
Ces traditions, ces usages et ces coutumes
- Par sa prudence, sa sagesse a su défricher, travailler et fructifier la terre qui lui a été confié. Ce qui en fit sa richesse et son indépendance selon ses coutumes ancestrales.
- Par la justice et le souci du bien commun, la paysannerie bretonne non fondée sur le profit, l’esprit d’entraide et de solidarité entre tous permettait aux plus pauvres d’entre nous de pouvoir se nourrir. Ce sont les bases même de la société chrétienne et chacun recevait son dû selon le travail réalisé.
- Par sa force et le courage de défendre le pays contre les envahisseurs qui voulaient voler et piller le pays breton.
- Par sa tempérance dans toute situation, sa foi et sa fidélité à la chaire de Pierre l’obligeait à rester humble face à son créateur.
Tout ceci est inscrit dans la pierre par nos ancêtres
1) Dans la pierre par l’art populaire toujours visible de nos jours.
On nous dit aujourd’hui que la Bretagne serait protégée des fléaux à venir selon diverses prophéties.
Peut-être mais à condition que la Bretagne connaisse son passé catholique qui en a fait la différence avec les autres nations.
2) Dans le bois par les moines venus d’Irlande et du Pays de Galle. Ils ont sculpté des statues comme Sainte Anne et la Vierge Marie, retrouvées 934 ans et 1000 ans après leur passage en Bretagne.
Et c’est le Ciel qui est descendu sur la terre de Bretagne pour impulser le peuple breton de continuer, d’honorer selon la volonté de Dieu, Saint Anne et la Vierge Marie qui sans aucun doute protège la Bretagne.
La papauté en 1950 couronnait la Vierge Marie d’une couronne d’or marquée du hénin d’Anne de Bretagne.
Peut-on assimiler Anne de Bretagne à Sainte Anne qui est la patronne de la Bretagne, je ne me le permettrais pas.
Mais il est certain que sur la terre, Anne de Bretagne était duchesse par la grâce de Dieu.
Que veut dire être catholique aujourd’hui ? Est-ce être catholique : par la peur, par le compromis, par le laxisme, par la tolérance, l’individualisme, l’égoïsme et la sensibilisation. Nous avons observé à la venue de Léon XIV à Paris, que toutes ces façons d’être n’ont rien à voir avec ces vertus qui ont été enseignées depuis l’antiquité.
Ce que l’on appelle les vertus morales ou les vertus naturelles même les philosophes païens grecs comme Platon et Aristote les promulguaient.
On appelle vertu morale ou naturelle, celles qui tentent directement de régler nos mœurs et de diriger notre conduite.
Les principales vertus morales ou vertus naturelles sont les quatre vertus cardinales que le christianisme à surnaturaliser et fortifier en nous par la grâce.
Ce déchaînement de haine et de violence que l’on observe aujourd’hui est dû à l’oubli de ces quatre vertus naturelles ou cardinales.
Qui enseigne aujourd’hui ces vertus essentielles dans une société qui devrait être en paix ?
L’Église, elle même, y a renoncé. Et pourtant, n’oublions pas que ces quatre vertus dites cardinales sont les fondations naturelles des vertus théologales que sont la foi, l’espérance et la charité.
Peut-on construire une maison sur du sable sans risque ? Non.
Alors si les vertus cardinales sont inversées. Si la prudence devient la peur, la justice devient le compromis, la force devient le laxisme et si la tempérance devient la tolérance, il n’est pas possible de rejoindre les vertus théologales de foi, d’espérance et de charité parce que la base essentielle des mœurs est doublement faussée.
3) Notre passé enfin inscrit dans le marbre.
De 1502 à 1507, notre dernière duchesse Anne de Bretagne, fit construire trois tombeaux : Un pour ses six enfants qu’elle avait eu avec Charles VIII, le deuxième tombeau pour Charles VIII, Roi de France et Le troisième pour ses parents, François II et Marguerite de Foix. Sur ce dernier tombeau de marbre, qui encore aujourd’hui est visible dans la cathédrale de Nantes, sont représentés les douze apôtres et à chaque angle du tombeau les quatre vertus cardinales, la prudence, la justice, la force et la tempérance.
François II était tertiaire de Saint François et avait une vénération particulière pour le Roi Louis IX, dit Saint Louis. Car Louis IX est le seul Roi de France qui rendit justice à la Bretagne.
Le duché de Bretagne n’est pas une province du royaume de France, il constitue un état souverain doté de ses propres coutumes et de ses propres lois fondamentales c’est ce qui explique les tensions avec la monarchie capétienne.
Les Rois de France cherchaient à faire reconnaître une suzeraineté à la Bretagne mais les ducs résistaient à cette prétention. Ils refusaient systématiquement de se lier par un hommage lige qui auraient impliqué une soumission et restreint leur liberté politique.
Jean Ier défendit avec constance la souveraineté du duché face aux ambitions capétiennes.
La spécificité du droit breton rendait d’ailleurs difficile toute assimilation à la monarchie capétienne. Alors que la France était régie par la loi salique qui interdisait aux femmes de transmettre la couronne.
La Bretagne permettait à ces duchesses d’hériter et de transmettre leurs droits. Ce simple fait montrait que le duché ne relevait pas des règles françaises et conservait sa propre logique souveraine.
Le Roi Louis IX, en 1240, rendit justice aux Bretons.
Louis IX rendait la justice assis sous un chêne, image d’un roi humble et attentif aux plus petits, cet idéal inspira la noblesse bretonne. À travers lui c’est tout un modèle de souveraineté chrétienne unissant courage et sainteté personnelle.
La Bretagne fut reconnaissante envers ce Saint Roi qui fut canonisé 30 ans après sa mort sous le nom de Saint Louis. Des lieux, des chapelles de Brest à Lorient, en passant par Rennes et Nantes, des églises, des écoles… portent le nom de Saint Louis.
Anne de Bretagne observait ses quatre vertus surnaturelles, dites cardinales. Son couronnement eut lieu à la cathédrale Saint Pierre de Rennes, le 10 février 1489, par l’évêque de Rennes, Michel Guibé qui lui remis, la bannière royale, l’épée ducale et le sceptre. L’évêque prononça ces mots : « On vous donne cet épée au nom de Saint Pierre, comme on l’a donné aux rois et ducs, vos prédécesseurs en signe de justice, pour défendre l’Église et le peuple qui vous ai commis en prince équitable. Dieu veuille que ce soit ainsi et que vous puissiez en rendre vrai compte au jour du jugement au sauvement de vous et dudit peuple ». Elle fut couronnée avec le cercle ducal et l’évêque prononça ces mots : « On vous baille au nom de Dieu et de Saint Pierre, ce cercle qui désigne que vous recevez votre puissance de Dieu, le tout puissant, puisque étant rond il n’a ni commencement, ni fin, ce Dieu vous réserve une couronne plus durable dans le Ciel si vous remplissez vos devoirs, en contribuant par vos soins à l’exaltation de la foi et de la tranquillité de l’Église et de vos sujets ».
Anne de Bretagne ne faillit jamais à ses devoirs.
Elle nous enseigne par son exemple la prudence, en refusant d’obéir à son futur mari Charles VIII qui l’encourageait de quitter la Bretagne pour rejoindre Maximilien d’Autriche. Anne de Bretagne savait qu’en abandonnant la Bretagne, Charles VIII allait envahir et détruire la Bretagne.

La justice, à la mort de Charles VIII, elle redonna les pouvoirs à la Bretagne qui lui avait retiré, ce qui rendait justice au peuple breton.
La force, en imposant à Louis XII le traité d’indépendance à la Bretagne du 8 janvier 1499. C’était ses conditions de mariage avec le Roi de France.
La tempérance, en s’offrant en sacrifice pour rester fidèle à son engagement pris lors de son couronnement du 10 février 1489.
Le contraste est énorme entre ces souverains, Saint Louis, François II, Anne de Bretagne et l’oligarchie républicaine d’aujourd’hui qui est censée représenter le même pays. Le monde sans Dieu que l’on nous prône aujourd’hui et le déclin qui en découle devrait nous éveiller et nous faire réfléchir justement sur ces lois ancestrales qui ont fait la grandeur et la force des nations.
Ces lois naturelles que sont la prudence, la justice, la force et la tempérance sont toutes les quatre indispensables pour aller vers les vertus théologales et retrouver la foi sincère à l’image de nos ancêtres.
Peuple breton, éveillez vous ! Retrouvez en vous ces vertus, ces quatre vertus cardinales pour aller vers les vertus théologales.

Extrait du catéchisme catholique :
La prudence surnaturelle est un vertu qui éclaire notre esprit et qui nous fait choisir les moyens les plus sûrs pour opérer notre salut.
La justice surnaturelle est une vertu qui nous porte à rendre à Dieu et au prochain ce qui leur est dû. Elle règle aussi nos pensées et nos sentiments vis-à-vis des autres, nous rend vis-à-vis de nous-mêmes humbles et défiants, comme l’absolue justice le commande aux pécheurs. « Si votre justice n’abonde pas plus que celle des scribes et des pharisiens, nous dit Notre-Seigneur dans l’Évangile, vous n’entrerez point dans le royaume des cieux. »
La force surnaturelle est une vertu qui nous donne le courage de pratiquer tous les devoirs que Dieu nous impose.
La tempérance chrétienne est une vertu qui nous porte non seulement à éviter les excès et à user de toutes choses avec modération, mais, dans cet usage même, elle nous demande de ne point y chercher notre bonheur et notre fin.
En conclusion et pour information :
Le sculpteur nantais Joseph Vallet, s’inspira sans aucun doute du tombeau exposé encore en la cathédrale de Nantes pour réaliser divers monuments aux morts après les guerres de 1870 et 1914 où aux quatre coins des calvaires, des essarts en Vendée et du calvaire d’Avessac (44), les quatre vertus cardinales sont représentées. Ce qui donne la beauté et l’originalité à ces calvaires sculptés par un breton-nantais.
Daniel Pouëssel
