La statue de la Vierge à l’Enfant de la chapelle Notre-Dame-de-Toute-Aide de Querrien.
L’histoire devrait nous enseigner, et c’est le contraire qui se produit. Observez aujourd’hui ce qui se passe, tout particulièrement dans ces guerres occasionnées par l’empire américain dans tout le Moyen-Orient ainsi qu’en Ukraine. Je ne vous apprends rien : elles sont voulues, organisées pour voler et piller les peuples qui subissent les pires atrocités, soi-disant pour la démocratie que l’on veut imposer à tous les peuples !
Hier, on massacrait et on égorgeait les peuples qui ne voulaient pas se soumettre à l’absolutisme des rois de France. Je pose la question : où est la différence ? C’est toujours pour la soi-disant bonne cause des peuples qui souffrent sans pouvoir se défendre.
Il est dit aujourd’hui que la Bretagne sera une terre de refuge pour ce qui est encore à venir. Pourquoi la Bretagne, qui n’a plus de peuple ? Il ne faut pas confondre peuple et population. Un peuple, c’est une âme, c’est l’âme de la nation. Une population, ce sont des individus si différents les uns des autres, par leurs cultures, leurs croyances et leurs moeurs, que cela ne peut pas faire l’âme d’un peuple.
Deux duchés se sont opposés au roi de France, Louis XI : le duché de Bourgogne et le duché de Bretagne. Louis XI, dit l’Araignée, a annexé par la force, la violence et surtout par la ruse la Bourgogne et, plus tard, la Bretagne. Nous nous étonnons aujourd’hui de cette situation, mais sommes-nous devenus aveugles ou très orgueilleux pour ne pas voir que la volonté première des élites est d’abord leur gloire, mais bien évidemment toujours pour la bonne cause ?
L’horreur de la Révolution est la conséquence logique des événements antérieurs, c’est-à-dire de ce qui s’est passé sous la monarchie.
Les Bretons ont été aux côtés de Sainte Jeanne d’Arc pour libérer la France du joug des anglais. Cela n’a pas empêché le fils de Louis XI, Charles VIII, d’ordonner à Louis II de La Trémoille de raser la Bretagne en 1488. La vieille nation bretonne voulait rester souveraine et indépendante et ne voulait pas obéir à l’absolutisme du roi de France. Cela a été sa condamnation. Le dernier duc de Bretagne, François II, peut bien évidemment être décrié, mais reconnaissons-lui
au moins sa grandeur d’âme pour le peuple breton. C’est lui qui s’opposa au roi de France en restant fidèle à la papauté, ce qu’on appelle la chaire de Pierre. C’est lui également qui fonda la première université en Bretagne en 1460 à Nantes. La culture de ce prince fut transmise avec beaucoup de grandeur à ses enfants, et tout particulièrement à Anne de Bretagne, ce qui n’était pas le cas chez les rois de France.
Il est apparu clairement que le duc François II, sur son lit de mort, a été contraint par Charles VIII de signer un traité qui n’avait aucune valeur et qui est devenu caduc en 1488. Charles VIII fit prisonnière la petite princesse-duchesse Anne de Bretagne, puis se vanta de l’avoir violée à l’âge de onze ans au château de Langeais. Ce roi qu’elle détestait, pour le bien commun de son peuple, elle se sacrifia en acceptant de se marier avec lui. Ce fut la fin de la guerre entre la France et les Bretons.
La trahison des rois de France envers la Bretagne n’a pas cessé, toujours à cause du refus d’obéir à une nation qui voulait dominer un peuple. Louis XII, Louis XIV, qui envoya sa milice en Bretagne, où celle-ci prenait un malin plaisir à rôtir les petits Bretons à la broche et pendait, au bout des champs, les Bretons qui suppliaient de les épargner, chapelet à la main… Les croix sont encore aujourd’hui visibles de cette époque, toujours bien entendu pour la bonne cause et la gloire de la France. Louis XV, Louis XVI, puis la Révolution et la République maçonnique… Les Bretons, à toutes les époques, ont subi le joug de l’oppresseur, et ce peuple a été complètement anéanti. Aujourd’hui, c’est une population, et ce n’est malheureusement plus un peuple.
Quelle différence peut-il y avoir avec ce qui se passe en Iran, ce vieux peuple que l’on veut détruire ? Cette fois-ci, à la place de la France, ce sont les États-Unis, et à la place des Bretons, ce sont les Iraniens. La volonté affirmée des nations dominantes est de toujours faire croire que l’opprimé a tort de s’opposer à la volonté de celui qui veut le dominer. C’est pour cela que l’Histoire qu’on nous enseigne est toujours racontée du côté du dominant. Moi, je me positionne toujours du côté des opprimés, car je suis Breton et ma famille a subi tout ce dont je vous parle, jusqu’à mon père, prisonnier pendant cinq ans, par cette guerre que la France avait déclarée aux Allemands.
Le peuple iranien, comme le peuple breton, se ressoude derrière sa Constitution pour lutter contre l’oppresseur, car, des deux côtés — que ce soit la Bretagne à l’époque ou l’Iran aujourd’hui — ces deux peuples ont une Constitution et un
Parlement. Les États-Unis, en voulant détruire les mollahs, ont produit l’effet inverse de celui attendu : croyant diviser le peuple, ils l’ont ressoudé autour de sa Constitution, comme l’ont fait les Bretons sous la Constitution bretonne, qui est toujours aujourd’hui d’actualité.
Ce n’est pas par hasard si, sous la République maçonnique, la première loge maçonnique a été créée à Rennes, ce qu’on appelle la Parfaite Union, transférée ensuite aux États-Unis sous l’appellation l’Union Parfaite après la guerre d’indépendance des États-Unis. Benjamin Franklin, pendant la guerre d’indépendance des États-Unis, était réfugié à Poissy, ce qui vous montre bien le lien entre la nation française et les États-Unis. N’oublions pas que les premiers morts de la Révolution, en 1788, l’ont été à Rennes : la noblesse bretonne soutenait le peuple qui avait faim. Deux nobles ont été abattus près du Parlement de Bretagne : de Bois-Riveuilh et de Bois-Hue en 1788. La franc-maçonnerie créa le club des Bretons, fondé par l’avocat rennais Isaac Le Chapelier. Ce club fut transféré à Versailles et devint ensuite le club des Jacobins et le club des Feuillants.
La volonté affichée, que ce soit sous la monarchie ou la République, de vouloir anéantir et amoindrir le peuple breton n’est plus à démontrer. Le traité de 1532, par François Ier, qui a annexé la Bretagne à la France, a été fait sous la violence et par la force. Ce traité est également caduc, car il n’a jamais été ratifié par les Bretons. Seul le traité de 1499, fait par Anne de Bretagne et Louis XII, est encore valable aujourd’hui.
Un mouvement qui s’appelle État vivant breton cherche à mettre en avant le traité d’Anne de Bretagne de 1499. Ce traité est très particulier, car il est très marqué par la foi et la piété d’Anne de Bretagne. Tous les évêques bretons ont signé ce traité avec Anne de Bretagne et Louis XII, ainsi que tout le Parlement de Bretagne.
Cela n’a pas empêché Louis XII, à la mort d’Anne de Bretagne, de renier la promesse faite à son épouse en mariant François Ier avec Claude, la fille d’Anne de Bretagne. Il est bien clair que la trahison et les mensonges ont toujours servi les puissants et les dominants.
Je me suis toujours interrogé sur cette apparition unique au monde de Sainte Anne en Bretagne, qui a demandé à ce paysan breton, Nicolazic, qu’elle soit honorée sur cette terre de Bretagne selon la volonté de Dieu. Cette apparition a eu lieu en 1625, et Sainte Anne désigna qu’elle était déjà priée en Bretagne 974
ans avant, ce qui nous conduit à la création de la Bretagne par les sept saints évêchés bretons. La même apparition de la Vierge Marie a eu lieu à La Prénessaye, à Querrien, en 1652, où la Vierge Marie désigna l’emplacement de sa statue mille ans auparavant, c’est-à-dire à la création de la Bretagne aux Ve et VIe siècles.
Peut-on faire un lien avec ces apparitions uniques et la souffrance d’un peuple catholique qui voulait rester fidèle à sa foi ? La tentative de destruction du peuple iranien, pour ma part, me paraît très similaire. Des personnages différents, mais depuis tant d’années, le Moyen-Orient est attaqué par les puissants et les nations qui veulent dominer les autres peuples.
Tous les jours, nous nous apercevons que le déclin définitif de la France continue. Il y aurait encore beaucoup de choses à dire. J’ai fait un écrit d’une vingtaine de pages à la main concernant toute cette époque révolutionnaire en Bretagne. Aujourd’hui, je m’arrête là.
Notre Seigneur a dit à ses apôtres : « Allez enseigner toutes les nations », mais il n’a jamais été dit ni écrit d’aller dominer les nations et les peuples. Interrogeons-nous et faisons preuve de la plus profonde humilité, comme nous l’ont montré tous les saints, tout particulièrement les saints bretons qui ont fondé la Bretagne. Également, il y a toutes ces apparitions mariales qui ont eu lieu après la Révolution pour nous avertir du danger. Mais qu’avons-nous fait de ces messages ?
Malheureusement, la vérité de l’Histoire ne correspond pas forcément à nos désirs. De tout temps, dans l’humanité, on a pu observer l’anéantissement et la destruction de ces peuples et de tous ces empires qui ont voulu dominer le monde : ils se sont tous effondrés. C’est peut-être dur à entendre, mais c’est une réalité. La Bretagne, comme les autres nations, tant qu’elle ne retrouvera pas son âme, son peuple, sa foi et son unité, sera soumise aux mêmes règles.
Tant que les peuples ne retrouvent pas leur verticalité et que, dans une humilité profonde, nous reconnaissons que nous ne sommes que des créatures, et tant que les peuples ne restent que dans l’horizontalité, les peuples du monde déclineront. Voilà pourquoi il est urgent d’œuvrer, de dénoncer et de dire la vérité, si dure soit-elle, pour la plus grande gloire de Dieu.
Daniel POUËSSEL
Président de l’association des Pèlerins bretons en Pays Gallo et la Frairie Saint Benoît
