Depuis sa cellule, Reiner Fuellmich lance : « Les monstres ne m’ont pas eu… et ils vont payer ! »

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Un cri de défi venu des profondeurs de la prison allemande.

Le 19 avril 2026, l’avocat et ancien animateur du Comité Corona, Dr Reiner Fuellmich, a fait parvenir une longue déclaration explosive à ses dizaines de milliers d’abonnés sur Substack. Incarcéré depuis son arrestation spectaculaire au Mexique en 2023, l’homme qui s’était fait connaître pour ses enquêtes virulentes sur la gestion de la pandémie de Covid-19 ne semble pas avoir perdu une once de combativité. Au contraire : il affirme que son procès était « bidon », qu’il a été victime d’un enlèvement et de « torture blanche », et qu’il tient enfin les preuves pour faire s’écrouler toute l’affaire.

Le contexte en quelques mots

Reiner Fuellmich, avocat spécialisé dans les actions collectives, avait créé avec d’autres le « Corona Investigative Committee » pendant la pandémie. Objectif affiché : réunir des preuves pour des poursuites internationales contre les responsables politiques, scientifiques et économiques de ce qu’il qualifiait de « plus grande fraude de l’histoire ». Des dons importants ont afflué. Mais en Allemagne, il est accusé d’avoir détourné une partie de ces fonds via des contrats de prêt fictifs à son profit et à celui de proches. En avril 2025, un juge l’a condamné à une longue peine de prison. Fuellmich a toujours crié au complot et au procès politique.

Les deux « bombes » de sa nouvelle déclaration

Dans son texte, Fuellmich explique que deux événements récents ont tout changé et lui permettent de renforcer sa plainte civile en dommages et intérêts (qu’il qualifie d’« indestructible »).

La « confession involontaire » de Viviane Fischer
Son ancienne co-animatrice du Comité Corona a publié fin décembre 2025 un article sur sa propre plateforme. Elle y écrit explicitement que les fameux contrats de prêt étaient « des contrats fictifs ». Or, lors du procès, les témoignages (le sien et ceux de deux avocats berlinois, Justus Hoffman et Antonia Fischer) étaient beaucoup plus flous ou contradictoires. Pour Fuellmich, c’est la preuve que plusieurs personnes ont menti devant la justice. Le juge Schindler aurait construit sa décision sur un « accord secret implicite » qui n’existerait nulle part par écrit ni même verbalement. Résultat : selon lui, la condamnation repose sur du sable. Il appelle même à des enquêtes pour faux témoignage et « perversion de la justice » contre le juge.

Les liens supposés avec un réseau Epstein
Deuxième choc : une ordonnance du tribunal de Göttingen lui fait penser que ses persécuteurs (ceux qui ont orchestré son extradition du Mexique) appartiennent ou protègent un milieu lié à l’affaire Jeffrey Epstein. Il évoque des abus rituels sur enfants, des « mangeurs de bébés » (selon ses propres termes), et des investissements massifs des ultra-riches dans la pandémie. Il cite notamment les fichiers Epstein et un rôle supposé de Bill Gates.

 « Tout cela va être investigué et exposé dans les moindres détails », promet-il, en précisant que ses équipes travaillent déjà sur un plan « en dehors des systèmes judiciaires corrompus du monde occidental ».

« Rien ne m’a brisé »

Le ton de la lettre est particulièrement fort. Fuellmich raconte les conditions de détention qu’il décrit comme sadiques et sataniques (« white torture » : isolement, privations sensorielles, pressions permanentes). Pourtant, il martèle :

« Juste pour rassurer tout le monde, je suis toujours debout. Rien de ce que les monstres ont fait pour me briser et me faire taire n’a fonctionné. »

Il assure que ces expériences lui ont même renforcé la conviction que les prisons ne sont pas nécessaires : « les monstres seront éliminés autrement ». Et il conclut sur une note d’espoir militant :

« Nous allons vivre dans un monde humain, propre… notre monde, sans aucun monstre. »

Pourquoi cette déclaration fait-elle autant de bruit ?

Pour ses nombreux soutiens (qui le voient comme un lanceur d’alerte persécuté), c’est la confirmation que l’affaire dépasse largement un simple litige financier : il s’agirait d’une vengeance du « deep state » contre celui qui voulait juger les responsables de la pandémie.

Pour ses détracteurs, ces accusations relèvent de la théorie du complot, mélangeant faits judiciaires et fantasmes (Epstein, rituels, etc.). L’affaire reste hautement controversée : les autorités allemandes maintiennent qu’il s’agit d’un dossier de droit commun sur des détournements de dons.

Quoi qu’il en soit, même enfermé, Reiner Fuellmich continue de mobiliser. Sa nouvelle plainte civile mise à jour et son appel à contourner les tribunaux traditionnels pourraient relancer le débat judiciaire et médiatique dans les mois à venir.Un combat qui ne s’arrête pas aux barreaux.
Que l’on adhère ou non à sa vision du monde, le personnage force le respect par sa ténacité. Reste à savoir si ses nouvelles « preuves » tiendront devant une justice qu’il accuse elle-même d’être aux mains des « monstres ». L’avenir, comme toujours, tranchera.

Ndlr : basé sur la déclaration officielle de Dr Reiner Fuellmich du 19 avril 2026. Les éléments rapportés sont présentés comme ses affirmations personnelles ; ils font l’objet de procédures en cours.

Source : France Soir

Le témoin capital par Slobodan Despot

Benoît Paré a travaillé pendant neuf ans pour l’OSCE, et dans la zone la plus critique du continent. Il y a été témoin d’événements qui ne laissaient pas sa conscience en paix. A son retour, il a publié un livre au titre simple et direct: Ce que j’ai vu en Ukraine. Ce qu’il y a vu, il a aussi été le seul, dans notre partie du monde, à l’exposer de manière précise et documentée. Depuis, il a publié la suite de son témoignage et quitté l’Europe.
Je n’ai rencontré Benoît Paré qu’une seule fois. C’était dans une ville lointaine, hors d’Europe. Je savais qu’il avait publié un livre capital sur la préhistoire de la guerre actuelle en Ukraine, mais ne comprenais pas ses précautions. Paré est un homme discret et mesuré, d’allure austère, mais avec un besoin impérieux et urgent de raconter et de se raconter. Ce qu’il a à dire constitue une réfutation radicale du narratif dominant sur la crise majeure qui secoue l’Europe — et aussi, par extension, de tout ce que les populations sont invitées à croire au sujet des conflits mondiaux.
Lors de notre entrevue, Benoît Paré m’a fait part de quelques thèmes et observations qui n’avaient pas trouvé place dans ses livres. Il m’a aussi esquissé son très singulier parcours de vie. J’ai longtemps ruminé cette rencontre. J’ai pensé que l’histoire de ce témoin évadé donnerait aussi de quoi méditer à nos lecteurs.
L’Empire du mensonge
Ukraine: la grande manipulation, le deuxième ouvrage de Benoît Paré, annonce la couleur dès le titre. Ce volume de presque 500 pages, bardé de notes et de documents, regroupe les articles de presse écrits par l’auteur sous pseudonyme, essentiellement dans France Soir, entre 2022 et 2024, alors que la guerre «cinétique» comme la guerre de propagande battaient leur plein. On y retrouve des noms de lieux et des sujets qui ont fait les grands titres, mais éclairés ici d’une lumière très différente: la maternité de Marioupol, le carnage de la gare de Kramatorsk, le massacre de civils de Boutcha. Dans la mémoire du grand public occidental, façonnée par les médias de grand chemin, il s’agit de crimes hideux de la Russie justifiant toutes les sanctions contre l’envahisseur, voire une guerre nucléaire. Dans les faits minutieusement rassemblés, recoupés et triés par un professionnel de la collecte de renseignements, ils apparaissent comme les chapitres d’une vaste et vicieuse entreprise de polarisation et de lavage de cerveaux. Même pour qui connaît assez bien les coulisses des guerres de propagande, cette lecture ouvre davantage de questions qu’elle ne fournit de réponses.
Qu’est-ce qui vous a motivé à rassembler ces analyses journalistiques dans un livre?
C’est d’abord la gravité de la situation internationale après le début de l’opération militaire spéciale russe, et la conscience du caractère à la fois essentiel et unique de ce que j’ai vu en Ukraine, qui laissait entrevoir la vraie réalité de ce pays, loin de l’image de pays démocratique idyllique auréolé du statut de victime d’agression non provoquée que les médias occidentaux ont construite dès février 2022. Ensuite, il faut sans doute un certain courage pour assumer un discours qui va à l’encontre du narratif mis en avant par la plus grosse machine médiatique de tous les temps, celle de l’Occident d’aujourd’hui, que certains appellent l’Empire du mensonge. Il faut aussi avoir, je pense, une boussole morale sûre de sa direction, qui ne vacille pas en fonction du vent et des marées des discours à la mode.
Les enjeux de ce conflit dépassaient ma simple personne. Ce que j’avais vu et documenté n’était jamais présenté au public européen, or c’était une information essentielle pour la compréhension du conflit. Nous avions une responsabilité d’information qui n’était pas honorée. Au sein de l’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, rappelons-le. NDLR), je travaillais dans une cellule vouée à l’analyse de la dimension humaine, c’est-à-dire des violations des droits de l’homme. Seule une infime partie de tout ce que nous recueillions était présentée au public. Nos collègues même n’étaient souvent pas au courant. Nous allions directement à la source, par exemple aux audiences des procès. Personnellement, j’ai travaillé dans trois des cinq bases de l’OSCE dans le Donbass et dans les deux oblasts: Donetsk et Lougansk. Nous obtenions ainsi des informations que personne ne soupçonnait: recensements de victimes civiles, de bombardements, de procès et de condamnations. Les récits et les chiffres sur les civils tués dans le Donbass au cours de la répression lancée après 2014 par le régime issu du Maïdan ne paraissaient nulle part, sauf parfois dans la presse locale. Seules deux ou trois personnes au siège de l’OSCE à Kiev avaient accès aux données globales.
Des données, donc, qu’elles mettaient sous le tapis?
Il y avait certes un parti pris, mais aussi, et avant tout, un problème de méthodologie. Nous ne devions publier que ce que nous avions nous-mêmes vu et attesté. Tout le reste était sujet à caution et donc retenu. Mais vous voyez: l’OHCHR (Office of the High Commissionner for Human Rights), ou en français le HCDH (Haut Commissariat aux Droits de l’Homme) avait lui aussi une mission sur le terrain, avec moins de personnel. Notre cellule partageait parfois ses informations avec les gens de l’ONU, qui publiaient davantage de faits en se basant sur des témoignages concordants. De manière générale, cela dit, la répression systématique et sanglante des populations de l’est de l’Ukraine passait sous les radars. Elle n’intéressait ni les instances occidentales ni les médias. Les rares qui en étaient, comme moi, les témoins, s’accommodaient de la censure interne de nos rapports, voire s’autocensuraient, par souci de carrière et pour des considérations économiques. Il faut, à vrai dire, un «grain de folie» pour se résoudre à briser l’omerta.
C’est un paradoxe: il était immoral de laisser se développer une image aussi fausse du conflit, mais il fallait être fou pour défendre la vérité.
Mon propre père, d’ailleurs, me l’a dit: «Comment peux-tu, toi tout seul, avoir raison contre tout le monde?»
Peut-on encore dire les choses en Europe?
Pourquoi le recours à l’anonymat pour certains de vos articles?
Travaillant pour des instances publiques, soit françaises soit internationales, j’avais un devoir de réserve, plus implicite que formel. Avec ce que j’écrivais, je ne risquais plus d’être réembauché par ces instances. Ainsi, un de mes collègues à l’OSCE a simplement parlé de son travail sur une chaîne de télévision — et a aussitôt été mis en garde. En publiant mes livres sous mon nom propre, j’ai franchi le Rubicon. J’ai toujours travaillé dans le public, mais je sais que toute ma carrière au sein des structures d’État en France et en Europe est terminée.
Et c’est alors que vous prenez la décision de quitter non seulement le service public, mais encore votre pays et votre continent. Pourquoi?
J’ai lu des signes qui m’ont incité à repenser ma vie. Peu après la parution de mon premier livre, j’ai été contacté par Éric Denécé, qui trouvait que c’était un document important et qui avait commencé de le promouvoir auprès de ses contacts. Nous nous étions même rencontrés début juin 2025. Il m’avait proposé de travailler avec son institut, le CF2R. Le 7 juin encore, il m’écrivait à propos de ces projets — et puis, quelques jours plus tard, il était «suicidé». Cette thèse n’avait aucun sens.
J’ai conclu qu’Éric avait été assassiné. Or il était en en train de faire la promotion de mon livre sur l’Ukraine. On se pose des questions dans ces moments-là. Je savais que le sujet de l’Ukraine était sensible.
J’avais pris mes dispositions précédemment. Peu après survenait le deuxième signe: les sanctions ahurissantes de l’UE contre Jacques Baud et Xavier Moreau, adoptées le 15 décembre de l’année dernière. On pouvait donc s’attaquer, uniquement pour des questions d’opinion, à votre liberté de mouvement et à vos moyens de subsistance. Et radicalement.
J’ai donc décidé: si je devais continuer à m’exprimer en Europe, il ne fallait plus y demeurer physiquement.
Une critique unilatérale?
Vous décortiquez dans vos essais la désinformation ukrainienne et occidentale, du reste profondément imbriquées, mais n’abordez guère la désinformation russe. Est-ce parce que celle-ci n’existe pas? Ou qu’elle n’a pas d’impact sur les populations en Occident? Ou par parti pris?
Voilà une bonne question que personne ne m’a posée! Les journalistes de grand chemin, par exemple, auraient pu m’interpeller là-dessus…
Mais ils auraient dû alors parler de vos enquêtes, même en mal…
Oui, le silence est plus efficace. Bref. Les médias russes, tout d’abord, sont interdits en Europe. Le public n’est guère exposé à leur discours, sauf sur Telegram ou Twitter/X. Ce qui est marginal. D’autre part, on voit assez peu de propagande russe. Comme le disait Poutine à Tucker Carlson lors de leur fameuse interview: «Les États-Unis sont les grands maîtres de la propagande. Ils ont toute la presse mondiale.» Les Russes ne disposent de loin pas d’une telle force de frappe. D’autre part, nous connaissons l’imbrication de la CIA et de l’OTAN ainsi que d’instances orientées comme les fondations de Soros ou de Bill Gates avec l’appareil médiatique. Leur puissance est telle qu’ils définissent les éléments de langage eux-mêmes. Ces choses-là ne sont pas secrètes. Au temps de la Guerre froide, on a eu l’opération Mockingbird, cette entreprise visant à injecter le narratif de la CIA dans l’information de masse. Ces infiltrations et ces collusions n’ont jamais cessé.
Il suffit de s’y intéresser un peu pour voir que les médias de masse occidentaux sont tous étroitement contrôlés. Il n’y a qu’à se rappeler avec quelle unité ils ont répandu le narratif absurde du Covid sans jamais le contester. De la même manière, la réponse à l’Opération militaire spéciale russe consiste en un message entièrement unifié. La russophobie a remplacé la réflexion sur tous les plateaux.
Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas de désinformation russe…
Non, bien sûr. Mais il s’agit davantage de propagande que de manipulation. J’ai pour ma part identifié deux cas probables de désinformation. D’abord, l’idée que l’Ukraine était prête à envahir le Donbass en 2022. Le soi-disant ordre allant dans ce sens exposé au bout de quelques semaines n’était qu’un ordre de relève entre brigades, d’après un ancien collègue. Ensuite, cette rumeur qu’il y avait de nombreux officiers de l’OTAN au sein des troupes ukrainiennes. Par exemple, des Français à Marioupol. Les «preuves» tenaient à un béret de la Légion retrouvé sur place. On a aussi annoncé que des centaines de soldats étrangers avaient été tués au front, dès le début des combats, exhibant un «prisonnier français» qui parlait avec un net accent… russe ou ukrainien. Bref, c’est naïf, grossier et surtout à usage interne. Atteindre le public occidental avec toutes les barrières qu’on a mises? Peine perdue. Qui voulez-vous convaincre via Telegram? Voyez le cas de M. Makogonov, cet attaché de l’ambassade de Russie à Paris qui passait souvent dans les médias: c’était sans doute le meilleur propagandiste russe en Occident. On ne lui a pas renouvelé son visa.
De manière générale, cela est sans commune mesure avec la propagande déployée par Kiev et ses alliés, qui ne reculait pas devant les crimes sous faux drapeau pour sidérer l’opinion.
Comment démonter le «narratif»
Pouvez-vous nous en donner un exemple?
Le 8 avril 2022, un missile «Totchka U» s’écrasait sur la gare de Kramatorsk bondée de monde alors que les autorités ukrainiennes y avaient rassemblé la population pour l’évacuer. Il y eut une cinquantaine de morts. Or, hormis le fait que ce missile n’était utilisé — jusque là — que par l’armée ukrainienne, l’étude balistique montre qu’il ne pouvait en aucun cas provenir des lignes russes, mais très probablement de la garnison ukrainienne de Dobropillia (à 40 km au sud-ouest, NDLR). Le lendemain 9 avril, comme par hasard, Boris Johnson débarquait à Kiev pour persuader les Ukrainiens de ne pas signer la paix avec la Russie. C’était la couche de pression supplémentaire après l’affaire de Boutcha(1): comment traiter avec de tels assassins?
Malgré les forts doutes et l’absence de preuves, les médias occidentaux (Wikipédia compris) continuent de traiter Kramatorsk comme un crime des Russes.
S’il fallait élargir les perspectives, quelles leçons de cette situation que vous connaissez par cœur pourrait-on tirer pour la lecture d’autres conflits?
Il y a une similitude évidente avec le conflit yougoslave des années 1990. J’étais alors détaché à la Force de réaction rapide sous le commandement du général Morillon. Il y avait là des officiers qui voyaient clairement les choses. Après l’attentat de Markale attribué aux Serbes, en 1995, un officier — médecin militaire — s’était vu présenter des cadavres qui ne pouvaient être morts ce jour-là. De même, personne n’a fait état du massacre de Bratunac, précédant celui de Srebrenica — car les victimes en étaient des civils serbes, en masse. Ce ne sont que deux exemples. Le parti pris de la presse occidentale — mais non des militaires — était total.
Dans votre avant-propos, vous écrivez: «La propagande de guerre a ceci de terrible, c’est que, plus les allégations sont choquantes, moins les gens réfléchissent. Remettre en cause le narratif de Boutcha, c’est presque comme nier l’Holocauste.» Or, justement, vous mettez en cause ce narratif, comme d’autres. Ne craignez-vous pas de vous heurter à des murs? Ou, au mieux, de ne convaincre que les déjà convaincus?
Je ne doute pas que les pro-Ukrainiens les plus convaincus ne liront jamais mes livres. Mais si ma démarche permet de faire changer d’avis ne serait-ce qu’une seule personne, ou de convaincre quelques indécis, elle n’aura pas été totalement vaine. Et de toute façon, comme je l’ai dit, je considère que ma part dans le débat consiste à décrire ce que j’ai vu, et puis les conclusions que j’ai pu en tirer, et comment cela m’a aidé à analyser les événements en Ukraine quand je n’y étais plus. Au-delà, la façon dont les gens reçoivent ce que j’ai décidé de partager, du moins ceux que le message peut atteindre, ne m’appartient plus. Mais je veux pouvoir me regarder dans une glace.
Le naufrage du bon sens
Certaines des «ficelles» que vous dénoncez sont particulièrement grosses. Quelle est selon vous la manipulation la plus grossière, celle qui aurait pu le plus facilement être éventée si les journalistes occidentaux avaient fait leur travail?
Il y tant d’absurdités si évidentes qu’un enfant de huit ans verrait le problème — mais nos décideurs, non. Prenons le dynamitage de Nord Stream: comment a-t-on pu dire, et croire un instant, que les Russes avaient eux-mêmes détruit le gazoduc qu’ils avaient construit et dont ils tiraient profit? Ou encore les médias accusant les Russes de bombarder la centrale nucléaire d’Energodar. On facilitait le mensonge en laissant croire que cette centrale était dans la ville de Zaporojié alors qu’elle se trouvait dans une zone contrôlée par les Russes. Mais il était si facile de vérifier!
Qu’est-ce que ce naufrage de l’information, après ceux de la guerre de Yougoslavie, du Golfe, du 11 septembre, etc., nous dit de l’état intellectuel et moral de nos élites politiques et médiatiques?
J’ai le sentiment d’une perte effrayante de sens critique, et de simple bon sens, en Occident. Par exemple: j’ai parlé de Nord Stream avec un ancien collègue allemand de l’OSCE, ex-officier de l’armée. L’homme, par ailleurs intelligent, était convaincu que c’était un coup des Russes. Je lui ai parlé de la fameuse enquête de Seymour Hersh, imputant l’attentat aux USA. Il n’était pas au courant. «Même si c’est pas les Russes, m’a-t-il répliqué, c’est tant mieux, car ils sont mauvais: on ne doit plus rien leur acheter.» Le niveau de raisonnement! Une autre fois, j’ai eu le malheur de diffuser sur mon compte Facebook, qui est fermé, une vidéo du professeur Jeffrey Sachs expliquant qu’il y avait énormément de propagande contre les Russes. Je me suis fait agresser de manière hystérique par beaucoup de mes anciens collègues de l’OSCE, surtout des Britanniques. Sitôt que vous abordez certains sujets, vous vous heurtez à un mur. Alors qu’on parle ici de gens éduqués.
L’incapacité au dialogue a atteint des degrés gravissimes. Après le déclenchement de l’opération militaire spéciale, les réunions de l’OSCE sont devenues un théâtre ridicule où, à chaque fois qu’un représentant russe prenait la parole, tous les Occidentaux se levaient de manière ostensible, faisaient le V de la victoire face aux caméras pour bien montrer qu’on est du côté de l’Ukraine — et quittaient la salle. Donc on n’écoute même pas ce que les Russes vont dire! Ces gens-là sont des diplomates de carrière, or le rôle d’un diplomate est de discuter avec des gens avec qui vous n’êtes pas d’accord. L’écoute et le dialogue sont l’essence même de la diplomatie, or ici on est fier de ne plus parler avec l’autre. C’est un théâtre de l’absurde. Et une trahison du métier de diplomate, comme les médecins, sous le Covid, avaient trahi le serment d’Hippocrate en refusant de soigner certaines catégories de gens.
Il est particulièrement désolant pour moi de voir que mes compatriotes, les Français, se retrouvent aux côtés des Baltes et des Britanniques comme force d’entraînement de cette haine.
On a donc affaire, selon vous, à des masses de plus en plus conditionnées?
J’ai beaucoup réfléchi là-dessus. Je vois autour de moi, jusque parmi mes amis et dans ma propre famille, des gens qui, même quand vous leur mettez tous les éléments sous le nez, font comme s’ils ne les voyaient pas. Le réel ne les imprègne pas. Il ne rentre pas, il reste étranger à leur raisonnement. Je ne fais que le constater.
Mais alors je me rappelle l’expérience de Milgram qui vous prouve que la plupart des gens sont incapables de résister à l’autorité, parce qu’ils sont conditionnés pour obéir. Parce que l’idée de désobéir les fait paniquer.
Des gens capables de réfléchir par eux-mêmes verraient que ceux qui sont censés défendre leurs intérêts ne le font pas; pire même, qu’ils agissent contre leurs intérêts! Mais la plupart des gens sont incapables d’arriver à ce degré de raisonnement. C’est trop traumatisant, donc on évacue. On fait comme si ça n’existait pas.
Réalités parallèles
Le manuscrit initial de Ce que j’ai vu en Ukraine était plus gros que l’édition publiée. Le chapitre manquant concerne, semble-t-il, les problèmes de gouvernance de l’OSCE et plus largement des administrations occidentales. En quoi consiste-t-il, sommairement?
Initialement, j’avais un contrat avec un éditeur qui demandait des coupes importantes en raison du volume du livre. Il y avait tout un aspect de l’ouvrage qui lui paraissait hors sujet. Et il est vrai que c’était un autre sujet, mais il n’en est pas moins important — je prévois d’y consacrer un autre livre. Il s’agit de la gestion interne de l’OSCE, qui elle aussi nous ramène à ce problème de la perte du bon sens. Je parle surtout ici des cadres de cette organisation, et cela remonte jusqu’au sommet de la hiérarchie.
Ce que je montre par mon témoignage, c’est qu’il y avait dans cette organisation un manque de bon sens, de souci de la parole donnée et de respect des subalternes. Elle est généralement dysfonctionnelle. En raison des politiques de «Diversité, Équité et Inclusion» (DEI) et de l’idéologie woke ambiante, on a notamment voulu forcer la promotion des femmes aux postes de direction parce qu’elles étaient fortement sous-représentées. Or il n’y avait pas assez de candidates qualifiées pour tous ces postes. On a donc recruté sans discernement des personnes qui étaient objectivement incompétentes, mais une fois qu’elles étaient installées, elles devenaient indéboulonnables. Le seul moyen de se défaire d’une personne inadéquate était la mutation ou la promotion, qui ne faisait que déplacer le problème. Si en plus cette personne provenait d’un pays influent, sa position devenait une affaire d’État. L’ironie, dans cette organisation chargée de faire respecter les droits fondamentaux en Europe, c’est qu’elle ne les fait même pas respecter en interne.
On touche là à un problème systémique du monde occidental. La vérité n’importe pas, la seule chose qui importe, c’est le narratif qu’on veut imposer. Les problèmes lancinants ne sont jamais résolus, ils sont soit simplement ignorés, soit contournés par des incantations. Dans tous les domaines.
Source : Article de Slobodan Despot paru dans la rubrique «Désinvité» de l’Antipresse n° 537 du 15/03/2026.

Suite du Journal d’un paysan

Suite…

J’ai oublié pleins de choses, en effet. Nous en aurions pour tellement longtemps à se remémorer tout ce qu’on a pu subir par cette République maçonnique. J’ai oublié une chose essentielle qui vous tient à cœur : les animaux, et tout particulièrement les vaches.

Je possédais un petit troupeau d’une douzaine de vaches et d’un taureau comme je vous l’ai déjà précisé. Mes parents, et tout particulièrement mon père, avait deux métiers, tonnelier et une petite ferme. J’ai également eu deux métiers. J’ai appris le métier de menuisier-charpentier et pris également la petite ferme de mes parents. Que j’aurais dû conserver au lieu d’essayer de m’agrandir.

Je me suis marié en juin 1968. Je me suis installé en 1973, à mon compte avec les deux métiers. L’artisanat a été laminé par l’industrialisation des fenêtres, des portes etc. On ne fabriquait plus rien, car nous n’étions pas compétitifs. Ces deux métiers étaient reliés à l’agriculture, c’est-à-dire la MSA. Je me suis donc consacré à l’agriculture.

À partir des années 1970, est apparu la culture de maïs et d’herbes de ray-grass pour en faire de l’ensilage et nourrir les bêtes à l’écurie. On a vu apparaître dans ces années-là les stabulations libres, ce qui permettait de nourrir les animaux sans les sortir dans les pâturages. On a commencé à voir dès ces années-là un nombre exagéré de techniciens agricoles qui circulaient dans les campagnes pour promouvoir cette nouvelle façon de nourrir les animaux. Je n’ai jamais accepté ça, car la culture du maïs et du ray-grass en ensilage, pourrissait le foie des vaches, qui devenait impropre à la consommation, car la fermentation alcoolique du maïs et du ray-grass formait des cirrhoses à toutes les bêtes.

Cette monoculture était au détriment du foin de trèfle, du foin de luzerne, des choux et des betteraves. J’ai donc continué comme nous avions l’habitude de faire, à faire du foin et cultivé des choux et des betteraves. La majorité des cultivateurs adoptaient la nouvelle méthode, et acquéraient le matériel nécessaire compris.

Nous avons vu également apparaître dans les années 1977, le bouclage des bêtes avec la petite carte rose de traçabilité. Là aussi, bien évidemment, nous sommes venus de force pour m’obliger à baguer mes bêtes mais toutes les bêtes qui naissaient chez moi ne l’était pas, car je refusais cette méthode de traçabilité.

Alors, la répression administrative a commencé. On ne pouvait plus vendre nos bêtes, sans cette carte de traçabilité, ce qui devenait un handicap commercial sérieux et payer nos charges sociales qui devenaient de plus en plus lourdes. Nous avions un bon ministre de l’Agriculture, un ancien de la JEC (Jeunesse Etudiante Catholique), associé bien évidemment avec la JAC (Jeunesse Agricole Catholique), Henri NALLET.

A 6 h du matin, la gendarmerie est venue nous informer que nous avions une contrainte par corps pour régler nos charges sociales. Ne pouvant pas les régler, j’ai été conduit à la maison d’arrêt de Nantes afin d’exécuter la contrainte par corps. Panique totale à la maison, devant nos enfants, si je me souviens cela devait être en 1977 ou 1978. Ma femme a réussi, quelques jours après, avec l’aide de quelques amis qui nous restaient à rassembler la somme afin de lever la contrainte par corps. Revenu à la maison, j’ai continué de travailler de la même manière, toujours aussi obstiné, à ne pas rentrer dans ce système qu’on nous obligeait à suivre.

Sont venus ensuite les vaccins obligatoires, dont on ne comprenait absolument pas la raison, encore de payer le vétérinaire pour faire des vaccins sur des vaches saines. Voilà qu’on nous annonce que le Warron était dangereux pour la vache, mais n’était pas dangereux pour l’homme. Voilà pourquoi il fallait vacciner. Là encore, je refusais cette méthode. J’ai été sauvé de la prison par une dame qui est venu de la chambre d’Agriculture afin de contrôler mes bêtes et les boucles. Mes vaches étaient en pâture, en bordure d’un bois, une parcelle que j’exploitais et pour s’y rendre il y avait un chemin creux. Cette belle dame, venue tout droit des bureaux de la chambre d’Agriculture n’avait pas prévu de bottes ni rien du tout. Je la conduis en bordure du chemin, lui indiquant le chemin vers les vaches. Je suis parti en la laissant là. Elle m’a rejoint un peu plus tard à la maison en me demandant de rentrer mes bêtes, ce que bien évidemment j’ai refusé. De colère, elle m’a donné le papier justifiant que mes bêtes étaient en règle. Voilà comment j’ai été sauvé de la prison, mais non comme certains collègues dans le pays de Retz, qui ont fait de la prison car leurs bêtes n’étaient ni vaccinées ni baguées. Ils ont été contraints, malgré leur emprisonnement, d’accepter tout ce à quoi ils s’opposaient, exactement comme moi.

Nous avons su plus tard que le Warron perçait le cuir de la vache et rendait le cuir impropre à l’industrialisation du cuir, ce sont ces industriels qui obligeaient les agriculteurs à payer afin d’avoir un produit propre. Ce qui n’est évidemment pas normal.

Ce qui vous montre que la persécution du monde agricole ne date pas d’aujourd’hui. J’oublie certainement encore beaucoup de choses. La révolte en moi est toujours là, contre cette oligarchie destructrice de l’humanité tout entière. Nous n’avons pas su refuser et s’opposer farouchement dès le début à toutes ces absurdités, car comme le dit le Christ dans la Tentation du désert qu’il a eu : « Nous avons laissé entrer Satan par l’argent » ce qui a corrompu tout le système et toute notre société.

Je vous ai expliqué cette histoire des quotas laitiers jusqu’à la vache folle. La vache folle… on en était rendu à nourrir des ruminants avec de la viande carnée, ce qui a provoqué la maladie de la vache folle. Etant complètement à contre-courant et voyant le développement de mon exploitation par la vente sur les marchés, j’ai été contraint de vendre et d’abattre mes bêtes juste avant l’abattage forcé de la vache folle comme mes bêtes n’étaient pas ni vaccinées ni baguées, l’abattage aurait été obligatoire par les services vétérinaires qui ont toujours collaborés avec le système.

La pression constante que j’avais sur mon exploitation, par l’administration, les chambres d’agriculture, DDA, était continuelle. Ils nous forçaient à abdiquer. Vous pouvez comprendre à travers tout mon récit, pourquoi je me suis intéressé depuis si longtemps à l’histoire de la Bretagne. Cela m’a permis de comprendre l’origine de cette volonté de vouloir détruire, tout d’abord la monarchie et aujourd’hui l’œuvre du Créateur. Le Roi Louis XI, dit l’Araignée, était un véritable serpent qui pour agrandir son royaume n’hésitait pas à tricher, à trahir et même à exécuter ses opposants. Ce qui s’est passé avec Charles le Téméraire et également avec François II de Bretagne et là nous en connaissons la suite. Des traîtres au peuple ne datent pas d’aujourd’hui.

J’aurais encore beaucoup de choses à vous raconter mais je pense avoir résumé l’essentiel.

 

Journal d’un paysan 1973-2026

Parler de la paysannerie aujourd’hui est une utopie. En 1990, époque où j’exploitais 71 hectares en polyculture-élevage et en agro biologie, le système a complètement démoli les paysans au profit de l’industrialisation. Je suis très en colère de voir encore aujourd’hui qu’on se sert de l’appellation paysan qui n’ont rien à voir avec la véritable paysannerie. Cette paysannerie qui a fait la France et que la France sans paysans n’existe plus.

L’absurdité du système consacre les terres agricoles à faire du méthane ou de l’éthanol. La terre est faite pour nous nourrir nous et tous ceux qui vivent sur cette Terre, c’est-à-dire les individus et non pour en faire un produit industriel qui ne sert que de système financier. Ces pauvres ignorants qui se disent agriculteurs font absolument le jeu du pouvoir aujourd’hui. Ils sont tous fiers d’être arrivés à Paris en tracteur, quelle connerie. On est réduits à aller acheter de la nourriture dans les pays du Mercosur et sud-américains et ils espèrent faire annuler la signature de cet accord. Tout est déjà programmé depuis très longtemps. Dès 1967 les accords de Toronto les 666 dirigeaient le monde agricole, l’artisanat et tout ce qui était à usage familial. On a eu la révolution de 1968 qui a accentué cette destruction. Quand on se souvient des accords de Grenelle qui n’ont été qu’une supercherie et faire croire au monde ouvrier qu’ils avaient gagnés sur le patronat. Ils se sont tiré une balle dans le pied. Tout était manipulé.

Ensuite en 1984, sont intervenus les quotas laitiers et une grande majorité des agriculteurs ont pris la cessation laitière au profit de ces industriels agriculteurs aujourd’hui pour faire des exploitations de 200, 300 ou 400 hectares, qui ne sont pas là pour nourrir la population mais pour entretenir le système financier.

Aujourd’hui, Terre et Famille me fait revivre tout ce que j’ai connu du monde agricole et que je pensais avoir oublié. J’aimais mon métier et je n’ai jamais cédé à cette façon d’opérer par le pouvoir de la finance. Cependant, je me suis aperçu m’être trompé en agrandissant l’exploitation, car à cette époque en 1984, les terres devenaient libres suites aux cessations laitières. J’ai compris très tôt que je commettais une erreur car le matériel dont je disposais allait devenir obsolète, il fallait donc toujours investir encore et encore. Voilà, à partir de là, comment j’ai transformé l’exploitation dont j’étais l’exploitant. J’ai conservé la surface agricole. J’ai adapté mon matériel à la surface agricole dont j’étais exploitant sans recours à l’emprunt et sans la recherche de matériel agricole démesuré, qui ne pouvait que nous endetter. J’ai subi les foudres du monde agricole. J’ai investi dans un moulin pour transformer ma production parce que le prix des céréales ne couvrait pas les frais de mise en culture. Je partais sur un autre créneau mais malheureusement j’ai eu un grave accident en 1992 qui aurait dû me rendre complètement paralysé. Je suis passé dans la prise de force du tracteur. Mes riverains en terre agricole m’ont dit : « si seulement le moulin avait fait un tour de plus ! » afin d’espérer ma mort et récupérer les terres. Car je n’étais pas inscrit à la PAC. Je refusais l’engrenage qui ne pouvait nous conduire qu’à détruire la paysannerie.

Je me souviens également qu’un abattoir est venu me voir, à qui je vendais déjà des lapins, car nous avions un atelier lapin de 50 mères que l’on vendait à cet abattoir. Nos produits étaient de qualité et l’abattoir souhaitait que je m’agrandisse. Je ne les nourrissais qu’avec mes céréales et le fourrage de l’exploitation. J’ai reçu le technicien qui m’a fait un beau plan de bâtiment et où j’avais donc une production à fournir tous les mois qui allait rembourser le bâtiment. Je n’avais plus qu’à signer au bas de la page. Mais, ayant compris la manière dont il voulait opérer, je voulais qu’il me garantisse le prix d’achat au kilo du lapin, compte tenu de l’étude qui a été faite sur ce montant-là. Il me répond que ce sont les cours de la viande qui sont fluctuants et qu’il ne pouvait pas me garantir le prix de l’étude. Je lui ai répondu que le remboursement aurait dû être fluctuant lui aussi, mais ce n’était pas possible. Il a vu que j’avais compris leur façon d’opérer. Il a refermé sa proposition et je ne l’ai jamais revu. J’ai été obligé de changer d’abattoir pour continuer à vendre mes produits. Curieusement, mes produits n’avaient plus la même qualité…

Deuxièmement, j’ai acheté un tracteur neuf en 1985, un AVTO MTZ Belarus de 65 chevaux. Une reprise de mon tracteur Renault que j’avais en propriété et le reste était payé en trois campagnes. Au bout de la deuxième campagne, le représentant venait m’offrir un tracteur 4 roues motrices au lieu de 2 roues motrices et il me reprenait l’autre, mais je savais qu’il ne me restait qu’une campagne à payer pour le tracteur précédent qui était encore quasiment neuf. Sa proposition ne me convenait pas car cela me faisait repartir pour trois campagnes à nouveau avec ce tracteur neuf. Il a vu que j’avais compris leur façon d’opérer. Il a refermé sa proposition et je ne l’ai jamais revu. J’étais sur la commune, le seul à avoir conservé la méthode de travail de mes parents et grands-parents, en polyculture-élevage.

À la suite de tous ces évènements, et après mon accident, comme nous faisions les marchés pour développer notre activité, nous avions aussi des vaches bretonnes Pies Noires avec un taureau qui nous produisaient du lait que je vendais également sur les marchés. Est venu, une réglementation européenne dans les années 1994, rendant obligatoire le lait de ferme pasteurisé dans les briques. C’est ce qui m’a fait arrêter la production laitière.

J’ai gardé les vaches pour la rotation de mes cultures. Je me suis axé principalement sur la transformation et la culture des céréales en payant la cotisation afin d’avoir le droit d’utiliser le mot biologique, d’environ 3000 Francs par an. Les contrôles sur les exploitations étaient complètement erronés, on envoyait des étudiants, qui étaient engagés par ECO Cert à l’époque, qui n’avaient aucune formation agricole. J’ai même reçu un étudiant qui ne voyait pas la différence entre du sarrasin et la féverole. Là aussi, j’ai compris que c’était une supercherie qui m’a fait arrêter mon adhésion à ECO Cert. Ce qui m’a valu être enfermé à la DCCRF, à Nantes, tout un après-midi, pendant que les huissiers contrôlaient si ce que je vendais était bien ma production, car je ne pouvais transformer que ce que je produisais, dont l’article 1144 du Code Rural, qui était affiché sur mes paquets de farine. Ma détermination de lutter contre ce système m’a valu aussi la visite de la Gendarmerie à plusieurs reprises, car j’avais un concurrent qui était les Grands Moulins de France. Un dimanche, je rentrais du marché, on m’attendait pour me demander si j’avais des contingents de meunerie. Je n’avais jamais entendu parler de cela, et bien évidemment je n’en avais pas. Dès le lendemain, les gendarmes sont venus, pour m’interdire de moudre et saisir le moulin. Je n’ai pas cédé. J’ai appelé à Paris le service de l’ONIC et heureusement je suis tombé sur quelqu’un connaissant cette situation qui a affirmé que j’avais le droit, étant donné que je transformais ma propre production. Je n’avais, bien sûr, pas le droit d’acheter à d’autres producteurs. Fort de cette information, j’ai donc mis les gendarmes en déroute avec ma fourche à fumier et avec bien sûr la menace qu’ils allaient revenir. À partir du moment où j’ai reçu le document de l’ONIC, tout est rentré dans l’ordre. J’ai donc eu raison de ne pas m’être laissé intimider.

Ensuite, est venu l’année où on nous a interdit les semences fermières, et donc de ressemer nos graines. Je me suis retrouvé cette année là avec une famille à nourrir, et j’avais environ 250 à 300 tonnes de céréales sur la plateforme qu’aucune coopérative ne voulait m’acheter. J’ai continué de transformer en farine ou alimentation animale, que je livrais avec mon HY Citroën de ferme en ferme chez des producteurs qui souhaitaient se convertir en bio. Cette année-là, j’ai parcouru tout l’ouest de la France en mettant deux tonnes dans mon camion à chaque fois. Le développement a continué mais le travail à fournir était énorme, ce qui m’a valu de nombreuse nuit à travailler sans dormir. Mon milieu familial n’a pas supporté tout cela. J’ai été marginalisé par mon entêtement et décrédibilisé par ma propre famille, ce qui a abouti à une séparation, un divorce…

J’ai ensuite réussi à m’en sortir seul car mon exploitation était viable. Le chiffre d’affaires que nous réalisions à l’époque dépassait grandement nos attentes et on nous a obligé à créer un GAEC ou une SARL pour séparer le commercial de la production agricole. Les charges devenaient de plus en plus lourdes. En ce qui concerne la production agricole, je disposais de tous le matériel, tracteur, moissonneuse-batteuse y compris, et tout était payé, tout était réellement à nous. Mon accident a occasionné aussi des difficultés financières car avec l’hospitalisation, je me suis retrouvé plus d’un an sans travailler et l’assurance n’a pas couvert mes frais. Je me retrouvais donc avec un peu plus de 80 000 Francs de frais d’hospitalisation que j’ai été obligé de payer. Après la séparation familiale, j’ai été obligé d’arrêter mon activité.

Ma foi en l’Eglise Catholique m’a permis de dépasser toutes ces épreuves. Voilà pourquoi, aujourd’hui, modestement, et voyant la dégradation continuelle de notre société, si je peux encore apporter et mettre à profit mes connaissances de la paysannerie, je le fais volontiers car je pense qu’il est urgent de comprendre qu’un ordre a été établi par le Créateur et que la terre n’est pas un matériel ni une machine, c’est une matière vivante que l’on doit respecter, nourrir et entretenir, pour nous-mêmes et tous les êtres vivants qui vivent sur cette Terre.

… à suivre…

À qui profite le crime ? Par Stéphanie Bignon

Pour rappel : la DNC (dermatose nodulaire contagieuse) est une maladie infectieuse qui touche les bovins et les buffles. Elle n’est pas transmissible à l’homme et est bénigne (0.2% de mortalité).

Dans le Doubs, pourtant, plus de 80 bovins vaccinés contre la DNC ont été éliminés début décembre 2025, soit 28 jours après l’injection !

La préfecture nous dit que les bêtes étaient infectées avant l’injection vaccinale… doit on la croire ?

Si cela est exact, alors nous vaccinons en pleine épidémie !? Est-ce acceptable ?

Peut on imaginer que les injections aient contaminé les bestiaux ?

Aucune réflexion n’est autorisée par les pouvoirs publics. Pourquoi cette tension insupportable pour une maladie bénigne et dont le vecteur unique sont les insectes piqueurs, rares en hiver ? Nous aurions donc le temps de réfléchir tranquillement pour le bien des paysans, de leurs animaux… et des consommateurs. La vie mérite de prendre son temps, d’observer, de soigner à tâtons, d’aimer.

Pourquoi cette tension, cette militarisation de la santé sinon pour sidérer les populations ? Nous sommes encore une fois les victimes d’un HOLD UP !

L’éradication des paysans de France est l’un des objectifs de « Maastricht » et de « Lisbonne » à travers le MERCOSUR. Bientôt, si nous ne réagissons pas, nous n’aurons que la possibilité de manger de la viande de bêtes mal traitées, saturées de vaccins, d’hormones, d’antibiotiques et venues d’outre Atlantique à grand renfort de transport maritime ! Où est la cohérence écologique ? D’aucun objectera que nos produits sont devenus trop chers et que nous devons accepter cette mise en concurrence… Nous sommes « chers » parce que nous respectons toutes les règles de qualité mais surtout parce que nous sommes accablés de taxes, de normes, de règlementations toujours plus invasives. S’il n’y a aucune cohérence écologique, il y a bien, en revanche, une cohérence idéologique.

Par ailleurs, la ministre de l’Agriculture, pour protéger les gros exportateurs, nous dit que la vaccination au niveau national n’est pas souhaitable. La France, en effet, ne veut pas perdre son label d’« indemne à la DNC » (ce que la vaccination lui ferait perdre !?). En outre, nous observons que les fermes aux « mille vaches » ne sont pas touchées… ? Donc, pour les petits paysans la solution autoritaire est l’abattage ou bien la vaccination et l’abattage, comme vu précédemment dans le Doubs. Voudrait-on en urgence éliminer ces paysans indispensables à notre écosystème pour laisser le champ libre aux « usines à vaches » qui ne voient jamais le soleil ?

Si les paysans vaccinent, non seulement ils n’ont aucune garantie de ne pas avoir à subir l’abattage total, mais en plus ils se pénalisent à l’exportation et sur le marché local car les consommateurs ne soutiendront pas ceux qui les empoisonnent !

Les manœuvres sont grossières ! par Barbara Chantclair une paysanne de France

Comment est-il possible que cette maladie dû aux insectes piqueurs subisse un pic au mois de décembre ? Stratégie pour faire avaler le changement climatique d’origine anthropique ? D’une pierre deux coups !?

Comment se fait-il que nous entrions depuis la grippe aviaire, dans une série cauchemardesque de maladies dans nos différents élevages ? Grippe aviaire, peste ou grippe porcine, FCO et autres…

Paysans depuis quarante ans environ, nous n’avons jamais connu une pareille période de crises sanitaires à répétitions. Pour quelles raisons, sinon l’obéissance aux directives européennes de réduction du cheptel français ?

Pourquoi, comme en santé humaine, le refus systématique des méthodes de soins ancestrales, traditionnelles et/ou alternatives qui ont fait leurs preuves ? Pourquoi les pistes de recherche dans ces domaines sont-elles étouffées ? Big Pharma, contrôle absolu, soumission… ?

Le problème ? Comme pour le covid, provoquer la panique et la sidération afin d’imposer LA SOLUTION MIRACLE… LA VACCINATION !!!

Pourquoi les éleveurs se précipitent-ils sur cette vaccination ? Ont-ils perdu cette sagesse paysanne à l’origine de ce fameux bon sens paysan si souvent mis en avant ?

L’argent TIENT le monde paysan et lui fait TOUT ACCEPTER !

C’est une erreur immense !

Depuis la vaccination des canards et la crise de la FCO, nous rencontrons de plus en plus de personnes qui nous demandent, presque à mots couverts tant ils sont terrorisés d’être assimilés complotistes, si nos bêtes sont vaccinées, ils sont très inquiets de consommer à leur insu, des viandes contaminées par des agents biologiques, chimiques et autres matériaux impropres à la consommation ( je renvoie aux travaux du Dr J.M. Sabatier sur le sujet ) «  Nous ne voulons pas nous faire empoisonner » disent-ils !

Les agriculteurs doivent redevenir des PAYSANS ! Notre survie en dépend et nous sommes TOUS concernés !

J’ai eu une maladie, soit-disant mortelle à presque 100% chez mes volailles, poules, canards et oies… Pas de traitement allopathique mais…, Ô miracle, un vaccin ( dont l’efficacité laisse à désirer soit dit en passant …) J’ai étudié la littérature sur le sujet, les causes, l’origine et j’ai réalisé ma propre médecine à base d’huiles essentielles… Résultat ? Taux de mortalité 0. Séquelles ? Aucune ni effets secondaires. L’immunité naturelle fera le reste… Idem pour la FCO traitée chez nous avec succès par homéopathie !

Savez-vous qu’il nous est INTERDIT de posséder des huiles essentielles ainsi que des granules homéopathiques dans la pharmacie vétérinaire de nos fermes ? Nous ne sommes plus libres si nous suivons ces directives abusives et mortifères !

Autre question, si je ne me trompe pas, il semblerait que bon nombre de ces maladies se traitent avec de l’ Ivermectine… Quel est le point commun ?

En conclusion, je dirais : « Pas de Souveraineté alimentaire sans la Souveraineté du paysan ! »

Barbara Chantclair