais médecins et chirurgiens ont déserté en masse. On peut compter sur QUATRE médecins. Le régent en fait venir de Montpellier. Ils seront une calamité jusqu’à leur départ. Incompétents, pédants, dépensiers, inutiles ou même calamiteux ils se feront payer des fortunes leur outrecuidance mortelle pour tous ceux qu’ils approcheront :  purges et saignées, ils tuent leurs malades.

Pour creuser les fosses, les échevins s’y collent encore et font travailler ceux qu’ils ont réussi à faire venir. En plein soleil, à Marseille. Ceux qui se sont enfuis en mer jettent les cadavres par-dessus bord et le port est couvert de corps en putréfaction. Nicolas Roze se chargera d’aller chercher les malades en mer, puis de tirer au sol des morts pour les ensevelir. Nicolas Roze sera un des héros les plus admirables de la peste. « Nous craignons que nos têtes ne puissent y suffire, quand elles se partageraient en dix. Que le bon Dieu  aie pitié de nous ! » gémirent-ils dans une lettre à le 5 août.

Autre preuve de leur total désintéressement ? 

Le marquis de Pilles laissa s’établir le principal hôpital à quatre pas de son hôtel. 

Jean-Baptiste Estelle, marchant au transport de cadavres, glissa une nuit sur quelque débris gluant  et s’étala de tout son long sur un cadavre. Il se releva, fit charger le mort dans la charrette et repris sa course, imperturbable. 

Jean-Pierre Moustier, reçoit un jour sur la joue un emplâtre fumant de pus qu’on venait de jeter par une fenêtre. 

Il l’en décolle, se nettoie la joue avec une éponge vinaigrée, et reprend sa course.

Le 27 août, nouveau drame : le marquis de Pilles tombe malade et ne peut sortir de son hôtel. 

On aurait pu croire les édiles indestructibles, mais non, c’était leur tour. 

 

Le 27 août, nouveau drame : le marquis de Pilles tombe malade et ne peut sortir de son hôtel. On aurait pu croire les édiles indestructibles, mais non, c’était leur tour…

Le 30 août, en une nuit, mille nouveaux morts, alors qu’on n’avait pas encore réussi à enterrer les précédents. Les forçats qui servent de corbeaux sont tous morts ou malades et l’arsenal des galères ne veut plus en donner. 

Le 3 septembre, les quatre échevins, l’archivaire, le caissier et le secrétaire de mairie font les comptes : depuis le début de juillet, la municipalité avait perdu cinq cents personnes. Il ne reste qu’un ou deux lieutenants, un capitaine et quelques valets de ville. Tout le reste a péri et eux, sont sept ! Ils retournent à l’arsenal demander des hommes (qui auront la liberté). Grâce à cette idée les expéditions reprennent, Jean-Pierre Moustier en tête : du lever au coucher du soleil les échevins charrient des cadavres, débarrassent les rues, tiennent la permanence à l’hôtel de ville, courent dans tous les sens pour régler mille problèmes. Ils font construire un hôpital de plein air. Le mistral le met à bas. On le reconstruit… Ils travaillent sans relâche… Un matin, on apprend que des fosses pleines du côté de la Major se lézardent. Il faut impérativement les recouvrir. Jean-Baptiste Estelle se rend à la porte d’Aix où on en creusait de nouvelles. Il se fait donner les paysans qui y travaillaient. Les paysans refusent d’approcher la fosse empestée et les militaires n’en viennent pas à bout. Jean Baptiste Estelle prend une pioche des mains d’un paysan, et il pioche, et pioche, tout seul, en plein soleil. Les autres ont suivi et refermèrent la fosse.

Le 12 septembre enfin l’autorité est rétablie : Langeron est nommé commandant en chef avec tous les pouvoirs à Marseille.

Les Echevins de Marseille, firent la promesse que chaque année, une messe serait célébrée pour rappeler cette consécration. C’est désormais la Chambre de Commerce de Marseille, qui offre un cierge à l’archevêque, en présence du premier magistrat de la ville, du représentant de l’Etat, des élus, des autorités civiles, militaires, économiques. Cette cérémonie a eu lieu vendredi 23 juin dernier.

Deux semaines plus tard, le 15 novembre, a lieu une nouvelle cérémonie aux Accoules avec une foule immense. Monseigneur de Belsunce sanctifie et bénit la ville et le diocèse. Le 10 décembre on ne signala aucun mort. La peste était terminée. Marseille et son terroir ont perdu en tout 50 000 personnes : la moitié de la population.

 

à suivre ….

Radio courtoisie

Stéphanie Bignon était invitée  par Henry de Lesquen le 23 mai 2016 :

« La libération de la femme, enjeu légitime ou entreprise de subversion ? »

http://www.radiocourtoisie.fr

 

 

 

 

 

Médecin de campagne

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Médecin de campagne. Sorti en mars 2016 (1h 42min). Film français de Thomas Lilti. Avec François Cluzet et Marianne Denicourt.

Cette comédie dramatique sort des programmations du printemps sur la pointe des pieds. Ce n’est peut-être pas un chef d’œuvre mais un film vrai avec des regards donnés, profonds, intenses comme le sont les mots entourant la vie et la mort. Avec des mains qui servent, soignent et se touchent.
Médecin de campagne donne à voir le rôle de celui qui panse les plaies du corps, écoute et conseille. Il connaît ses brebis, elles écoutent sa voix. Le vrai berger, le curé du village, est absent du film… comme c’est le cas dans beaucoup de campagnes. Mais le médecin généraliste est là. Pour combien de temps encore ? Il faut une âme quasi sacerdotale pour tenir.
François Cluzet conquiert le spectateur et en fait un compagnon dès les premières scènes. Il est seul puisque sa femme est partie avec les enfants. Toutes les générations défilent dans son cabinet, toutes les pathologies aussi, y compris celles de l’âme. Pour guérir, il faut comprendre. Pour comprendre, il faut aimer. Il aime les gens. Il va à leur rencontre, dans une tournée sans fin des fermes et des pavillons.
C’est ce quotidien qu’il va partager avec une jeune femme médecin venue le seconder… Il n’a pas souhaité sa présence et, un rien macho, doute de ses capacités à s’adapter à la médecine rurale. De sévères secousses seront nécessaires pour qu’il lâche un peu les rênes.
La promesse faite à un vieil homme en fin de vie de le laisser mourir chez lui conduit le médecin de famille à commettre un geste fou pour le sortir de l’hôpital ! Entouré d’une équipe de petites mains qui se succèdent à son chevet, il quitte la vie en homme libre, et non attaché sur un lit inconnu, relié à des fils et des tuyaux. De très belles images de ce vieillard mort, de la toilette mortuaire effectuée avec un infini respect, comme un hommage rendu à sa personne pleine de dignité. Ce sont des scènes rares au cinéma.
Quand la vie survient sans être entourée d’amour, l’avortement n’est pas loin. Les campagnes ne sont pas épargnées. Le film traite le sujet humainement à travers une jeune fille paumée prête à donner la vie, puis à la retirer sans grande conscience. L’écoute chaleureuse, la présence rassurante et ferme du médecin laissent percer l’intensité du drame et orientent vers le choix de la vie. Les mots et les regards sont justes.
Médecin de campagne marque durablement la mémoire parce qu’il évoque des situations vraies comme le ferait un reportage, servi par le talent d’excellents acteurs et un scenario pudique et juste. Restent beaucoup de visages et de situations cocasses, des personnes attachantes que l’on croit dur comme fer avoir rencontrées.

S’il n’est plus diffusé dans votre cinéma, ne manquez pas sa sortie en DVD.
Il mérite d’être vu, revu et partagé.

Valérie d’Aubigny

« La Résurrection du Christ »

Unknown

Tout est accompli….”

Le film « La Résurrection du Christ » de Kevin Reynolds, évoque les derniers outrages d’un système moribond  qui, dans un ultime spasme se raccroche au Christ pour survivre encore un peu. Les auteurs de ce film sont-ils d’une gentille sincérité maladroite, témoin de l’ignorance du moment ou sont-ils délibérément anticatholiques ?

« La Résurrection du Christ » est un petit péplum hollywoodien d’inspiration protestante, intéressant par la synthèse qu’il donne de l’état de notre spiritualité. Les approximations et erreurs sont nombreuses, mais concentrons-nous sur l’une des anomalies de ce film : l’absence de femme et le traitement qui est réservé à la Sainte Vierge Marie et à Sainte Marie Madeleine.

Notre Mère, Marie, nous est présentée ou plutôt furtivement montrée sous les traits d’une hystérique à qui un centurion somme de se taire. Elle n’est pas au pied de la Croix, elle n’est pas accompagnée de Saint Jean… Qui ose traiter la Mère de Dieu de la sorte ?

Quant à sainte Marie Madeleine, elle n’échappe pas à son statut de « femme de la rue ». Tous les soldats romains la connaissent… C’en est trop !

Or, la conversion de Marie Madeleine est d’autant plus spectaculaire qu’apparemment elle n’a besoin de rien en ce monde. Marie Madeleine n’est pas une prostituée mais une femme aisée de la haute société, sœur de Lazare et de Marthe, qu’on se le dise !! Elle est belle, riche et « libre ». Riche au point de verser ce qu’elle a de plus précieux, de plus cher sur les pieds de Jésus : son parfum. Judas, le trésorier, en est effaré et considère cela comme du gaspillage. Ce parfum converti en argent aurait pu servir au pauvres.

« Or voici que Marie prend un flacon de parfum, du vrai nard extrêmement cher et elle le verse sur les pieds de Jésus ; puis elle lui essuie les pieds avec ses cheveux pendant que l’odeur du parfum remplit la maison. Intervient alors Judas Iscariote, l’un des disciples de Jésus, celui qui va le trahir : “On aurait pu vendre ce parfum pour 300 pièces d’argent, dit-il, et on l’aurait donné aux pauvres.”

En réalité, Judas ne se souciait pas des pauvres, mais il volait ; comme il portait la bourse du groupe, tout ce qu’on y mettait passait par ses mains. » ( Saint Jean 12  5).

Dans ce film Judas n’est qu’évoqué mais Marie Madeleine est soigneusement défigurée. Elle ne doit pas être ce qu’elle est…capable de tout donner pour le Christ. Pourquoi ? Serait-elle trop gênante pour un système fait d’argent et d’intérêts… ? Cela fait bien longtemps déjà que Judas le trésorier-traitre, capable de tout pour de l’argent, est sous-estimé dans ce qu’il représente de nos tentations doublées de pudibonderies, alors que Marie Madeleine est défigurée par peur de l’exigence de ce qu’elle incarne. Dans « l’affaire » du parfum, Judas retient et Marie Madeleine donne totalement. Serait-ce le désaccord annonciateur des hérésies ? D’un côté les dorures et le faste, rien de trop beau pour honorer le Christ, de l’autre la rétention à des fins uniquement terrestres et hypocritement moralisatrices. Nous avons à choisir tous les jours encore entre Sainte Marie Madeleine et Judas ! Et attention à « la tentation au nom du bien » ou en l’occurrence au nom des pauvres, comme nous en avertit Marthe Robin.

La charité toute féminine, ce sens naturel du don, aurait pu aussi paraître dans ce film à travers la « multitude de femmes » au pieds de la Croix… (Luc 23,27,28) mais il n’y a pas de femme sur la pellicule de Kevin Reynolds …

Voilà admirablement résumées toutes les souffrances de notre Eglise et de nos sociétés. Où sont ces femmes qui suivent Jésus, l’embaument, le découvrent ressuscité au matin du troisième jour….? Ce film fait de l’histoire de l’Eglise naissante une histoire exclusivement masculine. Quelle erreur ! Qu’est- ce que l’Eglise si ce n’est d’abord la Charité, symbolisée par la femme qui allaite, cette multitude de femmes qui donnent leur vie à Dieu à travers les pauvres, les malades, les orphelins, les blessés, les vieillards… ? Les femmes sont naturellement les épouses du Christ et les religieuses, trop peu nombreuses après de multiples révolutions et « libérations », nous font cruellement faute aujourd’hui dans ce monde du tout marchand, du tout argent… celui de Judas.

Nous souffrons dans l’Eglise et dans le monde de l’absence criante de considération pour cette charité incarnée dans la féminité et les hommes en sont les premières victimes. Laïcité, égalité obligent, les femmes doivent être des hommes comme les autres ou disparaître … Ce film nous embourbe d’autant plus sûrement qu’il flatte notre rétine par de belles images qui, paradoxalement, nous aveuglent et font habilement disparaître les femmes au profit d’hommes presqu’efféminés. Tout est dit ou plutôt « fini » comme le traducteur français ose le faire dire au Christ sur la Croix au lieu de « tout est accompli » … !

Si vous cherchez les causes du malaise profond du monde qui sont les souffrances de l’Eglise … ne cherchez plus… quand on méprise, à ce point, la matrice qui nous a donné la vie, le vice est à notre porte.

Ce film ne montre pas non plus le suicide de Judas qui le conduit à une mort définitive ni le pardon accordé au bon Larron qui est pour nous pécheurs, une source infinie d’Espérance…

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Stéphanie Bignon ; Terre et Famille le 12 mai 2016

Hommage à nos pâtissiers-chocolatiers

cloche-chocolat-garnie-50gCes belles fêtes de Pâques nous donnent l’occasion de grands et bons moments en famille et de savourer le chocolat  avec d’autant plus de délice que nous lui avons résisté pendant quarante jours.

Notre pays regorge de grâces et un des signes visibles en est le savoir- faire de nos pâtissiers-chocolatiers sachant allier une des plus  délicates techniques du monde à la poésie. Espiègle, piquante, craquante poésie,  exprimée par cet art de porter les nourritures terrestres au  niveau de perfection qui leur permet de toucher nos esprits.  

Je croquais  un de ces petits poissons de la traditionnelle friture pascale et ce fut la surprise ! Surprise par la tradition, voilà tout mon pays résumé dans cette sensation douce et intense. Ce petit poisson, aux écailles dessinées dans un chocolat noir aux saveurs équilibrées, recelait sous cette coque délicate  une ganache tendre, finement relevée du parfum d’un fruit de la passion.  Tout mon pays frétillait sur mes papilles de ce renouveau permanent dans la tradition, de cette technique maîtrisée, toujours dans la nuance,  de cette recherche, pour toujours plus honorer les fruits de la Création. Cet art est une des plus belles expressions du génie français.

Merci mon Dieu de nous avoir donné, aussi, des pâtissiers – chocolatiers ! 

Stéphanie Bignon , Terre et Famille 5 avril 2016 

Illusion démocratique

Républicains, Démocrates ou Trump… Républicains, socialistes ou Le Pen… Quelle étrange gémellité entre le contexte électoral nord-américain et français ! Les campagnes seraient elles organisées par les mêmes agences de communication de part et d’autre de l’Atlantique ?

Le peuple américain réagit fortement face à son expropriation par les grandes banques, de tous les domaines économique, politique, culturel…. Il faut donc lui donner un os à ronger, lui donner l’impression qu’il existe encore à travers la contestation portée par Trump. Le côté brutal et exubérant du candidat new yorkais permet aussi de discrédité les contestataires et de mépriser leur message. Abcès de fixation, identification et repérage, contrôle et manipulation, voilà qui est savamment mis au point par des professionnels de la « com. » au service des grands architectes du monde post moderne. Admirable et détestable mécanique destinée à guider le peuple sans qu’il ne s’en étonne.

Qui peut encore croire que le résultat de ces élections américaines ou françaises soit l’expression de notre liberté ? Voter pour les grands partis ou pour la contestation nous donne l’illusion du choix et notre participation à cette supercherie régénère le système. De plus, en pratiquant le vote réactionnaire, nous procurons un point dur contre lequel cette nébuleuse molle peut grandir… c’est un comble !

Par ailleurs, accepter l’idée de voter pour le « moins mauvais candidat », c’est accepter d’agir à contre cœur, c’est accepter librement la servitude.

Dans un système totalitaire, simplement brutal, la liberté nous est retirée contre notre volonté et notre culpabilité est hors de cause. Dans un système totalitaire mou, la liberté nous est retirée avec notre assentiment, les conséquences sur nos âmes sont effroyables : nous monnayons notre liberté contre le confort, la tranquillité ou la reconnaissance ! Nous sommes au sommet de la corruption de notre société à travers ce renoncement à l’exercice de notre liberté, ce mépris pour le plus précieux cadeau de Dieu. Nous assistons, en fait, à un suicide intellectuel et spirituel collectif… « C’est ainsi que tous, petits et grands, riches et pauvres, libres ou esclaves, se laissent marquer de la marque de la bête » (Apocalypse 13  16).

Le langage peut tromper mais les faits ne le peuvent pas : nous pouvons tous constater en France, que nous avortons 600 enfants par jour, assistons à 500 suicides de paysans par an, à un chômage galopant et une déstructuration permanente de notre pays (Armée, justice, communes, médecine, enseignement, industrie…). Les beaux parleurs de tous bords, conscients ou utilisés par le système, sont le sucre dans le piège à mouches. Attention, il n’est plus permis de laisser capturer nos volontés !

Pénétrer le système en pensant le convertir reviendrait à se croire capable de sauver la Grande Babylone de l’apocalypse et ce n’est pas dans nos compétences. Pour sauver nos âmes et le reste, il faut en sortir à toutes jambes ! Chesterton dans “Outline of sanity » littéralement en français, «Les grandes lignes de la santé mentale » (connu en France sous le titre « Plaidoyer pour une propriété anticapitaliste… ») recommande, pour guérir, de commencer par arrêter de prendre du poison.

La liberté détachée de Dieu promue par les philosophes des Lumières nous a donné cette démocratie-républicaine et, elle est ce poison…

Stéphanie Bignon, Terre et Famille le 31/03/2016

Si « Marguerite » s’appelait France

« Marguerite » de Xavier Giannoli

Unknown

Terre et Famille aimerait partager, une analyse du remarquable film «Marguerite » de Xavier GIANNOLI, à l’occasion de sa sortie en DVD.

Cette femme qui chante faux ne suscite pas l’hilarité, mais la compassion devant sa solitude, l’admiration devant son courage et sa foi. Elle chante faux, mais pense juste : on envie sa liberté.

Et si Marguerite s ‘appelait France et qu’elle chantait faux parce qu’elle n’etait pas aimée ? Elle cherche dans le public, ceux qu’elle aime et qui ne la comprennent pas.

Habillée en paysanne alsacienne, on fait d’elle un écran vivant. Elle chante la Marseillaise avec sa voix éraillée, tend ses bras en croix et sont projetées sur elle les images terribles des soldats de la guerre de 1914 qui semblent la piétiner et mourir sur elle. Dans un délire artistique, le jeune anarchiste au faux accent russe, maître de ce spectacle, scande ce que nous pouvons prendre pour les conséquences de ce chaos : plus de politique, plus de paysans, plus de pays, plus d’armée, plus de capitalisme, plus d’ouvriers, plus de religion,… plus rien, Rien, RIEN !

Le majordome, noir, prend Marguerite en photographie, l’accompagne au piano. Cet homme en qui Marguerite a toute confiance, nourrit une passion pour sa maîtresse. Il lui doit tout. Elle n’imagine pas que cette passion soit perverse et qu’un jour, il choisira d’achever consciemment la femme qui alimentait ses rêves.

Il respecte Marguerite, mais assouvit ses phantasmes avec la femme à barbe qui pourrait évoquer la France défigurée, sans féminité….qui n’aurait plus conscience de sa beauté…

Marguerite est délaissée par son mari, il a honte d’elle. Mais Marguerite cherche son amour de toutes ses forces et parvient, à le toucher. Il tentera trop tard de la protéger quand il comprend enfin la pureté des sentiments de cette femme émouvante. Elle voudrait, avant tout, exister dans les yeux de son mari. Elle ne chante juste qu’une seule fois, lorsque son mari lui donne un regard d’amour. Si Marguerite s’appelait France, qu’attendrions- nous pour l’aimer ?

Le film est rythmé par le passage de tous les personnages devant un calvaire à la croisée des chemins, sans que jamais ils n’ y prêtent attention.

Pour retrouver la France belle, inspirée et combative, il est temps de se retrouver au pied de la croix.

 

Semaine sainte 2016, Stéphanie Bignon et Elisabeth de Malleray

Billet d’humeur de Terre et Famille


Avant de sauver le climat respectons les saisons !

« Sauver le climat », voilà la chose la plus ridicule que nous pouvions inventer !

Ridicule parce que ce n’est pas le climat qu’il faut sauver mais la vie, l’intelligence, la civilisation.

Le climat comme toutes les richesses de ce monde est une grâce, un cadeau qui s’accepte sans condition. Le climat change et il est fait pour changer. Notre travail sur cette terre est de faire au mieux pour aimer la vie, pour remercier le Créateur de ses dons.

S’interroger sur le climat quand des fraises produites en décembre voyagent en camion d’un bout à l’autre de l’Europe, quand la moindre chaussette est fabriquée en Chine à coups de trique et de chômage européen, quand le pacte Transatlantique est signé en secret depuis juillet 2015 nous annonçant pour 2016 sa cohorte de produits alimentaires modifiés et dangereux … c’est se moquer du monde ! Nos gouvernants ne sont pas au service de notre pays…mais alors au service de qui sont-ils ?

Croyez-vous fortuits ces phénomènes de fièvre catarrhale (voir article d’octobre 2015 sur terre-et-famille.fr), de grippe aviaire… à la veille de mettre en place le pacte transatlantique (TAFTA) ? Quand notre agriculture, notre industrie seront anéanties, le TAFTA s’imposera naturellement dans la sidération et la misère. Tout est orienté vers notre perte de souveraineté et notre asservissement et vers les profits toujours plus indécents d’une hyper-classe mondiale.

Sauver le climat quand on ne respecte pas les saisons c’est du volontarisme révolutionnaire. La réalité de l’échelon local est méprisée au profit de l’idéologie et de la toute-puissance du Régime globalisateur. Le propre de l’idéologie est de s’intéresser à l’universel, au global sans partir du particulier. La méthode est toujours la même et nous la retrouvons dans la planification agricole communiste, dans le calendrier révolutionnaire avec ses mois de pluviôse où il était censé pleuvoir ! Sauver le climat sans se soucier des saisons, c’est  nous inventer une guerre pour nous détourner du réel, c’est nous proposer l’abstraction sans l’incarnation, c’est nous imposer le tumulte des élections régionales alors que nos métabolismes à cette saison et par ces courtes journées aspirent naturellement au calme de l’Avent !

Voici des années que j’essaye de vivre plus profondément cette période où la lumière décline doucement, où la vie se meurt provisoirement avant d’entrer dans la gestation hivernale avec l’allongement du jour, le retour de la lumière… Noël se mérite, s’attend, se savoure, s’approfondit… dans l’Avent. Non, Noël n’est pas seulement la vitrine illuminée des grands magasins, c’est Le Cadeau suprême du Créateur à ses créatures : la liberté d’enfant de Dieu, la liberté de cheminer personnellement vers la lumière, de se soustraire à l’arbitraire de régimes illégitimes, par l’esprit d’abord. Noël c’est la possibilité de sortir enfin de la grotte de Platon, celle où nous étions tous enfermés et soumis à une montagne d’images (Bilderberg en allemand…) infantilisantes, aguichantes ou terrorisantes et nous confortant dans l’illusion de vivre… Et au lieu de pouvoir me laisser aller à ces méditations automnales de l’Avent, je suis contraintes de subir les élections régionales et leurs campagnes insignifiantes. Je suis condamnée à redescendre au fond de la grotte , au fond du gouffre de l’illusion démocratique…

Bien sûr nous gardons l’espérance et nous pourrions voir dans ces élections une certaine réaction … Mais il faut aller jusqu’au bout du raisonnement et réaliser que tout de nos vies est décidé à notre place (naissance, éducation, mariage, mort…) par un système de plus en plus jacobin et mondial auquel toute formation politique doit faire allégeance pour exister. Pour la République française, grande inspiratrice de ce système, le Droit remplace la morale et la transcendance. Elle prétend se suffire à elle-même. Elle est compatible avec tout sauf avec ce qui la dépasse et c’est pour cela qu’elle est profondément anti-chrétienne. Ainsi, ce qui la dépasse, ce n’est pas l’abattage halal sanguinaire, violent et dangereux, ce sont les crèches toujours humbles et apaisantes…

Que veut-on quand nos jeunes chantent « kiss the devil » entrainés par le groupe « Eagles of Death Metal » qui milite pour l’usage de la drogue et la pornographie et se font tuer par des commandos nourris par nos impôts ?

Que veut-on quand à Anzy le Duc le vitrail de la Sainte Croix est menacé de remplacement par une « œuvre »  contemporaine-financière  (voir terre-et-famille.fr novembre 2015) ?

Que veut-on quand au lieu de nous laisser vivre cette fin d’année dans le calme nécessaire aux bilans, aux réflexions, aux rythmes biologiques ralentis et à l’Avent, on nous impose la campagne électorale ?

Qui commande, qui préside à la destinée de notre pays pour que rien n’échappe à la perversion ?

Profitons de cette période de l’Avent pour méditer…

Stéphanie Bignon, Terre et Famille, Décembre 2015

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Souriez, on vous assassine… !

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Souriez, on vous assassine…. !   (octobre 2015)

Lors de conversations sur l’actualité trépidante, immigration massive d’invasion, niveau scolaire délabré, policiers dans la rue, chômage en hausse… qui n’a pas entendu dans son entourage : « que voulez-vous que nous fassions c’est la marche du monde depuis le péché  originel », « c’est le sens de l’Histoire » ou «c’est comme ça, nous n’y pouvons rien » ou encore « notre pays doit savoir changer pour s’adapter à la mondialisation ».… Et pendant ce temps notre industrie trépasse, nos agriculteurs se suicident et nos pécheurs disparaissent. Tous ces renoncements ne sont pas très catholiques, gare à l’hérésie!

La méthode d’éradication de notre identité française est à la fois douce et violente et est appliquée partout, dans tous les domaines pour que notre patrimoine, notre mémoire laissent le champ libre à des appétits démesurés de profit et de destruction.

Dernier exemple en date, celui de l’élevage bovin en Charolais-Brionnais (71), l’un des symboles de l’excellence française. Le 11 septembre 2015 les éleveurs de bovins apprennent des autorités sanitaires, par un simple courrier électronique  qu’en  raison de la fièvre catarrhale, toutes les exportations sont stoppées … Cette fièvre est transmise par un moucheron en période de sécheresse et elle n’est pas contagieuse ni pour les animaux, ni pour l’Homme. Les anciens l’appelaient la maladie de la « langue bleue » et ne se sont jamais laissé impressionner par elle. Mais aujourd’hui c’est la guerre totale à la « langue bleue » et la zone concernée a été décrétée «périmètre rouge» ! Les bêtes peuvent être conduites à l’abattoir mais aucune ne peut sortir vivante de la zone… à moins d’avoir fait l’objet d’une analyse sanguine pour un coût total de 20 Euros par tête à la charge de l’exploitant… ou d’avoir été vaccinée pour 2 Euros par tête (tarif de 2008) et en partie pris en charge par l’état !! (Ces éléments sont en cours de négociation.)

Pourquoi vacciner contre une maladie non contagieuse, transmise par un moucheron en période de sécheresse… ? Nous sommes à l’entrée de l’automne, il fait 5 °c le matin, le moucheron est mort mais les administratifs et les financiers veillent. Tous deux, agents de la globalisation, comptent bien tirer le meilleur profit de la fièvre bovine. Tels des vampires, les agents de l’administration sanitaire vont s’assurer que les bêtes ne sortiront pas du « périmètre rouge »  vers l’export sans avoir reçu leur dose de molécules fabriquées par le laboratoire Merial. Merial est l’unique fournisseur de ce vaccin et par chance il lui restait quelques invendus après l’épidémie de 2007… ! De qui se moque-t-on ? La dose de vaccin et l’analyse sanguine sont pris en charge par l’éleveur et l’Etat  …. avec notre argent ! La prise de sang 10 fois plus onéreuse que la vaccination est prescrite pour les échanges en France car les vaccins, en nombre insuffisant, sont réservés aux  bovins destinés à l’export  pour l’engraissement.  Par ailleurs, les éleveurs du Charolais ayant noté une baisse de  fécondité chez leurs géniteurs mâles et femelles après  les vaccinations de 2007, refusent ce vaccin.  Les fossoyeurs de notre agriculture sont bien identifiés  et agissent par la pression administrative d’une part et la recherche de profits immédiats d’autre part.

Comme le dit Christine, dont la famille est à la tête d’une exploitation agricole et d’un négoce de bovins : « ç’est trop ! Quelle autre profession subit un chômage technique du jour au lendemain ? Et à qui profite cette humiliation qui consiste à vacciner systématiquement toutes les bêtes destinées à l’export vers l’Italie et l’Espagne? »

Les éleveurs étaient sortis de la sécheresse et arrivaient à la période des ventes d’avant l’hiver, période déterminante pour le commerce et la santé financière des entreprises familiales agricoles. La crise sanitaire savamment orchestrée provoquera une crise économique dans le monde de l’élevage français déjà en difficulté. Ce qui laisse le champ libre aux importations de viande aux hormones d’outre Atlantique.

Dans le même temps, nos politiques qui ne pensent, soit disant, qu’à la prospérité de notre pays nous imposent en l’espace d’un an de regrouper nos communes en communauté de communauté de communes de 15000 habitants minimum… voilà une préoccupation qui prouve combien ils veulent assécher, drainer, jusqu’à la stérilité le terrain.

Les fermes familiales, les PME, les artisans et les petites communes doivent disparaitre pour laisser la place à de grandes agglomérations, de grandes exploitations intensives. Le pouvoir et l’argent sont toujours plus concentrés entre les mains de quelques-uns. Rappelons au contraire les propos de  Chesterton selon lesquels le vrai capitalisme morcelle le capital. La manipulation en cours est une insulte à l’intelligence, mais « plus c’est gros plus ça marche » aurait dit Lénine. Nous serions en train de décentraliser… en centralisant toujours plus, en éloignant toujours plus  les centres de décisions du peuple !

Nous devons comprendre vite la machination qui touche tous les secteurs. Nos pêcheurs bretons sont aussi remplacés par des grandes entreprises avec des flottes et des moyens de pêche surdimensionnés et dévastateurs pour l’océan. Le produit de ces pêches industrielles est chargé depuis d’immenses criées dans de gros camions pour approvisionner les toujours plus grandes agglomérations. Les ménagères bretonnes n’ont plus accès au poisson frais et les marins se retrouvent « à la côte », comme à Erquy dans les Côtes d’Armor  où ils se consolent en admirant leur bateau de pêche rempli de géranium, juché sur un rond-point pour accueillir le touriste !

La colère doit nous prendre, la sainte colère, celle du Christ face aux marchands du temple ! Le monde ne doit pas admettre la loi du marché et la spéculation comme étant son alpha et son oméga. Nous sommes sur cette terre pour déjouer ces tentations et ces dérives de notre liberté de créature de Dieu. Retrouvons le cœur sacré de Jésus au cœur de nos vie et agissons là où nous le pouvons ! L’esprit doit réoccuper la première place avant l’appât du gain. L’esprit a besoin de liberté. Saisissons cette liberté et restaurons nos églises à nos frais, avec notre travail et organisons des chapelets … Reprenons, de cette façon, possession du cœur de nos villages et en cercles concentriques retissons les fibres de la famille, de la paysannerie, de l’artisanat et de la petite industrie  qui ont fait notre pays. Que les petites paroisses renaissent grâce à nous et viennent au secours des communes, vite !

Stéphanie Bignon