Droit de réponse de Stéphanie Bignon…

Droit de réponse de Stéphanie Bignon à l’auteur anonyme qui utilise les pères de Mérigny pour salir un livre qu’il n’a pas compris ou qui le dérange profondément : « La chasteté ou le chaos ? » ed. Via Romana.

Eve serait créée comme aide-ménagère, comme ventre nécessaire pour «remplir et soumettre la terre » …, dans ce cas l’islam et la GPA ne seraient plus très loin !

Soyons raisonnable, mon livre est un appel au secours pour que nous nous élevions au-dessus des manipulations qui consistent à utiliser nos pulsions pour nous soumettre de façon peu couteuse car nous devenons notre propre geôlier.

Mon livre renvoie dos à dos les partisans des flambants neufs « droits sexuels », apogée du libéralisme libertaire et les gardiens myopes et féroces d’une morale légaliste sans amour, défenseurs acharnés de ce qu’ils appellent le « dû conjugal ». Mon détracteur anonyme, de façon consciente ou non, promeut « la prostitution de la chair dans le mariage ». C’est sa triste vision de la relation conjugale. Il oublie que rien n’est dû dans le mariage, tout y est donné.

Les deux extrêmes nous amènent inexorablement aux excès que nous connaissons : avortement, contraception et pornographie.

Mon livre est un appel aux hommes pour qu’ils redeviennent des protecteurs de leur famille, de leur pays, pour qu’ils nous redonnent des frontières à l’intérieur desquelles la vie redevient possible.

Sans le très chaste Saint Joseph, il n’y a pas de fuite en Egypte, pas de survie possible de la Sainte Famille et donc pas de rédemption. Messieurs, soyez protecteurs de la vie avant même d’être géniteurs, oui je le maintiens et prie pour cela.

Le « dû conjugal » est une prison pour tout le monde, celui qui doit donner et celui qui ne peut pas se dominer. La vraie liberté s’acquiert par l’apprentissage de la domination de la chair… par Amour !

Stéphanie Bignon
Briant, le lundi 18 juin 2018

La loi NOTre tue les communes


La loi NOTRe, Nouvelle Organisation Territoriale de la République, approuvée le 7 août 2015, vient à la suite de la loi RCT (Réforme des Collectivités Territoriales) du 16 décembre 2010. Ces deux lois viennent modifier en profondeur tout le socle institutionnel de notre pays.

En bref et selon MBC, (association des Maires pour le Bien Commun, mairespourlebiencommun.fr ), voici résumée la loi NOTRe qui s’impose sans consultation de la population :

A. Le premier échelon territorial qu’est la commune est vidé de sa substance.

B. Le projet est de transférer l’essentiel du pouvoir communal vers l’échelon intercommunal.

C. Cette réforme territoriale, imposée par l’Europe pour réduire les dépenses publiques, a malheureusement l’effet inverse.

D. Le gigantisme des intercommunalités impose une gestion bureaucratique éloignée des réalités du terrain et la légitime décentralisation se transforme actuellement en une inacceptable reconcentration jacobine.   

La loi NOTRe achève le plan de dislocation de notre pays. La réforme sur la taxe d’habitation contribuerait à ce plan en privant les communes de revenus et d’autonomie fiscale. Comme la taxe professionnelle, elle serait remplacée par le versement d’une compensation … Or une taxe est versée en échange de services. En la transformant en compensation calculée sur des bases complexes et arbitraires et versée au bon vouloir de l’état, elle pourrait disparaitre sans explication tangible. Pourtant et comme toujours, les choses nous sont présentées avec les meilleures intentions du monde. Officiellement, la volonté du gouvernement est de réduire la pression fiscale, « le mille-feuilles administratif » et les dépenses publiques…

Dans les faits :

Les élus des petites communes sont des bénévoles qui sont remplacés par des fonctionnaires et des complications administratives ce qui, selon la Cour des Comptes, engendre un surcoût de 61.8% sur les dépenses publiques (Rapport de la cour des comptes 2014, page 130).

Le « mille-feuilles administratif » loin d’être simplifié est augmenté de strates aux missions mal définies.

Quant à la pression fiscale … avec quel argent l’Etat compte-t-il verser les compensations aux communes ? Et les communes privées d’une part de leur revenu ne devront-elles pas augmenter ailleurs les impôts ?

Ces lois de réaménagement du territoire sont des mines à fragmentations disséminées sur notre sol. Le PADD (Projet d’Aménagement et de Développement Durable), par exemple, suggère « autoritairement » des mises aux normes européennes tel que le nombre de places de parking, le nombre de logements sociaux, les accès pour personnes handicapées… tout cela entrainant des dépenses de moins en moins couvertes par des revenus progressivement confisqués. La faillite prévisible des communes donnera une nouvelle bonne raison pour vouloir leur fin.

Le PADD s’autorise même à commenter sur le regrettable « enclavement de nos exploitations agricoles » Que faut-il comprendre ? Les populations des bourgs et des cités seraient concentrées dans de grandes agglomérations et les campagnes seraient composées de logements sociaux habités par de la main d’œuvre agricole bon marché au milieu de grandes étendues « exploitées » à outrance par des groupes financiers propriétaires de grandes exploitations désenclavées !? Ceci ne serait plus la France mais l’URSS ou l’Amérique du sud passée au fil du sabre des financiers de Wall street !

Le système en nous privant de la commune nous prive de l’échelon véritablement démocratique et de cette autonomie nécessaire pour notre édification personnelle et collective. La subsidiarité est le devoir de s’assumer dans la mesure de ses moyens. Or, le principe de subsidiarité en droit de l’Union européenne « vise à privilégier le niveau inférieur d’un pouvoir de décision aussi longtemps que le niveau supérieur ne peut pas agir de manière plus efficace. » Que veut dire plus efficace dans le cerveau des hauts fonctionnaires de l’Europe « Maastrichtienne » ? Plus efficace pour qui, pour quoi ?

Il semble plus prudent de retrouver la définition qu’en donne le Pape Pie XI dans l’Encyclique Quadragesimo Anno :

 » On ne saurait changer ce principe si grave de philosophie sociale : de même qu’on ne peut enlever aux particuliers pour les transférer à la communauté, les attributions dont ils sont capables de s’acquitter de leur seule initiative et par leurs propres moyens, ainsi ce serait commettre une injustice en même temps que troubler d’une manière très dommageable l’ordre social que de retirer aux groupements d’ordre inférieur, pour les confier à une collectivité plus vaste d’un rang plus élevé, les fonctions qu’ils sont en mesure de remplir eux-mêmes ».

Nous voici donc bien avertis et si notre première reconquête devait s’appeler Subsidiarité ?!

Stéphanie Bignon,

Terre et Famille, le 30 novembre 2017

 

Une version allégée se trouve sur le Boulevard Voltaire :

http://www.bvoltaire.com/loi-tue-commune-consulter-population/

La peste à Marseille en 1720

La peste à Marseille et Mgr de Belsunce

L’histoire nous est racontée par Marion Sigaut à la veillée lors du pèlerinage de Terre et Famille vers Cotignac

 

Le bateau Grand Saint-Antoine partit de Sidon en janvier 1720, patente nette (sans maladie à déplorer).

Mais .. lors du voyage, on constate six morts à bord. Le capitaine s’isole à la poupe.

  • Le 25 mai 1720 Grand Saint-Antoine arrive à Marseille, déclare ses morts
  • Le port de Libourne fournit un certificat daté du 14 mai, dernier port où il a relâché : « fièvre maligne pestilentielle »,

Ce terme est ambigu … Si c’est la peste, on dit peste.

Le capitaine ne cache rien, mais il fournit un document ambigu.

La moindre des choses était d’isoler le bateau, hommes et biens, pendant une quarantaine en mer. Le mieux aurait été d’éventer toute la marchandise au risque de la gâcher au vent et au soleil. Mais, on déchargea les tissus précieux et on isola les autres… Puis, on envoya à terre les passagers qui firent entrer en ville des tissus infestés par les puces, porteurs de peste. Aucune des précautions habituelles n’a été prise, alors que le soupçon était énorme.

La peste est entrée dans Marseille parce que ceux qui étaient chargés de sa sauvegarde étaient propriétaires d’une cargaison précieuse qui devait atteindre la foire de Beaucaire deux mois plus tard.

Or il est certain que :

  • Le bateau a bien quitté Livourne le 14 mai
  • Mais qu’il était à Toulon le 4 mai et a relâché au Brusc.
  • Qu’il en est parti le 10 mai pour Livourne où on lui a donné ce certificat ambigu.
  • qu’il a eu tout le temps,  le 4 et le 10, de prendre  ses ordres de Marseille qui SAVAIT que le bateau était contaminé.
  • Que les autorités de Livourne ont donné un certificat de complaisance qui pouvait être interprété, alors qu’elles avaient interdit tout débarquement.

La responsabilité des autorités marseillaises est TOTALE.

Les copropriétaires et armateurs du bateau et de sa cargaison sont :

  • Le capitaine
  • Jean-Baptiste Estelle, premier échevin
  • Jean-Baptiste Audimar et Balthazar Dieudé, échevins également.

Le capitaine passera la contagion en prison, les trois autres deviendront les héros de la ville. C’est l’histoire d’une rédemption qui nous est contée.

  • Portée par des puces de rats, tous morts pendant le trajet, le bacille de la peste est entré dans la ville sur un tueur de 3mm  caché dans les replis d’étoffes précieuses.
  • Un mois après le débarquement, 6 personnes étaient mortes dans le Lazaret, zone de quarantaine à terre, malheureusement authentique « passoire ». 
  • Le chirurgien préposé à l’inspection donnait le même diagnostic : « mort de maladie non contagieuse. »…. 
  • Le 6 juillet, contrevisite par médecin : le diagnostic de la peste est enfin posé.

Le 9 juillet on se décide enfin à envoyer par le fond toutes les marchandises du Lazaret.

Trop tard, évidemment. 

Le 13 juillet, des allèges venant de Marseille seront vus à Arles en direction de Beaucaire : la marche inexorable du profit va porter la peste en Provence…

En ville on annonce la mort d’une femme. Puis de deux, avec bubon et charbon. 

La peste est à Marseille, elle va tuer un Marseillais sur deux en moins de six mois.

Le salut des autres va tenir au dévouement inimaginable d’une poignée de héros. :

  • Quatre échevins : Jean-Baptiste Estelle (58) ,  Jean-Pierre Moustier, Jean-Baptiste Audimar et Balthazar Dieudé, représentants de la ville.
  • Le marquis de Pille et Pichatty de Croissainte, permanents de la mairie. Ils seront jour et nuit de tous les travaux, toutes les corvées, toutes les responsabilités, sans dormir sans s’arrêter, sans penser à eux-mêmes. 
  • Le chevalier Roze, (45ans) venu de la ville se mettre à la disposition de ces Messieurs.
  • Henri de Belsunce, évêque de Marseille.

Le dévouement des échevins :

  • Ils prennent contact avec l’autorité royale, à Aix, siège du Parlement de Provence et de l’intendant. 
  • Jusqu’au bout le contact sera conservé avec l’extérieur, par l’intermédiaire d’un sas de campagne où les courriers peuvent être échangés.
  • on enterre les morts nuitamment pour ne pas affoler la population.
  • 10 juillet, à 23h, Jean-Pierre Moustier se rend place de Lenche (Linche) avec deux personnes. Sans faire de bruit on monte à l’étage, on descend  le mort, un malade et les bien portants. Puis on emmène tout ce monde sur la pointe des pieds. La porte sera murée peu après à chaux et à sable….Puis on recommence le lendemain.
  • Et petit à petit l’information commence à circuler. Mais les autorités essayent de rassurer la population … La vérité va mettre des semaines à être reconnue. Ce sera la ruée vers les portes de la ville, mais trop tard.

Le 31 juillet la ville est bouclée. Marseille est coupée du monde. Il n’y a plus aucune issue.

  • Quand ils ne courent pas pour localiser les malades et faire enlever les morts, écrire à l’intendant et répondre au courrier, les échevins font les comptes : Il n’y a plus d’argent sauf de maudits billets dont personne ne veut, plus de blé, plus de viande, tout le monde s’enfuit et personne n’obéit plus à personne. Mais JAMAIS ils ne baisseront les bras.
  • Deux médecins suggèrent de faire de grands feux pour « brûler les corpuscules infects » et délestent la ville du bois dont on ne pourra plus cuire le pain. On rassemble alors les médecins disponibles et on leur annonce qu’ils seront rémunérés par la mairie : interdiction de faire payer les malades. On leur fournit des sarraus de toile cirée qui les prémuniront (les puces ne s’accrochent pas sur cette toile enduite). Puis la mairie lance un emprunt pour remplir ses caisses. Elle nomme des commissaires par quartiers pour assurer l’ordre et la distribution de pain et on fait venir du grain par le sas extérieur arrangé avec Aix. Enfin, elle ferme toutes les écoles publiques.
  • Un début d’émeute pour le pain mobilise encore les échevins : Des soldats en garnison au fort Saint-Jean viennent menacer de se servir par les armes si on ne leur en fournit pas. Jean-Pierre Moustier leur fait  face : « Mettez-vous à la tête de vos soldats,; moi de mes bourgeois, et nous verrons. » … Les soldats reculent, penauds. Quand le blé arrive, on en fixe le taux et on interdit de le vendre plus cher : c’est la taxation.

Les morts sont désormais transportés en plein jour, par charrette d’abord, puis par tombereaux entiers. Au début on les met dans des tombes, puis dans des fosses, puis les fosses débordent. On ouvre où on peut des hôpitaux pour accueillir les malades. En deux jours ils sont pleins et en 24h les malades sont morts. Le chevalier Roze, responsable de la rive Neuve, en fait ouvrir à ses dépens. Mais médecins et chirurgiens ont déserté en masse. On peut compter sur QUATRE médecins. Le régent en fait venir de Montpellier. Ils seront une calamité jusqu’à leur départ. Incompétents, pédants, dépensiers, inutiles ou même calamiteux ils se feront payer des fortunes leur outrecuidance mortelle pour tous ceux qu’ils approcheront :  purges et saignées, ils tuent leurs malades.

Pour creuser les fosses, les échevins s’y collent encore et font travailler ceux qu’ils ont réussi à faire venir. En plein soleil, à Marseille. Ceux qui se sont enfuis en mer jettent les cadavres par-dessus bord et le port est couvert de corps en putréfaction. Nicolas Roze se chargera d’aller chercher les malades en mer, puis de tirer au sol des morts pour les ensevelir. Nicolas Roze sera un des héros les plus admirables de la peste. « Nous craignons que nos têtes ne puissent y suffire, quand elles se partageraient en dix. Que le bon Dieu  aie pitié de nous ! » gémirent-ils dans une lettre à le 5 août.

Autre preuve de leur total désintéressement ? 

Le marquis de Pilles laissa s’établir le principal hôpital à quatre pas de son hôtel. 

Jean-Baptiste Estelle, marchant au transport de cadavres, glissa une nuit sur quelque débris gluant  et s’étala de tout son long sur un cadavre. Il se releva, fit charger le mort dans la charrette et repris sa course, imperturbable. 

Jean-Pierre Moustier, reçoit un jour sur la joue un emplâtre fumant de pus qu’on venait de jeter par une fenêtre. 

Il l’en décolle, se nettoie la joue avec une éponge vinaigrée, et reprend sa course.

Le 27 août, nouveau drame : le marquis de Pilles tombe malade et ne peut sortir de son hôtel. 

On aurait pu croire les édiles indestructibles, mais non, c’était leur tour. 

 

Le 27 août, nouveau drame : le marquis de Pilles tombe malade et ne peut sortir de son hôtel. On aurait pu croire les édiles indestructibles, mais non, c’était leur tour…

Le 30 août, en une nuit, mille nouveaux morts, alors qu’on n’avait pas encore réussi à enterrer les précédents. Les forçats qui servent de corbeaux sont tous morts ou malades et l’arsenal des galères ne veut plus en donner. 

Le 3 septembre, les quatre échevins, l’archivaire, le caissier et le secrétaire de mairie font les comptes : depuis le début de juillet, la municipalité avait perdu cinq cents personnes. Il ne reste qu’un ou deux lieutenants, un capitaine et quelques valets de ville. Tout le reste a péri et eux, sont sept ! Ils retournent à l’arsenal demander des hommes (qui auront la liberté). Grâce à cette idée les expéditions reprennent, Jean-Pierre Moustier en tête : du lever au coucher du soleil les échevins charrient des cadavres, débarrassent les rues, tiennent la permanence à l’hôtel de ville, courent dans tous les sens pour régler mille problèmes. Ils font construire un hôpital de plein air. Le mistral le met à bas. On le reconstruit… Ils travaillent sans relâche… Un matin, on apprend que des fosses pleines du côté de la Major se lézardent. Il faut impérativement les recouvrir. Jean-Baptiste Estelle se rend à la porte d’Aix où on en creusait de nouvelles. Il se fait donner les paysans qui y travaillaient. Les paysans refusent d’approcher la fosse empestée et les militaires n’en viennent pas à bout. Jean Baptiste Estelle prend une pioche des mains d’un paysan, et il pioche, et pioche, tout seul, en plein soleil. Les autres ont suivi et refermèrent la fosse.

Le 12 septembre enfin l’autorité est rétablie : Langeron est nommé commandant en chef avec tous les pouvoirs à Marseille.

Les Echevins de Marseille, firent la promesse que chaque année, une messe serait célébrée pour rappeler cette consécration. C’est désormais la Chambre de Commerce de Marseille, qui offre un cierge à l’archevêque, en présence du premier magistrat de la ville, du représentant de l’Etat, des élus, des autorités civiles, militaires, économiques. Cette cérémonie a eu lieu vendredi 23 juin dernier.

Deux semaines plus tard, le 15 novembre, a lieu une nouvelle cérémonie aux Accoules avec une foule immense. Monseigneur de Belsunce sanctifie et bénit la ville et le diocèse. Le 10 décembre on ne signala aucun mort. La peste était terminée. Marseille et son terroir ont perdu en tout 50 000 personnes : la moitié de la population.

 

Radio courtoisie

Stéphanie Bignon était invitée  par Henry de Lesquen le 23 mai 2016 :

« La libération de la femme, enjeu légitime ou entreprise de subversion ? »

http://www.radiocourtoisie.fr

 

 

 

 

 

Médecin de campagne

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Médecin de campagne. Sorti en mars 2016 (1h 42min). Film français de Thomas Lilti. Avec François Cluzet et Marianne Denicourt.

Cette comédie dramatique sort des programmations du printemps sur la pointe des pieds. Ce n’est peut-être pas un chef d’œuvre mais un film vrai avec des regards donnés, profonds, intenses comme le sont les mots entourant la vie et la mort. Avec des mains qui servent, soignent et se touchent.
Médecin de campagne donne à voir le rôle de celui qui panse les plaies du corps, écoute et conseille. Il connaît ses brebis, elles écoutent sa voix. Le vrai berger, le curé du village, est absent du film… comme c’est le cas dans beaucoup de campagnes. Mais le médecin généraliste est là. Pour combien de temps encore ? Il faut une âme quasi sacerdotale pour tenir.
François Cluzet conquiert le spectateur et en fait un compagnon dès les premières scènes. Il est seul puisque sa femme est partie avec les enfants. Toutes les générations défilent dans son cabinet, toutes les pathologies aussi, y compris celles de l’âme. Pour guérir, il faut comprendre. Pour comprendre, il faut aimer. Il aime les gens. Il va à leur rencontre, dans une tournée sans fin des fermes et des pavillons.
C’est ce quotidien qu’il va partager avec une jeune femme médecin venue le seconder… Il n’a pas souhaité sa présence et, un rien macho, doute de ses capacités à s’adapter à la médecine rurale. De sévères secousses seront nécessaires pour qu’il lâche un peu les rênes.
La promesse faite à un vieil homme en fin de vie de le laisser mourir chez lui conduit le médecin de famille à commettre un geste fou pour le sortir de l’hôpital ! Entouré d’une équipe de petites mains qui se succèdent à son chevet, il quitte la vie en homme libre, et non attaché sur un lit inconnu, relié à des fils et des tuyaux. De très belles images de ce vieillard mort, de la toilette mortuaire effectuée avec un infini respect, comme un hommage rendu à sa personne pleine de dignité. Ce sont des scènes rares au cinéma.
Quand la vie survient sans être entourée d’amour, l’avortement n’est pas loin. Les campagnes ne sont pas épargnées. Le film traite le sujet humainement à travers une jeune fille paumée prête à donner la vie, puis à la retirer sans grande conscience. L’écoute chaleureuse, la présence rassurante et ferme du médecin laissent percer l’intensité du drame et orientent vers le choix de la vie. Les mots et les regards sont justes.
Médecin de campagne marque durablement la mémoire parce qu’il évoque des situations vraies comme le ferait un reportage, servi par le talent d’excellents acteurs et un scenario pudique et juste. Restent beaucoup de visages et de situations cocasses, des personnes attachantes que l’on croit dur comme fer avoir rencontrées.

S’il n’est plus diffusé dans votre cinéma, ne manquez pas sa sortie en DVD.
Il mérite d’être vu, revu et partagé.

Valérie d’Aubigny

« La Résurrection du Christ »

Unknown

Tout est accompli….”

Le film « La Résurrection du Christ » de Kevin Reynolds, évoque les derniers outrages d’un système moribond  qui, dans un ultime spasme se raccroche au Christ pour survivre encore un peu. Les auteurs de ce film sont-ils d’une gentille sincérité maladroite, témoin de l’ignorance du moment ou sont-ils délibérément anticatholiques ?

« La Résurrection du Christ » est un petit péplum hollywoodien d’inspiration protestante, intéressant par la synthèse qu’il donne de l’état de notre spiritualité. Les approximations et erreurs sont nombreuses, mais concentrons-nous sur l’une des anomalies de ce film : l’absence de femme et le traitement qui est réservé à la Sainte Vierge Marie et à Sainte Marie Madeleine.

Notre Mère, Marie, nous est présentée ou plutôt furtivement montrée sous les traits d’une hystérique à qui un centurion somme de se taire. Elle n’est pas au pied de la Croix, elle n’est pas accompagnée de Saint Jean… Qui ose traiter la Mère de Dieu de la sorte ?

Quant à sainte Marie Madeleine, elle n’échappe pas à son statut de « femme de la rue ». Tous les soldats romains la connaissent… C’en est trop !

Or, la conversion de Marie Madeleine est d’autant plus spectaculaire qu’apparemment elle n’a besoin de rien en ce monde. Marie Madeleine n’est pas une prostituée mais une femme aisée de la haute société, sœur de Lazare et de Marthe, qu’on se le dise !! Elle est belle, riche et « libre ». Riche au point de verser ce qu’elle a de plus précieux, de plus cher sur les pieds de Jésus : son parfum. Judas, le trésorier, en est effaré et considère cela comme du gaspillage. Ce parfum converti en argent aurait pu servir au pauvres.

« Or voici que Marie prend un flacon de parfum, du vrai nard extrêmement cher et elle le verse sur les pieds de Jésus ; puis elle lui essuie les pieds avec ses cheveux pendant que l’odeur du parfum remplit la maison. Intervient alors Judas Iscariote, l’un des disciples de Jésus, celui qui va le trahir : “On aurait pu vendre ce parfum pour 300 pièces d’argent, dit-il, et on l’aurait donné aux pauvres.”

En réalité, Judas ne se souciait pas des pauvres, mais il volait ; comme il portait la bourse du groupe, tout ce qu’on y mettait passait par ses mains. » ( Saint Jean 12  5).

Dans ce film Judas n’est qu’évoqué mais Marie Madeleine est soigneusement défigurée. Elle ne doit pas être ce qu’elle est…capable de tout donner pour le Christ. Pourquoi ? Serait-elle trop gênante pour un système fait d’argent et d’intérêts… ? Cela fait bien longtemps déjà que Judas le trésorier-traitre, capable de tout pour de l’argent, est sous-estimé dans ce qu’il représente de nos tentations doublées de pudibonderies, alors que Marie Madeleine est défigurée par peur de l’exigence de ce qu’elle incarne. Dans « l’affaire » du parfum, Judas retient et Marie Madeleine donne totalement. Serait-ce le désaccord annonciateur des hérésies ? D’un côté les dorures et le faste, rien de trop beau pour honorer le Christ, de l’autre la rétention à des fins uniquement terrestres et hypocritement moralisatrices. Nous avons à choisir tous les jours encore entre Sainte Marie Madeleine et Judas ! Et attention à « la tentation au nom du bien » ou en l’occurrence au nom des pauvres, comme nous en avertit Marthe Robin.

La charité toute féminine, ce sens naturel du don, aurait pu aussi paraître dans ce film à travers la « multitude de femmes » au pieds de la Croix… (Luc 23,27,28) mais il n’y a pas de femme sur la pellicule de Kevin Reynolds …

Voilà admirablement résumées toutes les souffrances de notre Eglise et de nos sociétés. Où sont ces femmes qui suivent Jésus, l’embaument, le découvrent ressuscité au matin du troisième jour….? Ce film fait de l’histoire de l’Eglise naissante une histoire exclusivement masculine. Quelle erreur ! Qu’est- ce que l’Eglise si ce n’est d’abord la Charité, symbolisée par la femme qui allaite, cette multitude de femmes qui donnent leur vie à Dieu à travers les pauvres, les malades, les orphelins, les blessés, les vieillards… ? Les femmes sont naturellement les épouses du Christ et les religieuses, trop peu nombreuses après de multiples révolutions et « libérations », nous font cruellement faute aujourd’hui dans ce monde du tout marchand, du tout argent… celui de Judas.

Nous souffrons dans l’Eglise et dans le monde de l’absence criante de considération pour cette charité incarnée dans la féminité et les hommes en sont les premières victimes. Laïcité, égalité obligent, les femmes doivent être des hommes comme les autres ou disparaître … Ce film nous embourbe d’autant plus sûrement qu’il flatte notre rétine par de belles images qui, paradoxalement, nous aveuglent et font habilement disparaître les femmes au profit d’hommes presqu’efféminés. Tout est dit ou plutôt « fini » comme le traducteur français ose le faire dire au Christ sur la Croix au lieu de « tout est accompli » … !

Si vous cherchez les causes du malaise profond du monde qui sont les souffrances de l’Eglise … ne cherchez plus… quand on méprise, à ce point, la matrice qui nous a donné la vie, le vice est à notre porte.

Ce film ne montre pas non plus le suicide de Judas qui le conduit à une mort définitive ni le pardon accordé au bon Larron qui est pour nous pécheurs, une source infinie d’Espérance…

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Stéphanie Bignon ; Terre et Famille le 12 mai 2016

Hommage à nos pâtissiers-chocolatiers

cloche-chocolat-garnie-50gCes belles fêtes de Pâques nous donnent l’occasion de grands et bons moments en famille et de savourer le chocolat  avec d’autant plus de délice que nous lui avons résisté pendant quarante jours.

Notre pays regorge de grâces et un des signes visibles en est le savoir- faire de nos pâtissiers-chocolatiers sachant allier une des plus  délicates techniques du monde à la poésie. Espiègle, piquante, craquante poésie,  exprimée par cet art de porter les nourritures terrestres au  niveau de perfection qui leur permet de toucher nos esprits.  

Je croquais  un de ces petits poissons de la traditionnelle friture pascale et ce fut la surprise ! Surprise par la tradition, voilà tout mon pays résumé dans cette sensation douce et intense. Ce petit poisson, aux écailles dessinées dans un chocolat noir aux saveurs équilibrées, recelait sous cette coque délicate  une ganache tendre, finement relevée du parfum d’un fruit de la passion.  Tout mon pays frétillait sur mes papilles de ce renouveau permanent dans la tradition, de cette technique maîtrisée, toujours dans la nuance,  de cette recherche, pour toujours plus honorer les fruits de la Création. Cet art est une des plus belles expressions du génie français.

Merci mon Dieu de nous avoir donné, aussi, des pâtissiers – chocolatiers ! 

Stéphanie Bignon , Terre et Famille 5 avril 2016 

Illusion démocratique

Républicains, Démocrates ou Trump… Républicains, socialistes ou Le Pen… Quelle étrange gémellité entre le contexte électoral nord-américain et français ! Les campagnes seraient elles organisées par les mêmes agences de communication de part et d’autre de l’Atlantique ?

Le peuple américain réagit fortement face à son expropriation par les grandes banques, de tous les domaines économique, politique, culturel…. Il faut donc lui donner un os à ronger, lui donner l’impression qu’il existe encore à travers la contestation portée par Trump. Le côté brutal et exubérant du candidat new yorkais permet aussi de discrédité les contestataires et de mépriser leur message. Abcès de fixation, identification et repérage, contrôle et manipulation, voilà qui est savamment mis au point par des professionnels de la « com. » au service des grands architectes du monde post moderne. Admirable et détestable mécanique destinée à guider le peuple sans qu’il ne s’en étonne.

Qui peut encore croire que le résultat de ces élections américaines ou françaises soit l’expression de notre liberté ? Voter pour les grands partis ou pour la contestation nous donne l’illusion du choix et notre participation à cette supercherie régénère le système. De plus, en pratiquant le vote réactionnaire, nous procurons un point dur contre lequel cette nébuleuse molle peut grandir… c’est un comble !

Par ailleurs, accepter l’idée de voter pour le « moins mauvais candidat », c’est accepter d’agir à contre cœur, c’est accepter librement la servitude.

Dans un système totalitaire, simplement brutal, la liberté nous est retirée contre notre volonté et notre culpabilité est hors de cause. Dans un système totalitaire mou, la liberté nous est retirée avec notre assentiment, les conséquences sur nos âmes sont effroyables : nous monnayons notre liberté contre le confort, la tranquillité ou la reconnaissance ! Nous sommes au sommet de la corruption de notre société à travers ce renoncement à l’exercice de notre liberté, ce mépris pour le plus précieux cadeau de Dieu. Nous assistons, en fait, à un suicide intellectuel et spirituel collectif… « C’est ainsi que tous, petits et grands, riches et pauvres, libres ou esclaves, se laissent marquer de la marque de la bête » (Apocalypse 13  16).

Le langage peut tromper mais les faits ne le peuvent pas : nous pouvons tous constater en France, que nous avortons 600 enfants par jour, assistons à 500 suicides de paysans par an, à un chômage galopant et une déstructuration permanente de notre pays (Armée, justice, communes, médecine, enseignement, industrie…). Les beaux parleurs de tous bords, conscients ou utilisés par le système, sont le sucre dans le piège à mouches. Attention, il n’est plus permis de laisser capturer nos volontés !

Pénétrer le système en pensant le convertir reviendrait à se croire capable de sauver la Grande Babylone de l’apocalypse et ce n’est pas dans nos compétences. Pour sauver nos âmes et le reste, il faut en sortir à toutes jambes ! Chesterton dans “Outline of sanity » littéralement en français, «Les grandes lignes de la santé mentale » (connu en France sous le titre « Plaidoyer pour une propriété anticapitaliste… ») recommande, pour guérir, de commencer par arrêter de prendre du poison.

La liberté détachée de Dieu promue par les philosophes des Lumières nous a donné cette démocratie-républicaine et, elle est ce poison…

Stéphanie Bignon, Terre et Famille le 31/03/2016

Si « Marguerite » s’appelait France

« Marguerite » de Xavier Giannoli

Unknown

Terre et Famille aimerait partager, une analyse du remarquable film «Marguerite » de Xavier GIANNOLI, à l’occasion de sa sortie en DVD.

Cette femme qui chante faux ne suscite pas l’hilarité, mais la compassion devant sa solitude, l’admiration devant son courage et sa foi. Elle chante faux, mais pense juste : on envie sa liberté.

Et si Marguerite s ‘appelait France et qu’elle chantait faux parce qu’elle n’etait pas aimée ? Elle cherche dans le public, ceux qu’elle aime et qui ne la comprennent pas.

Habillée en paysanne alsacienne, on fait d’elle un écran vivant. Elle chante la Marseillaise avec sa voix éraillée, tend ses bras en croix et sont projetées sur elle les images terribles des soldats de la guerre de 1914 qui semblent la piétiner et mourir sur elle. Dans un délire artistique, le jeune anarchiste au faux accent russe, maître de ce spectacle, scande ce que nous pouvons prendre pour les conséquences de ce chaos : plus de politique, plus de paysans, plus de pays, plus d’armée, plus de capitalisme, plus d’ouvriers, plus de religion,… plus rien, Rien, RIEN !

Le majordome, noir, prend Marguerite en photographie, l’accompagne au piano. Cet homme en qui Marguerite a toute confiance, nourrit une passion pour sa maîtresse. Il lui doit tout. Elle n’imagine pas que cette passion soit perverse et qu’un jour, il choisira d’achever consciemment la femme qui alimentait ses rêves.

Il respecte Marguerite, mais assouvit ses phantasmes avec la femme à barbe qui pourrait évoquer la France défigurée, sans féminité….qui n’aurait plus conscience de sa beauté…

Marguerite est délaissée par son mari, il a honte d’elle. Mais Marguerite cherche son amour de toutes ses forces et parvient, à le toucher. Il tentera trop tard de la protéger quand il comprend enfin la pureté des sentiments de cette femme émouvante. Elle voudrait, avant tout, exister dans les yeux de son mari. Elle ne chante juste qu’une seule fois, lorsque son mari lui donne un regard d’amour. Si Marguerite s’appelait France, qu’attendrions- nous pour l’aimer ?

Le film est rythmé par le passage de tous les personnages devant un calvaire à la croisée des chemins, sans que jamais ils n’ y prêtent attention.

Pour retrouver la France belle, inspirée et combative, il est temps de se retrouver au pied de la croix.

 

Semaine sainte 2016, Stéphanie Bignon et Elisabeth de Malleray