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Sang des martyrs, semence de Chrétiens

extrait du martyrologe 30 septembre

 A Bethléem de Juda, la mise au tombeau de saint Jérôme prêtre, confesseur et docteur de l’Eglise. Il se rendit habile en toutes sortes de sciences, devint l’imitateur des parfaits solitaires, et par le glaive de sa doctrine extermina plusieurs monstres d’hérésie. Parvenu à une extrême vieillesse, il s’endormit dans la paix et fut inhumé auprès de la crèche du Sauveur. Dans la suite, son corps, porté à Rome, fut déposé dans la basilique de Sainte-Marie-Majeure.

À Rome, en 1572, saint François de Borgia, prêtre. Après la mort de sa femme, dont il avait eu huit enfants, il quitta les dignités du siècle et refusa celles de l’Église, entrant dans la Compagnie de Jésus, dont il fut élu préposé général, vraiment remarquable par l’austérité de sa vie et son don d’oraison.

A Lisieux, en France, l’anniversaire de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, de l’Ordre des Carmes déchaussés. Très illustre par l’innocence et la simplicité de sa vie, elle a été inscrite au catalogue des saintes Vierges par le souverain pontife Pie XI, qui l’a proclamée patronne spéciale de toutes les Missions et a fixé sa fête au 5 des nones d’octobre (3 octobre).

A Rome, saint Léopard martyr, l’un des officiers de Julien l’Apostat. Il eut la tête tranchée et son corps fut dans la suite transféré à Aix-la-Chapelle.

A Soleure, en Gaule, la passion des saints martyrs Victor et Ours, de la glorieuse légion thébaine. Sous l’empereur Maximien, ils souffrirent d’abord de cruels supplices, mais ils furent délivrés lorsqu’une lumière céleste brillant sur eux terrassa leurs exécuteurs. On les jeta plus tard dans un brasier, mais ils n’en reçurent aucun mal. Ils périrent enfin par le glaive.

Le même jour, saint Grégoire, évêque de la Grande Arménie. Après avoir beaucoup souffert sous l’empereur Dioclétien, il reposa en paix, au temps de l’empereur Constantin le Grand.

A Rome, sainte Sophie veuve, mère des saintes vierges et martyres Foi, Espérance et Charité.

Et ailleurs, on célèbre la mémoire de beaucoup d’autres saints martyrs, confesseurs et saintes vierges. Rendons grâces à Dieu.

Poterie, cours de tournage tout au long de l’année : Michel et Claire BLANC MATHEVON, Atelier du Grand Bois, 71800 ST CHRISTOPHE EN BRIONNAIS, Tél : 03 85 25 92 16, www.poterie-atelierdugrandbois.fr

Cours de cuisine donnés à l’Auberge de Briant, (une fourchette au guide Michelin). tel : 03 85 25 98 69

Stéphanie Bignon (06 50 95 13 80)

Elisabeth de Malleray (06 52 45 21 00)

            

« Venez, rebâtissons les murs de Jérusalem ! » (Néhémie, II, 17)

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La Jérusalem en ruines que Zorobabel, Esdras et Néhémie découvrirent à leur retour de Babylone n’est pas sans analogie avec le triste état de notre pays : portes incendiées, murailles abattues, quartiers ravagés, sanctuaires rasés, population avilie, abandonnée de ses élites et méprisée de l’étranger (Néhémie, II, 13-17).

     De ce désastre, Dieu avait dénoncé depuis longtemps les causes (Ezéchiel, VII, 23-24) : « le pays est plein de jugements sanguinaires et la ville est remplie d’iniquité. Je ferai venir les plus méchants des peuples, et ils s’empareront de leurs maisons ; je ferai cesser l’orgueil des puissants, et on possédera leurs sanctuaires. L’angoisse survenant, ils chercheront la paix, et il n’y en aura pas. Il viendra épouvante sur épouvante, et rumeur sur rumeur ; et ils demanderont des visions aux prophètes, et la loi fera défaut aux prêtres ; et le conseil aux anciens. Le roi sera dans le deuil, le prince couvert de tristesse, et les mains du peuple du pays trembleront ; je les traiterai selon leurs oeuvres, et je les jugerai selon leurs jugements, et ils sauront que je suis le Seigneur ».

     Après soixante-dix ans d’expiation, le temps de la Miséricorde sonna enfin et les Juifs regagnèrent leur patrie avec l’injonction de Cyrus de rétablir le culte à Jérusalem. Telle fut l’oeuvre principale de Zorobabel qui restaura le sacrifice quotidien avant même d’avoir jeté les fondements du temple (Esdras, III, 6). Et ce n’est qu’après le rétablissement de la discipline ecclésiastique dans sa stricte observance que s’amorça l’érection du sanctuaire.

    Esdras avait, quant à lui, « préparé son coeur pour étudier la loi du Seigneur, pour exécuter et enseigner dans Israël des préceptes et des ordonnances » (Esdras, VIII, 10). Il se voua donc durant des années au « réarmement spirituel » de la population par l’enseignement et l’exemple de la foi et de la morale (Esdras, VII, 25). Alors vint le temps de Néhémie, qui récolta ce que ses prédécesseurs avaient patiemment cultivé. Le redressement spirituel de Jérusalem rejaillit enfin dans l’ordre politique : « se réjouissant de voir les prêtres et les lévites à leur poste » (Néhémie, XII, 43), les Juifs, réconciliés avec Dieu et eux-mêmes, rebâtirent les murs de la cité, une main à l’ouvrage, l’autre sur l’épée.

     Cet épisode glorieux de l’Histoire Sainte nous enseigne la démarche politique véritablement féconde, à rebours de l’agitation militante savamment entretenue en France ! Quelle que soit la cause, on nous trouve toujours de nouvelles raisons de courir. Pardon ! de nous « mobiliser ». Vous devez aujourd’hui sauver la France comme vous deviez hier sauver l’église Sainte-Rita de Paris, quitte à sacrifier des vacances méritées avec votre famille à l’autre bout du pays : « c’est maintenant ou jamais » (La Manif pour Tous), « avant qu’il ne soit trop tard », car « nous ne pouvons plus attendre » (Pétition Vos couleurs) : signez en bas à droite et embrigadez-vous derrière sainte Jeanne d’Arc, de Gaulle et les sauveurs de la Nation que l’on vous désignera, sous peine de passer pour des « couards » aux yeux de la « droite conservatrice » (Boulevard Voltaire 14 septembre 2016 – Vos couleurs : parce que cette présidentielle est la dernière avant la  tempête).

     Zorobabel, Esdras et Néhémie ne nous ont-ils pas montré que c’est la prière qui édifie les églises, la sainteté qui affermit les peuples ? Si un sanctuaire s’effondre c’est que ses fidèles « naturels » l’ont depuis longtemps déserté : Dieu s’est juste lassé de les y attendre. Il y aura toujours assez d’églises et de prêtres pour les catholiques fervents mais pour étendre à nouveau sur la France son blanc manteau, point besoin d’actions spectaculaires, d’agitation médiatique sans lendemain. Que chacun investisse à nouveau son église paroissiale, ne serait-ce qu’en y allumant un cierge, en y récitant le chapelet, en y faisant sonner l’Angélus. Que l’on y rétablisse, dans ses formes vénérables, le sacrifice eucharistique, cet extraordinaire face-à-face avec Dieu ; ce qui suppose déjà que les prêtres perdent la fâcheuse habitude de se réunir pour concélébrer au lieu de se répartir chacun dans les clochers environnants. De même ne faut-il pas s’étonner que le monde tourne de plus en plus mal depuis que la Liturgie des Heures parcourt le Psautier non plus en une semaine, comme autrefois, mais en un mois. Souvenons-nous enfin que pour Mère Térésa le « plus grand malheur du monde actuel » ce n’est pas la misère, la famine, les guerres et les catastrophes de toutes sortes, mais la communion dans la main et ensuite l’avortement, le manque de respect vis-à-vis de la Personne divine du Christ entrainant inéluctablement le mépris de la personne humaine.

     Malgré 600 morts innocentes par jour, 220.000 par an, l’avortement, ce jugement sanguinaire qui emplit nos villes pour reprendre l’expression d’Ezéchiel, n’est pas considéré par les « catholiques aconfessionnels » de la Manif pour Tous comme une priorité politique puisqu’il n’en est nullement question dans les quarante propositions du mouvement pour 2017. Ce sujet fut également occulté au Rendez-vous de Béziers comme un obstacle à l’unité des droites ! L’important est d’être unis, du moins d’en donner l’apparence numérique car « depuis les manifs pour tous, preuve a été faite que nous autres, piétaille dite « de droite conservatrice » ontologiquement docile, n’avons pour nous que notre nombre » (Boulevard Voltaire, ibidem). Voilà bien le drame de ces catholiques conservateurs, de ces chrétiens démocrates, obnubilés par l’échéancier électoral qu’on leur impose ! Ils se confient davantage dans leur nombre que dans le secours de Dieu ; un Dieu, pourtant maître du temps, le temps du châtiment comme de la Miséricorde.

     Si mon peuple m’écoutait,

si Israël marchait dans mes voies,

en un instant j’humilierais ses ennemis,

et j’appesantirais ma main sur ses oppresseurs.

(Psaume LXXX, 14-15)

L’abbé

A suivre

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Conférence le 8 octobre 2016 à Briant

Terre et Famille

en Brionnais

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Samedi 8 octobre 2016 à 20h

salle communale de Briant ( Saône et Loire)

Présentation du nouveau livre de Stéphanie Bignon :

« La chasteté ou le chaos ? »,

préface du Professeur Pierre Magnard, éditions via romana

(parution fin septembre 2016)

Puis, conférence de Régis Sorlin :

« Anzy-le-duc : les noces de Dame Veuve »

L’Eglise Romane d’Anzy-le-Duc (fin XIe-début XIIe) a conservé l’intégralité de ses modillons et de ses chapiteaux sculptés. Sur la route de Saint Jacques de Compostelle, les pèlerins s’arrêtaient dans les prieurés d’étapes où ils suivaient les parcours spirituels propres au prieuré.

Les sculptures leur devenaient claires et logiques et mille ans plus tard le message spirituel écrit dans la pierre nous est restitué…

Après la conférence, Terre et Famille vous invite à prolonger la discussion autour d’un buffet.

Stéphanie Bignon : 06 50 95 13 80 Elisabeth de Malleray : 06 52 45 21 00

terreetfamille@gmail.com
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Catholique des racines à la cime

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 A subir depuis trop longtemps leurs beaux discours sur les racines de la France, on viendrait à se demander si les essayistes, « communicants », et autres ambitieux qui aspirent à nous gouverner ont une quelconque connaissance de la nature dans toute sa réalité concrète.

On pourrait en douter lorsqu’ils nous peignent doctement un arbre aux racines d’essences différentes : la France aurait ainsi des racines chrétiennes (et même judéo-chrétiennes), celtiques, grecques, romaines, scandinaves voire arabo-musulmanes. On ne s’étonnera pas que cet étrange végétal paraisse comme cultivé en laboratoire, baignant sans doute dans une solution nutritive artificielle. Comment expliquer autrement que l’on puisse si bien détailler ses racines tout en se désintéressant de la terre qui l’aurait accueilli ? Bref, la France enracinée que l’on nous propose ne semble qu’une monstrueuse abstraction, modulable à l’envi. L’intérêt de ce « machin » ne serait-il pas de légitimer en France différentes « spiritualités » dont on pourrait éventuellement discuter de la prééminence de l’une sur les autres, pourvu que le débat restât confiné à l’héritage historique, à la dimension « culturelle et non cultuelle », c’est-à-dire sans grandes conséquences politiques concrètes ? Car quelles que soient la nature et la vigueur des racines, celles-ci ne sauraient contrarier, si elles n’y contribuent pas, l’élévation de la France « républicaine » avec la « laïcité » pour religion, la maçonnerie pour clergé et l’avortement de masse pour immolation quotidienne.

Dieu préserve notre terre de France de ce genre d’organismes génétiquement modifiés ! Car la France est plus qu’un arbre, c’est un écosystème : un arbre catholique des racines à la cime, planté dans un humus complexe, et s’épanouissant dans une lumière et sous un climat proprement providentiels.

Parler de racines catholiques, et non judéo-chrétiennes, de la France c’est distinguer la foi apostolique de celle-ci de doctrines postérieures qui lui sont par essence opposées : le judaïsme rabbinique et le protestantisme. Ce dernier est d’ailleurs si tardif qu’il ne peut être une « racine » mais une branche séparée de son tronc multiséculaire et condamnée dès lors au dessèchement.

Si l’héritage judaïque du catholicisme est indéniable, on ne peut non plus contester que cette religion venue d’Orient a su trouver en Occident une terre particulièrement propice à son développement. Les nostalgiques de l’Antiquité païenne pourraient regretter que cette semence « étrangère » soit tombée dans leur jardin mais force est de constater que, malgré tous ses efforts, le paganisme européen n’a pu empêcher que l’arbre prenne de l’ampleur. Les échanges entre la plante et son milieu sont désormais établis depuis trop longtemps pour être remis en cause.

L’arbre est le lien entre la terre et le ciel. Il synthétise la lumière et purifie l’air, favorise les pluies qui irriguent la terre et protège celle-ci de l’érosion. S’il tire de la terre les éléments qui lui sont nécessaires, il ne l’épuise pas car il produit l’essentiel de sa matière de la lumière et de l’air : il rend palpable l’impalpable. Il en enrichit même l’humus par les fruits et les feuilles qu’il répand, par la profusion de vie que suscite sa présence. Ainsi, comme une merveilleuse « agroforesterie spirituelle », culturelle parce que cultuelle, le catholicisme a-t-il tiré de l’humus païen ce qu’il avait de meilleur, s’y enracinant si profondément qu’il en a révélé des richesses qui sans lui seraient restées insoupçonnées, inaccessibles, infécondes. Il suffit de voir pour s’en convaincre comment le catholicisme sut puiser dans la littérature et la métaphysique antiques pour nourrir sa liturgie et sa théologie ; comment à l’inverse les mystères de la sainte Trinité, de l’Incarnation, de la Transsubstantiation élevèrent la philosophie antique bien au-delà de ses cloisonnements propres. Prôner le retour au paganisme européen suppose nier cette harmonie millénaire et comme on ne peut ramener le chêne à l’état de gland, il faudrait l’arracher, ce qui tuerait l’arbre et exposerait une terre, qui en fait n’est plus aussi païenne qu’autrefois, à être lessivée par les intempéries et desséchée par l’ardeur du soleil jusqu’à la stérilité définitive.

L’on m’objectera que cette religion n’est pas de « chez nous », que le dieu chrétien est le dieu des Hébreux, pas celui des Européens, celtes, grecs ou romains ; mais ce n’est pas comprendre ce qui distingue fondamentalement le catholicisme, religion incarnée, de ces formes de néo-paganisme, religion « identitaire ». C’est ne pas distinguer ce que j’appellerais « la religion de la filiation (divine) », « la religion du Sang » qu’est le catholicisme, de ces multiples « religions du  sol », se reconnaissant mutuellement dans un parfait relativisme, pourvu que chacune restât sur son territoire supposé historique. Reconnaître des dieux propres à chaque territoire, c’est penser que ce sont les peuples qui se créent leurs dieux alors que la Bible nous révèle au contraire que c’est Dieu qui se constitue son peuple, un peuple tiré de la descendance d’Abraham et de toutes les nations (Apocalypse, VII, 4-9 : Et j’entendis le nombre de ceux qui avaient été marqués du sceau [de Dieu] : cent quarante-quatre mille, de toutes les tribus des enfants d’Israël, étaient marqués du sceau…Après cela, je vis une grande multitude, que personne ne pouvait compter, de toute nation, de toute tribu, de tout peuple, et de toute langue…).

En effet, Dieu n’est pas plus hébreu, qu’européen ou chinois. Il est le Tout Autre. Il échappe totalement à ce monde parce qu’Il en est le Créateur. Il est hors de la Création mais Il s’est révélé à nouveau à elle, après la Chute, par le peuple hébreu. Accomplissement définitif du judaïsme, le christianisme a ensuite propagé la Révélation dans le monde entier, pénétrant chaque culture locale pour la purifier, l’élever, la sanctifier et étendre ainsi la multitude des enfants de Dieu, tout en respectant l’identité naturelle de chacun. C’est ainsi que ce Dieu qui adopta les traits d’un Juif de Palestine voici 2000 ans, assume depuis diverses représentations à travers le monde selon les spécificités locales compatibles avec la foi : Il est juif avec les Juifs, grec avec les Grecs, chinois avec les Chinois, tout en demeurant le seul Seigneur de tous, le Père des adorateurs en esprit et en vérité (Jean, IV, 23).

Annoncez sa gloire parmi les nations, ses merveilles parmi les peuples.

Car le Seigneur est grand et infiniment louable ; il est plus redoutable que tous les dieux.

Car tous les dieux des nations sont des démons ; mais le Seigneur a fait les cieux.

(Psaume XCV, 3-5)

L’abbé

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Conférence du 2 juillet à Briant

Terre et Famille

en Brionnais

cropped-Logo-officiel-IMG_3336-1.jpg Samedi 2 juillet 2016 à Briant ( Saône et Loire)

19h00

Visite de « L’Escargot Brionnais »

Lieu-dit Vaux, 71110 Briant

Ferme hélicicole (élevage d’escargots) proposant des escargots cuisinés en vente directe mais également la visite détaillée de l’élevage d’escargots.

20h30

Conférence en salle communale

«l’ Euthanasie  stade ultime du capitalisme »

par Jean Claude Martinez

Le mal de celui qui veut mourir vient de plus loin que la maladie qu’ il affronte.

Jean-Claude Martinez, professeur agrégé de droit et de sciences politiques à l’université de Paris II, ancien député européen et national, est le fondateur du REV, le Rassemblement Européen pour la Vie. Vingt ans député au Parlement européen, il a une vision globale des problèmes politiques du monde.

Après la conférence, Terre et Famille vous invite à prolonger la discussion autour d’un buffet…

Stéphanie Bignon : 06 50 95 13 80 Elisabeth de Malleray : 06 52 45 21 00

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Pas d’effusion de sang sans assurance de pardon

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Cf. chronique précédente « Pas de pardon sans effusion de sang » (http://terre-et-famille.fr/pas-de-pardon-sans-effusion-de-sang/)

La prise de conscience de notre péché pourrait bien sûr nous mener au désespoir, comme nous y incite si souvent l’Ennemi. Mais ce serait oublier que, par son principe pris a contrario, l’effusion de sang est la garantie de notre pardon puisque c’est par elle que se renoue l’Alliance, pourvu que nous nous assimilions à la victime expiatoire. Soyons-en bien convaincus : en toute justice, « la terre ne peut être autrement purifiée que par l’effusion de celui qui aura versé le sang innocent » (Nombres, XXV, 33b). Les personnes qui se repentent d’avoir eu recours à l’avortement ressentent souvent le poids de cette culpabilité sans trouver d’apaisement dans le discours édulcoré sur la Miséricorde qu’on leur sert trop souvent. Rongées par leur conscience, elles souhaiteraient subir la justice divine jusqu’à l’anéantissement si cela pouvait rétablir l’harmonie de la Création à laquelle leur péché a porté atteinte. Si nous pouvions tous ressentir une componction comparable pour tout péché grave qui, à lui seul, nous expose à la mort éternelle !

S’Il ne nous avait pas considérés comme des êtres libres et raisonnables, c’est-à-dire responsables de leurs actes, Dieu ne se serait pas formalisé de la rébellion de nos premiers parents, de celles d’Israël comme des nôtres. Comme un père éduque ses enfants, quitte à se faire violence en usant d’autorité, Il a souhaité au contraire nous faire connaître les conséquences du péché pour que l’horreur de celui-ci s’imprime profondément en nous. Mais Dieu qui ne cherche que la conversion du pécheur ne le châtie jamais autant qu’il le mériterait (« C’est Lui qui nous a châtiés à cause de nos iniquités ; et c’est Lui qui nous sauvera à cause de sa miséricorde », Tobie XIII, 5). Dieu s’expose même à la mort à notre place et nous fait bénéficier des fruits de la Satisfaction. Incorporés au Christ par la foi et les sacrements, nous que nos péchés condamnent, nous mourrons avec le Christ : à chaque messe à laquelle nous nous associons, Son corps est notre corps, Son sang notre sang, Son sacrifice notre sacrifice. Face à la tentation du désespoir, la Sainte Messe nous assure que « celui qui est mort est justifié du péché » (Romains, VI, 7).

Une seule goutte du Très Précieux Sang du Christ aurait suffi à racheter l’humanité toute entière mais Dieu ne sait donner qu’à profusion : Il n’aspire qu’à se donner Lui-même. Ainsi, au-delà de l’horreur du péché, l’effusion de sang nous enseigne-t-elle l’amour absolu du Fils pour son Père et pour ses frères que nous sommes. Car ce qui est sacrifice, ce n’est pas l’immolation, la souffrance, la mort, c’est l’offrande intérieure que le Christ fait de sa souffrance et de sa mort, le don de sa vie à Dieu pour qu’Il en fasse la vie du monde. La valeur de cette offrande, c’est l’amour par lequel Il communie entièrement à la Volonté du Père, à son Amour salvateur pour le monde. Un amour qui est don de soi jusqu’à la perte de soi-même, et qui est aussi totale confiance en Celui qu’on aime. Bien infiniment plus grand que tout le mal qui a submergé le monde (Père Marie-Joseph Nicolas, La Grâce d’être prêtre). Chaque messe nous offre dès lors l’occasion de nous laisser davantage assimiler à la Victime qui nous emporte dans cette offrande totale, d’amour, de réparation, de simplification, « cette glorification de Dieu par sa créature dans laquelle s’évanouiront peu à peu tout le mal et toute la souffrance du monde » (ibidem).

Quand on commence à servir Dieu véritablement, le moins qu’on puisse lui offrir, c’est le sacrifice de sa vie.

Sainte Thérèse d’Avila,  Le Chemin de perfection, Chapitre XIII

L’abbé

Médecin de campagne

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Médecin de campagne. Sorti en mars 2016 (1h 42min). Film français de Thomas Lilti. Avec François Cluzet et Marianne Denicourt.

Cette comédie dramatique sort des programmations du printemps sur la pointe des pieds. Ce n’est peut-être pas un chef d’œuvre mais un film vrai avec des regards donnés, profonds, intenses comme le sont les mots entourant la vie et la mort. Avec des mains qui servent, soignent et se touchent.
Médecin de campagne donne à voir le rôle de celui qui panse les plaies du corps, écoute et conseille. Il connaît ses brebis, elles écoutent sa voix. Le vrai berger, le curé du village, est absent du film… comme c’est le cas dans beaucoup de campagnes. Mais le médecin généraliste est là. Pour combien de temps encore ? Il faut une âme quasi sacerdotale pour tenir.
François Cluzet conquiert le spectateur et en fait un compagnon dès les premières scènes. Il est seul puisque sa femme est partie avec les enfants. Toutes les générations défilent dans son cabinet, toutes les pathologies aussi, y compris celles de l’âme. Pour guérir, il faut comprendre. Pour comprendre, il faut aimer. Il aime les gens. Il va à leur rencontre, dans une tournée sans fin des fermes et des pavillons.
C’est ce quotidien qu’il va partager avec une jeune femme médecin venue le seconder… Il n’a pas souhaité sa présence et, un rien macho, doute de ses capacités à s’adapter à la médecine rurale. De sévères secousses seront nécessaires pour qu’il lâche un peu les rênes.
La promesse faite à un vieil homme en fin de vie de le laisser mourir chez lui conduit le médecin de famille à commettre un geste fou pour le sortir de l’hôpital ! Entouré d’une équipe de petites mains qui se succèdent à son chevet, il quitte la vie en homme libre, et non attaché sur un lit inconnu, relié à des fils et des tuyaux. De très belles images de ce vieillard mort, de la toilette mortuaire effectuée avec un infini respect, comme un hommage rendu à sa personne pleine de dignité. Ce sont des scènes rares au cinéma.
Quand la vie survient sans être entourée d’amour, l’avortement n’est pas loin. Les campagnes ne sont pas épargnées. Le film traite le sujet humainement à travers une jeune fille paumée prête à donner la vie, puis à la retirer sans grande conscience. L’écoute chaleureuse, la présence rassurante et ferme du médecin laissent percer l’intensité du drame et orientent vers le choix de la vie. Les mots et les regards sont justes.
Médecin de campagne marque durablement la mémoire parce qu’il évoque des situations vraies comme le ferait un reportage, servi par le talent d’excellents acteurs et un scenario pudique et juste. Restent beaucoup de visages et de situations cocasses, des personnes attachantes que l’on croit dur comme fer avoir rencontrées.

S’il n’est plus diffusé dans votre cinéma, ne manquez pas sa sortie en DVD.
Il mérite d’être vu, revu et partagé.

Valérie d’Aubigny