Suite du Journal d’un paysan

Suite…

J’ai oublié pleins de choses, en effet. Nous en aurions pour tellement longtemps à se remémorer tout ce qu’on a pu subir par cette République maçonnique. J’ai oublié une chose essentielle qui vous tient à cœur : les animaux, et tout particulièrement les vaches.

Je possédais un petit troupeau d’une douzaine de vaches et d’un taureau comme je vous l’ai déjà précisé. Mes parents, et tout particulièrement mon père, avait deux métiers, tonnelier et une petite ferme. J’ai également eu deux métiers. J’ai appris le métier de menuisier-charpentier et pris également la petite ferme de mes parents. Que j’aurais dû conserver au lieu d’essayer de m’agrandir.

Je me suis marié en juin 1968. Je me suis installé en 1973, à mon compte avec les deux métiers. L’artisanat a été laminé par l’industrialisation des fenêtres, des portes etc. On ne fabriquait plus rien, car nous n’étions pas compétitifs. Ces deux métiers étaient reliés à l’agriculture, c’est-à-dire la MSA. Je me suis donc consacré à l’agriculture.

À partir des années 1970, est apparu la culture de maïs et d’herbes de ray-grass pour en faire de l’ensilage et nourrir les bêtes à l’écurie. On a vu apparaître dans ces années-là les stabulations libres, ce qui permettait de nourrir les animaux sans les sortir dans les pâturages. On a commencé à voir dès ces années-là un nombre exagéré de techniciens agricoles qui circulaient dans les campagnes pour promouvoir cette nouvelle façon de nourrir les animaux. Je n’ai jamais accepté ça, car la culture du maïs et du ray-grass en ensilage, pourrissait le foie des vaches, qui devenait impropre à la consommation, car la fermentation alcoolique du maïs et du ray-grass formait des cirrhoses à toutes les bêtes.

Cette monoculture était au détriment du foin de trèfle, du foin de luzerne, des choux et des betteraves. J’ai donc continué comme nous avions l’habitude de faire, à faire du foin et cultivé des choux et des betteraves. La majorité des cultivateurs adoptaient la nouvelle méthode, et acquéraient le matériel nécessaire compris.

Nous avons vu également apparaître dans les années 1977, le bouclage des bêtes avec la petite carte rose de traçabilité. Là aussi, bien évidemment, nous sommes venus de force pour m’obliger à baguer mes bêtes mais toutes les bêtes qui naissaient chez moi ne l’était pas, car je refusais cette méthode de traçabilité.

Alors, la répression administrative a commencé. On ne pouvait plus vendre nos bêtes, sans cette carte de traçabilité, ce qui devenait un handicap commercial sérieux et payer nos charges sociales qui devenaient de plus en plus lourdes. Nous avions un bon ministre de l’Agriculture, un ancien de la JEC (Jeunesse Etudiante Catholique), associé bien évidemment avec la JAC (Jeunesse Agricole Catholique), Henri NALLET.

A 6 h du matin, la gendarmerie est venue nous informer que nous avions une contrainte par corps pour régler nos charges sociales. Ne pouvant pas les régler, j’ai été conduit à la maison d’arrêt de Nantes afin d’exécuter la contrainte par corps. Panique totale à la maison, devant nos enfants, si je me souviens cela devait être en 1977 ou 1978. Ma femme a réussi, quelques jours après, avec l’aide de quelques amis qui nous restaient à rassembler la somme afin de lever la contrainte par corps. Revenu à la maison, j’ai continué de travailler de la même manière, toujours aussi obstiné, à ne pas rentrer dans ce système qu’on nous obligeait à suivre.

Sont venus ensuite les vaccins obligatoires, dont on ne comprenait absolument pas la raison, encore de payer le vétérinaire pour faire des vaccins sur des vaches saines. Voilà qu’on nous annonce que le Warron était dangereux pour la vache, mais n’était pas dangereux pour l’homme. Voilà pourquoi il fallait vacciner. Là encore, je refusais cette méthode. J’ai été sauvé de la prison par une dame qui est venu de la chambre d’Agriculture afin de contrôler mes bêtes et les boucles. Mes vaches étaient en pâture, en bordure d’un bois, une parcelle que j’exploitais et pour s’y rendre il y avait un chemin creux. Cette belle dame, venue tout droit des bureaux de la chambre d’Agriculture n’avait pas prévu de bottes ni rien du tout. Je la conduis en bordure du chemin, lui indiquant le chemin vers les vaches. Je suis parti en la laissant là. Elle m’a rejoint un peu plus tard à la maison en me demandant de rentrer mes bêtes, ce que bien évidemment j’ai refusé. De colère, elle m’a donné le papier justifiant que mes bêtes étaient en règle. Voilà comment j’ai été sauvé de la prison, mais non comme certains collègues dans le pays de Retz, qui ont fait de la prison car leurs bêtes n’étaient ni vaccinées ni baguées. Ils ont été contraints, malgré leur emprisonnement, d’accepter tout ce à quoi ils s’opposaient, exactement comme moi.

Nous avons su plus tard que le Warron perçait le cuir de la vache et rendait le cuir impropre à l’industrialisation du cuir, ce sont ces industriels qui obligeaient les agriculteurs à payer afin d’avoir un produit propre. Ce qui n’est évidemment pas normal.

Ce qui vous montre que la persécution du monde agricole ne date pas d’aujourd’hui. J’oublie certainement encore beaucoup de choses. La révolte en moi est toujours là, contre cette oligarchie destructrice de l’humanité tout entière. Nous n’avons pas su refuser et s’opposer farouchement dès le début à toutes ces absurdités, car comme le dit le Christ dans la Tentation du désert qu’il a eu : « Nous avons laissé entrer Satan par l’argent » ce qui a corrompu tout le système et toute notre société.

Je vous ai expliqué cette histoire des quotas laitiers jusqu’à la vache folle. La vache folle… on en était rendu à nourrir des ruminants avec de la viande carnée, ce qui a provoqué la maladie de la vache folle. Etant complètement à contre-courant et voyant le développement de mon exploitation par la vente sur les marchés, j’ai été contraint de vendre et d’abattre mes bêtes juste avant l’abattage forcé de la vache folle comme mes bêtes n’étaient pas ni vaccinées ni baguées, l’abattage aurait été obligatoire par les services vétérinaires qui ont toujours collaborés avec le système.

La pression constante que j’avais sur mon exploitation, par l’administration, les chambres d’agriculture, DDA, était continuelle. Ils nous forçaient à abdiquer. Vous pouvez comprendre à travers tout mon récit, pourquoi je me suis intéressé depuis si longtemps à l’histoire de la Bretagne. Cela m’a permis de comprendre l’origine de cette volonté de vouloir détruire, tout d’abord la monarchie et aujourd’hui l’œuvre du Créateur. Le Roi Louis XI, dit l’Araignée, était un véritable serpent qui pour agrandir son royaume n’hésitait pas à tricher, à trahir et même à exécuter ses opposants. Ce qui s’est passé avec Charles le Téméraire et également avec François II de Bretagne et là nous en connaissons la suite. Des traîtres au peuple ne datent pas d’aujourd’hui.

J’aurais encore beaucoup de choses à vous raconter mais je pense avoir résumé l’essentiel.

 

Journal d’un paysan 1973-2026

Parler de la paysannerie aujourd’hui est une utopie. En 1990, époque où j’exploitais 71 hectares en polyculture-élevage et en agro biologie, le système a complètement démoli les paysans au profit de l’industrialisation. Je suis très en colère de voir encore aujourd’hui qu’on se sert de l’appellation paysan qui n’ont rien à voir avec la véritable paysannerie. Cette paysannerie qui a fait la France et que la France sans paysans n’existe plus.

L’absurdité du système consacre les terres agricoles à faire du méthane ou de l’éthanol. La terre est faite pour nous nourrir nous et tous ceux qui vivent sur cette Terre, c’est-à-dire les individus et non pour en faire un produit industriel qui ne sert que de système financier. Ces pauvres ignorants qui se disent agriculteurs font absolument le jeu du pouvoir aujourd’hui. Ils sont tous fiers d’être arrivés à Paris en tracteur, quelle connerie. On est réduits à aller acheter de la nourriture dans les pays du Mercosur et sud-américains et ils espèrent faire annuler la signature de cet accord. Tout est déjà programmé depuis très longtemps. Dès 1967 les accords de Toronto les 666 dirigeaient le monde agricole, l’artisanat et tout ce qui était à usage familial. On a eu la révolution de 1968 qui a accentué cette destruction. Quand on se souvient des accords de Grenelle qui n’ont été qu’une supercherie et faire croire au monde ouvrier qu’ils avaient gagnés sur le patronat. Ils se sont tiré une balle dans le pied. Tout était manipulé.

Ensuite en 1984, sont intervenus les quotas laitiers et une grande majorité des agriculteurs ont pris la cessation laitière au profit de ces industriels agriculteurs aujourd’hui pour faire des exploitations de 200, 300 ou 400 hectares, qui ne sont pas là pour nourrir la population mais pour entretenir le système financier.

Aujourd’hui, Terre et Famille me fait revivre tout ce que j’ai connu du monde agricole et que je pensais avoir oublié. J’aimais mon métier et je n’ai jamais cédé à cette façon d’opérer par le pouvoir de la finance. Cependant, je me suis aperçu m’être trompé en agrandissant l’exploitation, car à cette époque en 1984, les terres devenaient libres suites aux cessations laitières. J’ai compris très tôt que je commettais une erreur car le matériel dont je disposais allait devenir obsolète, il fallait donc toujours investir encore et encore. Voilà, à partir de là, comment j’ai transformé l’exploitation dont j’étais l’exploitant. J’ai conservé la surface agricole. J’ai adapté mon matériel à la surface agricole dont j’étais exploitant sans recours à l’emprunt et sans la recherche de matériel agricole démesuré, qui ne pouvait que nous endetter. J’ai subi les foudres du monde agricole. J’ai investi dans un moulin pour transformer ma production parce que le prix des céréales ne couvrait pas les frais de mise en culture. Je partais sur un autre créneau mais malheureusement j’ai eu un grave accident en 1992 qui aurait dû me rendre complètement paralysé. Je suis passé dans la prise de force du tracteur. Mes riverains en terre agricole m’ont dit : « si seulement le moulin avait fait un tour de plus ! » afin d’espérer ma mort et récupérer les terres. Car je n’étais pas inscrit à la PAC. Je refusais l’engrenage qui ne pouvait nous conduire qu’à détruire la paysannerie.

Je me souviens également qu’un abattoir est venu me voir, à qui je vendais déjà des lapins, car nous avions un atelier lapin de 50 mères que l’on vendait à cet abattoir. Nos produits étaient de qualité et l’abattoir souhaitait que je m’agrandisse. Je ne les nourrissais qu’avec mes céréales et le fourrage de l’exploitation. J’ai reçu le technicien qui m’a fait un beau plan de bâtiment et où j’avais donc une production à fournir tous les mois qui allait rembourser le bâtiment. Je n’avais plus qu’à signer au bas de la page. Mais, ayant compris la manière dont il voulait opérer, je voulais qu’il me garantisse le prix d’achat au kilo du lapin, compte tenu de l’étude qui a été faite sur ce montant-là. Il me répond que ce sont les cours de la viande qui sont fluctuants et qu’il ne pouvait pas me garantir le prix de l’étude. Je lui ai répondu que le remboursement aurait dû être fluctuant lui aussi, mais ce n’était pas possible. Il a vu que j’avais compris leur façon d’opérer. Il a refermé sa proposition et je ne l’ai jamais revu. J’ai été obligé de changer d’abattoir pour continuer à vendre mes produits. Curieusement, mes produits n’avaient plus la même qualité…

Deuxièmement, j’ai acheté un tracteur neuf en 1985, un AVTO MTZ Belarus de 65 chevaux. Une reprise de mon tracteur Renault que j’avais en propriété et le reste était payé en trois campagnes. Au bout de la deuxième campagne, le représentant venait m’offrir un tracteur 4 roues motrices au lieu de 2 roues motrices et il me reprenait l’autre, mais je savais qu’il ne me restait qu’une campagne à payer pour le tracteur précédent qui était encore quasiment neuf. Sa proposition ne me convenait pas car cela me faisait repartir pour trois campagnes à nouveau avec ce tracteur neuf. Il a vu que j’avais compris leur façon d’opérer. Il a refermé sa proposition et je ne l’ai jamais revu. J’étais sur la commune, le seul à avoir conservé la méthode de travail de mes parents et grands-parents, en polyculture-élevage.

À la suite de tous ces évènements, et après mon accident, comme nous faisions les marchés pour développer notre activité, nous avions aussi des vaches bretonnes Pies Noires avec un taureau qui nous produisaient du lait que je vendais également sur les marchés. Est venu, une réglementation européenne dans les années 1994, rendant obligatoire le lait de ferme pasteurisé dans les briques. C’est ce qui m’a fait arrêter la production laitière.

J’ai gardé les vaches pour la rotation de mes cultures. Je me suis axé principalement sur la transformation et la culture des céréales en payant la cotisation afin d’avoir le droit d’utiliser le mot biologique, d’environ 3000 Francs par an. Les contrôles sur les exploitations étaient complètement erronés, on envoyait des étudiants, qui étaient engagés par ECO Cert à l’époque, qui n’avaient aucune formation agricole. J’ai même reçu un étudiant qui ne voyait pas la différence entre du sarrasin et la féverole. Là aussi, j’ai compris que c’était une supercherie qui m’a fait arrêter mon adhésion à ECO Cert. Ce qui m’a valu être enfermé à la DCCRF, à Nantes, tout un après-midi, pendant que les huissiers contrôlaient si ce que je vendais était bien ma production, car je ne pouvais transformer que ce que je produisais, dont l’article 1144 du Code Rural, qui était affiché sur mes paquets de farine. Ma détermination de lutter contre ce système m’a valu aussi la visite de la Gendarmerie à plusieurs reprises, car j’avais un concurrent qui était les Grands Moulins de France. Un dimanche, je rentrais du marché, on m’attendait pour me demander si j’avais des contingents de meunerie. Je n’avais jamais entendu parler de cela, et bien évidemment je n’en avais pas. Dès le lendemain, les gendarmes sont venus, pour m’interdire de moudre et saisir le moulin. Je n’ai pas cédé. J’ai appelé à Paris le service de l’ONIC et heureusement je suis tombé sur quelqu’un connaissant cette situation qui a affirmé que j’avais le droit, étant donné que je transformais ma propre production. Je n’avais, bien sûr, pas le droit d’acheter à d’autres producteurs. Fort de cette information, j’ai donc mis les gendarmes en déroute avec ma fourche à fumier et avec bien sûr la menace qu’ils allaient revenir. À partir du moment où j’ai reçu le document de l’ONIC, tout est rentré dans l’ordre. J’ai donc eu raison de ne pas m’être laissé intimider.

Ensuite, est venu l’année où on nous a interdit les semences fermières, et donc de ressemer nos graines. Je me suis retrouvé cette année là avec une famille à nourrir, et j’avais environ 250 à 300 tonnes de céréales sur la plateforme qu’aucune coopérative ne voulait m’acheter. J’ai continué de transformer en farine ou alimentation animale, que je livrais avec mon HY Citroën de ferme en ferme chez des producteurs qui souhaitaient se convertir en bio. Cette année-là, j’ai parcouru tout l’ouest de la France en mettant deux tonnes dans mon camion à chaque fois. Le développement a continué mais le travail à fournir était énorme, ce qui m’a valu de nombreuse nuit à travailler sans dormir. Mon milieu familial n’a pas supporté tout cela. J’ai été marginalisé par mon entêtement et décrédibilisé par ma propre famille, ce qui a abouti à une séparation, un divorce…

J’ai ensuite réussi à m’en sortir seul car mon exploitation était viable. Le chiffre d’affaires que nous réalisions à l’époque dépassait grandement nos attentes et on nous a obligé à créer un GAEC ou une SARL pour séparer le commercial de la production agricole. Les charges devenaient de plus en plus lourdes. En ce qui concerne la production agricole, je disposais de tous le matériel, tracteur, moissonneuse-batteuse y compris, et tout était payé, tout était réellement à nous. Mon accident a occasionné aussi des difficultés financières car avec l’hospitalisation, je me suis retrouvé plus d’un an sans travailler et l’assurance n’a pas couvert mes frais. Je me retrouvais donc avec un peu plus de 80 000 Francs de frais d’hospitalisation que j’ai été obligé de payer. Après la séparation familiale, j’ai été obligé d’arrêter mon activité.

Ma foi en l’Eglise Catholique m’a permis de dépasser toutes ces épreuves. Voilà pourquoi, aujourd’hui, modestement, et voyant la dégradation continuelle de notre société, si je peux encore apporter et mettre à profit mes connaissances de la paysannerie, je le fais volontiers car je pense qu’il est urgent de comprendre qu’un ordre a été établi par le Créateur et que la terre n’est pas un matériel ni une machine, c’est une matière vivante que l’on doit respecter, nourrir et entretenir, pour nous-mêmes et tous les êtres vivants qui vivent sur cette Terre.

… à suivre…

À qui profite le crime ? Par Stéphanie Bignon

Pour rappel : la DNC (dermatose nodulaire contagieuse) est une maladie infectieuse qui touche les bovins et les buffles. Elle n’est pas transmissible à l’homme et est bénigne (0.2% de mortalité).

Dans le Doubs, pourtant, plus de 80 bovins vaccinés contre la DNC ont été éliminés début décembre 2025, soit 28 jours après l’injection !

La préfecture nous dit que les bêtes étaient infectées avant l’injection vaccinale… doit on la croire ?

Si cela est exact, alors nous vaccinons en pleine épidémie !? Est-ce acceptable ?

Peut on imaginer que les injections aient contaminé les bestiaux ?

Aucune réflexion n’est autorisée par les pouvoirs publics. Pourquoi cette tension insupportable pour une maladie bénigne et dont le vecteur unique sont les insectes piqueurs, rares en hiver ? Nous aurions donc le temps de réfléchir tranquillement pour le bien des paysans, de leurs animaux… et des consommateurs. La vie mérite de prendre son temps, d’observer, de soigner à tâtons, d’aimer.

Pourquoi cette tension, cette militarisation de la santé sinon pour sidérer les populations ? Nous sommes encore une fois les victimes d’un HOLD UP !

L’éradication des paysans de France est l’un des objectifs de « Maastricht » et de « Lisbonne » à travers le MERCOSUR. Bientôt, si nous ne réagissons pas, nous n’aurons que la possibilité de manger de la viande de bêtes mal traitées, saturées de vaccins, d’hormones, d’antibiotiques et venues d’outre Atlantique à grand renfort de transport maritime ! Où est la cohérence écologique ? D’aucun objectera que nos produits sont devenus trop chers et que nous devons accepter cette mise en concurrence… Nous sommes « chers » parce que nous respectons toutes les règles de qualité mais surtout parce que nous sommes accablés de taxes, de normes, de règlementations toujours plus invasives. S’il n’y a aucune cohérence écologique, il y a bien, en revanche, une cohérence idéologique.

Par ailleurs, la ministre de l’Agriculture, pour protéger les gros exportateurs, nous dit que la vaccination au niveau national n’est pas souhaitable. La France, en effet, ne veut pas perdre son label d’« indemne à la DNC » (ce que la vaccination lui ferait perdre !?). En outre, nous observons que les fermes aux « mille vaches » ne sont pas touchées… ? Donc, pour les petits paysans la solution autoritaire est l’abattage ou bien la vaccination et l’abattage, comme vu précédemment dans le Doubs. Voudrait-on en urgence éliminer ces paysans indispensables à notre écosystème pour laisser le champ libre aux « usines à vaches » qui ne voient jamais le soleil ?

Si les paysans vaccinent, non seulement ils n’ont aucune garantie de ne pas avoir à subir l’abattage total, mais en plus ils se pénalisent à l’exportation et sur le marché local car les consommateurs ne soutiendront pas ceux qui les empoisonnent !

Les manœuvres sont grossières ! par Barbara Chantclair une paysanne de France

Comment est-il possible que cette maladie dû aux insectes piqueurs subisse un pic au mois de décembre ? Stratégie pour faire avaler le changement climatique d’origine anthropique ? D’une pierre deux coups !?

Comment se fait-il que nous entrions depuis la grippe aviaire, dans une série cauchemardesque de maladies dans nos différents élevages ? Grippe aviaire, peste ou grippe porcine, FCO et autres…

Paysans depuis quarante ans environ, nous n’avons jamais connu une pareille période de crises sanitaires à répétitions. Pour quelles raisons, sinon l’obéissance aux directives européennes de réduction du cheptel français ?

Pourquoi, comme en santé humaine, le refus systématique des méthodes de soins ancestrales, traditionnelles et/ou alternatives qui ont fait leurs preuves ? Pourquoi les pistes de recherche dans ces domaines sont-elles étouffées ? Big Pharma, contrôle absolu, soumission… ?

Le problème ? Comme pour le covid, provoquer la panique et la sidération afin d’imposer LA SOLUTION MIRACLE… LA VACCINATION !!!

Pourquoi les éleveurs se précipitent-ils sur cette vaccination ? Ont-ils perdu cette sagesse paysanne à l’origine de ce fameux bon sens paysan si souvent mis en avant ?

L’argent TIENT le monde paysan et lui fait TOUT ACCEPTER !

C’est une erreur immense !

Depuis la vaccination des canards et la crise de la FCO, nous rencontrons de plus en plus de personnes qui nous demandent, presque à mots couverts tant ils sont terrorisés d’être assimilés complotistes, si nos bêtes sont vaccinées, ils sont très inquiets de consommer à leur insu, des viandes contaminées par des agents biologiques, chimiques et autres matériaux impropres à la consommation ( je renvoie aux travaux du Dr J.M. Sabatier sur le sujet ) «  Nous ne voulons pas nous faire empoisonner » disent-ils !

Les agriculteurs doivent redevenir des PAYSANS ! Notre survie en dépend et nous sommes TOUS concernés !

J’ai eu une maladie, soit-disant mortelle à presque 100% chez mes volailles, poules, canards et oies… Pas de traitement allopathique mais…, Ô miracle, un vaccin ( dont l’efficacité laisse à désirer soit dit en passant …) J’ai étudié la littérature sur le sujet, les causes, l’origine et j’ai réalisé ma propre médecine à base d’huiles essentielles… Résultat ? Taux de mortalité 0. Séquelles ? Aucune ni effets secondaires. L’immunité naturelle fera le reste… Idem pour la FCO traitée chez nous avec succès par homéopathie !

Savez-vous qu’il nous est INTERDIT de posséder des huiles essentielles ainsi que des granules homéopathiques dans la pharmacie vétérinaire de nos fermes ? Nous ne sommes plus libres si nous suivons ces directives abusives et mortifères !

Autre question, si je ne me trompe pas, il semblerait que bon nombre de ces maladies se traitent avec de l’ Ivermectine… Quel est le point commun ?

En conclusion, je dirais : « Pas de Souveraineté alimentaire sans la Souveraineté du paysan ! »

Barbara Chantclair

Chronique paysanne par Jérôme Laronze, abattu par les gendarmes en mai 2017

Nous sommes en septembre 2014 quand je reçois un courrier m’informant que mon exploitation fera l’objet d’un contrôle portant sur l’identification de mes bovins. Celui-ci se passera bien, et ne mettra en évidence aucun défaut majeur, juste des hors délais de notifications (déclaration des mouvements des animaux à l’EDE, Établissement départemental de l’élevage).

Par la suite, sans doute frustrée d’une chasse si maigre, l’administration, via la Direction Départementale de la Protection des Population (DDPP) m’informe qu’à la vue de ces hors délais elle refuse de valider mes déclarations de naissances et exige que je prouve, à mes frais, les filiations mère/veau par des tests ADN, et que dans l’attente de ceux-ci mon cheptel est interdit de tout mouvement.

Quelques jours plus tard, en entretien téléphonique avec une agent de la DDPP, j’exposais mes réticences à justifier que la meumeu 9094 est bien la mère du veauveau 4221 par des méthodes relatives à l’identification criminelle. Cette personne me récita alors son catéchisme administratif et bafouilla quelques arguments que je mis facilement à mal ce qui me valut d’entendre que ce n’était pas grave et que si je refusais de me conformer à ses exigences, mes animaux entreraient en procédure d’élimination (entendez « abattus ») à mes frais et collectés par le service d’équarrissage puis de clore en déclarant cette phrase qui me revient quotidiennement en tête : « Moi je m’en fiche ce ne sont pas mes bêtes ». Pour avoir en d’autres temps côtoyé cette personne, je peux pourtant affirmer qu’elle est ni de sotte ni de méchante nature et me demande quel est le mal qui a corrompu son esprit. Si la Grèce antique avait ses rites et ses croyances, aujourd’hui, au nom de quels dieux, sur l’autel de quelles valeurs m’a-t-on promis l’hécatombe ?

Dans la continuité, la DDPP me submergera de menaces, de mises en demeures, d’injonctions, d’intimidations et de contrôles sur ma ferme avec à chaque fois, toujours plus de gens en armes alors que j’ai toujours été courtois et jamais menaçant. Ces manœuvres furent pour moi l’occasion d’observer des comportements inopportuns comme par exemple le jour où, venu me confisquer mes documents accompagnements bovins (DAB), la chef se plaira à taquiner les gendarmes au sujet de la signalétique défectueuse de leur véhicule, dans un comportement relatif à celui de l’adolescente cherchant à évaluer sa cote auprès des hommes, émettant éclats de rires et blagues analogues à celle du poulet aux amandes. N’a-t-on jamais appris à cette personne qu’il est des circonstances où la bonne humeur affichée des uns est une insulte faite aux autres ?

(…)

Le 6 juin 2016, cette administration est revenue avec encore davantage de gens en armes qui m’encerclèrent immédiatement, et, après des salutations négligées de la part de tous ces importuns, toujours la même chef débuta par un rappel de sa liturgie administrato-réglementaire et, alors que je pensais la logorrhée arrivée à son terme, celle-ci m’annonça avec grande satisfaction les lourdes peines prononcées à mon égard et, avec tout autant de satisfaction, que le délai pour un éventuel appel était expiré. Plombé d’apprendre ainsi la perte de ma virginité judiciaire, mais face à une telle orthodoxie administrato-réglementaire, je déclarais néanmoins mon étonnement, en évoquant une surface marchande maconnaise, que l’on pourrait nommer « intersection marché », qui a pendant deux semaines, en juillet 2015, au plus fort de la crise de l’élevage, fait une promotion sur la viande d’agneaux, en arborant au rayon boucherie un ostentatoire panneau de cinq mètres carrés, avec la mention « agneaux de Bourgogne » alors que la viande fraîche était irlandaise et la surgelée néozélandaise et que de plus, la viande de bœuf bénéficiait d’un étiquetage aussi approximatif que fantaisiste.

(…)

A cette même époque, sous mandat syndical, je siégeais à la cellule d’urgence départementale mise en place pour la crise de l’élevage. A cette occasion, la directrice adjointe de la DDPP a présenté la mesure douze du plan de soutien à l’élevage, portant sur un renforcement des contrôles de l’étiquetage des viandes et sur les mentions trompeuses en grandes surface de 25% . A cette annonce, je pris la parole pour signifier mon approbation et l’interroger sur les moyens financiers et humains mis à sa disposition pour atteindre ces objectifs. Non sans embarras, elle m’a répondu pas un sous de plus pas un agent de plus. En toute évidence 25% de zéro ne font toujours pas beaucoup plus que la tête à Toto !

J’en reviens à la journée du 6 juin 2016. Après avoir entendu moult menaces, intimidations et humiliations, les sinistres lurons ont décidé de faire un tour des pâtures. Arrivant dans une où paissaient plus de vingt bovins, les agents de la DDPP eurent fantaisie de les serrer à l’angle d’une clôture en barbelé et d’un ruisseau puis ont débuté la vocifération du matricule des animaux, qui, eux même paniqués par la meute hurlante, se sont précipités dans le ruisseau avec un fracas extraordinaire. Voyant que des animaux étaient en difficultés dans le ruisseau je m’approchais de ceux-ci. La première réaction de la chef fût de me dire que cela était entièrement de ma faute, même si je me demande encore comment, puisque j’étais à 100 mètres de là sous le joug de matraques, tasers, et autres fusils mitrailleurs. Toujours est-il que cinq animaux gisaient au fond du ruisseau, ayant abondamment bu la tasse et lourdement souffert du piétinement des presque vingt autres. J’ai donc, dans l’urgence et à mains nues tenté de sortir les animaux.

Agents DDPP et gens en armes se joindront à moi en prenant bien soin de ne pas mouiller leurs chaussettes. Les uns tirant sur les pattes, les autres donnant des coups de matraques, ou suggérant l’emploi du taser et les fusils mitrailleurs devenant plus encombrants qu’autres choses… La nécessité d’un tracteur s’imposant, je suis rentré seul à la ferme en chercher un avec des cordes, et celles-ci en main, je me suis demandé s’il n’y aurait pas un usage plus radical à en faire en les associant à une poutre et à un quelconque point surélevé. Mais pour aboutir la chose prend un certain temps et ne me voyant pas revenir, ils pourraient arriver avant. Et puis cette bande de dégourdis arrivera-t-elle à extraire les animaux sans moi ?

Il est bon de préciser que cette pâture est mise en valeur par ma famille depuis le 19ème siècle et que jamais le moindre incident ne fût à déplorer sur celle-ci. Des suites de cet « incident », les cinq bovins périront. Là-dessus la chef décidait d’interrompre le contrôle. Me trouvant seul avec elle (alors qu’elle prétendait avoir besoin de huit gens en armes pour garantir sa sécurité) qui changeait de chaussure, elle m’exprima tout le dégoût que je lui suscitais et m’insinuait l’encombrant que j’étais pour la société. Chuchotant entre collègues, je les entendais dire que je n’avais pas l’air très gai et qu’il n’était peut être pas prudent de me laisser seul et s’en allèrent.

(…)

Il nous est souvent souvent reproché de ne pas être administrophile, et on s’adresse à nous comme à des demeurés qui ne comprendraient pas ce qu’on leur demande, alors que c’est justement parce qu’on comprend bien où que ça nous mènent qu’on a du mal à le faire. Aujourd’hui en agriculture la pire calamité c’est pas la sécheresse, c’est pas la grêle, c’est pas le gel, c’est la calamité administrative qui nous pond des textes qui profitent toujours aux mêmes, abscons, contradictoires, contre-productifs, absurdes qui sont l’antimatière du bon sens paysan ! (…) Contrairement à certains parasites, qui officient dans la confidentialité d’immeuble maconnais par exemple, notre travail il est à la vue et au su de tous, exposé le long des routes et des chemins, alors quand le paysan est en mesure de bien faire il en tire satisfaction, orgueil, amour-propre et accessoirement salaire, mais qu’advient-il lorsque celui-ci est mis en incapacité de faire ? En définitive ce n’est rien d’autre que la persécution du vital par le futile. (…) Il y pas si longtemps en France, la population comptait 50% de paysans et le sol 50% d’humus, aujourd’hui, nous sommes 4% et il reste pas bien plus d’humus dans le sol. Ben quand on sait qu’étymologiquement, humus est la racine du mot humanité, je me demande s’il y a encore beaucoup d’humanité dans notre société ! Moi je pense que la république est une pute et la finance sa mère maquerelle !

(…)

Alors, ainsi installé, je pleurais sur le paradoxe du suicide qui satisfait ceux qui ne vous apprécient pas, et est susceptible de peiner les éventuelles personnes qui vous apprécient. Je pleurais aussi sur la trahison de ma propre colère, celle que je ressentais aux funérailles de mes camarades d’école respectivement pendu et noyé. Car, outre la peine et la tristesse, je me souviens avoir été envahi de colère à leur encontre, de nous laisser avec notre chagrin et l’image de cette jeune femme effondrée sur la boite qui renfermée son petit frère, de n’avoir rien dit, de ne pas s’être battu autrement qu’en utilisant pour seule arme le sacrifice de leurs vies que la société rangera, avec leur dépouille, purement et simplement six pieds sous terre.

Si je devais ici faire vivre leur mémoire je parlerai de ce que sont les paysans. Ils étaient de ceux qui ne travaillent pas en priorité pour un salaire mais pour l’amour du travail bien fait, du sillon droit, des animaux bien conformés, du cep bien taillé, du lait propre et de la couleur des blés, quitte trop souvent, et on doit le déplorer, à se laisser éblouir par l’agrochimie et autres doux leurres sources de douleurs. Car ils sont là les vrais artistes, ces conservateurs du savoir-faire qu’au Japon on nommerait « trésor national vivant », les virtuoses de l’adaptation et les artisans de votre satiété.

Ils existent encore les travailleurs, les opiniâtres, les taiseux, les humbles, les enracinés qui œuvrent en communion avec leur territoire et sont assassinés quotidiennement dans un crime silencieux.

Récemment encore, une enquête menée en lycée agricole indiquait que le revenu arrivait en lointaine position dans les objectifs de leur futur métier. Dans cette société du fric quel avenir pour ces jeunes candides ? Mais si ceux-ci réclament rémunération de leur travail, qui le leur paiera ? L’État (qui paiera peut être en 2017 les aides 2015 !) ? Bigard ? Lactalis ? Auchan ? Carrefour ? Qui est prêt à remettre 60% de son pouvoir d’achat dans la nourriture ? Les précarisés de Macron ? Les syndicats qui soutiennent la paysannerie comme la corde soutient le pendu ?

(…)

L’inquisition républicaine viendra finir son contrôle, ne me laissant à l’issue de celui-ci que des carbones illisibles et des bleus à l’âme. Puis de manière aussi soudaine qu’inattendue elle m’indiquera qu’après expertise de mon dossier la très grande majorité des animaux figurant sur la liste de ceux à éliminer n’avaient pas lieu d’y figurer, qu’elle passait l’éponge sur les autres et que ma situation serait régularisée dans les plus brefs délais. Je laisse à chacun le soin de trouver les mots pour nommer et qualifier ceux, qui d’abord cognent et ensuite réfléchissent. A toutes fins utiles, je tiens les documents qui en attestent à la disposition de mes collègues paysans confrontés à cette procédure. Je fis quand même faire, à mes frais, quelques tests ADN qui confirmèrent l’honnêteté de mes déclarations. Celle qui, orgueilleuse d’avoir bloqué mes boucles à Mâcon, me dira sur un ton badin que mes boucles sont récupérable à l’EDE. Bien qu’étant en règle, je tardais à recevoir mes DAB, je téléphone donc à la DDPP où la chef de service me répond. Je lui fais immédiatement part de mon soulagement d’être régularisé mais m’étonnais de ne pas recevoir mes DAB, et, de m’entendre répondre sur le ton maniéré, agaçant et méprisant qui lui est intrinsèque, qu’elle a effectué toutes les démarches, que cela ne la concerne plus, et qu’elle a autres choses à faire que de courir après les cartes vertes de Mr Laronze, sur ce merci au-revoir.

Les mois passaient et je n’avais toujours reçu qu’une partie des DAB, quand j’ai appris que le reste s’était noyé dans les marécages administratifs des bords de Saône et personne ne savait quels DAB. De leurs coassements, les crapauds du marécage demandaient à moi, l’Al Capone de l’élevage qui nécessite d’être mis sous le joug de huit gens en armes, moi le faussaire qui doit prouver ses déclarations par des tests ADN, moi que l’on a mis à l’amende, moi le taulard sursitaire, de produire
une liste des DAB me manquant et me les rééditèrent sur la bonne foi de celle-ci.

(…)

Constante dans ses incohérences, la DDPP m’ordonnait de souscrire à un suivi personnalisé payant auprès de l’EDE, sur qui pourtant, elle rejette la faute de l’envoi tardif des documents, alors voilà pourquoi un beau matin un brave type de l’EDE que je connais, et une très emmitouflée jeune femme (qui n’a pas jugé utile de se présenter) sont venus me faire signer les trois feuilles du contrat. Après un échange franc et courtois, et refusant le café que je leur proposais, ils sont repartis avec douze morceaux de feuilles non signées.

Dans les dommages en cascades, étant devenu un « client à emmerdes », mes vétérinaires ne souhaitent plus intervenir chez moi. J’étais pourtant l’un de leurs presque rares clients à régler ses factures à échéances exactes, (…) les vétérinaires étant des partenaires importants dans la conduite d’un élevage. Je constate que ce cabinet à une façon très personnelle de rendre grâce. D’autant plus qu’au cours de successives acquisitions, fusions et absorptions il est en situation de monopole sur mon secteur.

Toujours dans la période 2015/2016, je participais aux réunions d’élaboration de la charte des contrôles en exploitations agricoles. Cela a débuté à la préfecture, sous la présidence du préfet. Je m’y rends sans a priori, riche de mon expérience et avec la volonté de construire quelque chose. Après la déception de découvrir que la chose n’était pas une initiative locale, mais une injonction de Matignon via la circulaire 5806/SG du 31 juillet 2015, et que l’administration avait déjà bien ficelé le dossier avec la FNSEA (opérateur historique du syndicalisme agricole mais non représentatif et non majoritaire). Un modèle étant même en annexe de la circulaire. Un sentiment de complicité de tartuferie montait en moi alors qu’en même temps j’apprenais qu’en Saône et Loire 50% des notifications sont faites hors délais, me rassurant ainsi sur la pérennité de certains emplois.

(…)

Sous son vernis de mesurettes et d’éléments de langage en novlangue orwellienne, cette charte n’apporte aucune sécurité aux contrôleurs, est avant tout un outil de communication au service de quelques hauts responsables, vers qui se tournent les médias quand un contrôleur se fait assassiner (les suicides de paysans corrélatifs à un contrôle sont très vite étouffés par l’administration et la profession) afin qu’ils puissent, la main sur le cœur, la bouche en cœur et en chœur évoquer la charte, et dire : « Nous avons tout fait pour éviter cela » et ainsi se disculper de toutes responsabilités.

« Preuve est faite que visages dévots et pieuses actions nous servent à enrober de sucre le diable lui-même. »
William Shakespeare

Ne disposant pas suffisamment d’hypocrisie, je me suis abstenu de signer cette charte.

Printemps 2017. Jérôme Laronze paysan à Trivy entre Saône et Loire.

Chroniques et états d’âmes ruraux, par Jérome Laronze

Le matin du 16 octobre 1793, Marie-Antoinette est menée à l’échafaud.

« Je meurs dans la religion catholique, apostolique et romaine, dans celle où j’ai été élevée, et que j’ai toujours professée, n’ayant aucune consolation spirituelle à attendre, ne sachant pas s’il existe encore ici des prêtres de cette religion, et même le lieu où je suis les exposerait trop s’ils y entraient une fois. Adieu, adieu ! Je ne vais plus m’occuper que de mes devoirs spirituels. Comme je ne suis pas libre dans mes actions, on m’amènera peut-être un prêtre, mais je proteste ici que je ne lui dirai pas un mot, et que je le traiterai comme un être absolument étranger. »

La Perse contre le FMI

Les rois de Perse

« La véritable raison de la guerre avec l’Iran n’a rien à voir avec l’enrichissement de l’uranium – il s’agit d’un type d’enrichissement très différent…

On nous répète sans cesse que cette guerre est motivée par les ambitions nucléaires de l’Iran. Mais si vous avez suivi, vous savez que ce n’est qu’une couverture.

Cette guerre n’est pas une question de bombes. Elle est une question de banques.

L’Iran est l’un des derniers pays souverains à ne pas avoir été absorbé par le système financier occidental. Il possède sa propre banque centrale, ne se soumet pas au FMI ni à la Banque mondiale et n’autorise pas la pénétration financière généralisée de groupes comme BlackRock, Vanguard ou JPMorgan Chase. Cela pose problème aux banquiers mondialistes.

Contrairement à d’autres pays qui ont adhéré au système « fondé sur des règles » après le 11 septembre ou le Printemps arabe, l’Iran n’a jamais renoncé au contrôle total de sa politique monétaire, de son secteur énergétique ou de ses marchés financiers. Il est l’un des rares pays encore réfractaires à l’ère de la mondialisation néolibérale.

C’est là la véritable menace.

Car le capitalisme dominant aujourd’hui ne veut pas seulement des accords commerciaux : il veut un accès total à votre énergie, à votre dette, à votre marché du travail, à vos décisions politiques. Il veut un contrôle total. Et l’Iran refuse d’y adhérer.

L’Iran ne reçoit pas d’ordres du FMI. Il vend du pétrole hors du système dollar. Il parle ouvertement d’un monde multipolaire et appuie ses propos sur des alliances régionales, de l’Irak à la Syrie en passant par le Liban.

C’est ce que Washington, Londres et Tel Aviv ne peuvent tolérer, non pas parce que l’Iran est fort militairement, mais parce qu’il est économiquement désobéissant.

Le discours sur la « menace nucléaire » n’est qu’un véhicule de propagande. C’est le même que celui utilisé en Irak.

L’objectif est de justifier le démantèlement d’un régime qui ne veut pas jouer le jeu des banquiers.

Et ce n’est pas nouveau. Chaque grande campagne militaire des deux dernières décennies – en Libye, en Irak, et même en Ukraine, à sa manière – suit le même schéma : identifier un État qui résiste à l’intégration financière mondiale, le présenter comme un acteur voyou et le contraindre à se soumettre par la guerre, des sanctions ou un changement de régime.

L’Iran n’est que la prochaine cible.

Alors, quand vous lisez les gros titres, rappelez-vous : il ne s’agit pas seulement d’armes nucléaires. Il s’agit d’un pays qui refuse d’ouvrir ses comptes, de privatiser son pétrole et de laisser Wall Street décider de son avenir. Et pour les maîtres du monde, ce type d’indépendance est la véritable arme de destruction massive. »

Source X : https://x.com/MichelJeanDomi1/status/1936703619723677848?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E1936703619723677848%7Ctwgr%5E2a58f5bfbaf172e97c428045d1c02d414cf9031e%7Ctwcon%5Es1_&ref_url=https%3A%2F%2Fwww.egaliteetreconciliation.fr%2FLes-bombardiers-B-2-detruisent-trois-centres-nucleaires-en-Iran-Trump-s-aligne-sur-Israel-78619